Je voudrais commencer une série de réflexions sur les statuts du MoDem et notamment sur le problème des contre pouvoir au sein de ce parti politique en devenir.

Les adhérents du MoDem n'ont pas le même profil que celui des adhérents de l'UDF (pour Cap21, je ne connais pas leur profil). Parmi ceux qui ont constitué notre équipe de la 6ème circonscription des Alpes Maritimes, 3 sur 4 n'ont soit jamais fait parti d'un parti politique, soit les ont quitté il y a longtemps. Ils sont donc en attente d'une autre façon de faire de la politique. Je ne pense pas dénaturer leur propos (mais ils me corrigeront si c'est le cas) qu'il y a une demande de transparence, de collégialité. C'est une structure à plat et non pyramidale qu'ils viennent chercher avec une démarche participative.

A 20 ou 30 cela fonctionne parfaitement, à 50 cela commence à devenir difficile à gérer efficacement, au delà de 100, c'est carrément le bordel et totalement ingérrable. Avec le nombre croissant, il devient nécessaire de recréer une hiérarchie et l'on retombe dans les organisations classiques pyramidales, qui ont montré et montrent encore leur efficacité, mais qui ne correspondent pas forcément aux attentes des nouveaux adhérents du MoDem.

J'en ai parlé précédemment avec la théorie des colonie de fourmis appliquée au MoDem, nous sommes en train de mettre en place empiriquement une structure en réseau. J'y reviendrai à l'occasion. La question que je me pose ici concerne les contre-pouvoir et les risques de prise de contrôle d'un noeud du réseau par un petit groupe au détriment du réseau.

Dans la structure classique pyramidale de l'UDF[1], il existe des embrillons de contre pouvoir. Pour schématiser, le président départemental est élu par les adhérents et le délégué départemental (le n°2) est nommé par le national (voir les statuts). Ce contre pouvoir est faible car le président à tous les pouvoirs, notamment de nommer toutes les têtes de l'exécutif. Le délégué fait juste parti de toutes les instances fédérales.

Pour le MoDem, il y a donc nécessité de trouver un contre pouvoir plus efficace à celui du président (élu tout de même, donc légitime). De mon point de vue, la désignation par le national d'une personne en charge du respect du projet et des valeurs du parti n'est pas une si mauvaise idée. Il faudrait donc lui donner plus de pouvoir, comme celui de nommer 1/3 ou la 1/2 du bureau exécutif. Ce qui veut dire qu'il y a nécessité de consensus sur les nominations. Quant tout va bien c'est donc le dialogue qui prévaut, en cas de crise, c'est un moyen de limiter la position dominante. Le délégué pouvant être démi et remplacé par le national à tout moment.

Cet exécutif dont je parle correspond au "Bureau exécutif" dans l'organigramme de l'UDF, composé du délégué, des vices présidents, trésorier et surtout des responsables de circonscription. Dans l'UDF, tous ces gens à l'exception du délégué, sont tous nommés par le président. Au sein du MoDem, il est souhaitable qu'une partie au moins puisse avoir une certaine légitimité auprès des militants et adhérents. Je propose plutôt qu'un vote pour, un vote contre suivi d'une désignation par le président. Cela se traduirait par la nécessité de ne pas avoir plus de 60% d'opinions défavorables de la part des militants pour pouvoir prétendre au poste de responsable de circonscription. Tous les candidats avec 40% ou plus d'opinion favorable pourrait être nommés par le président. Pourquoi un montage aussi compliqué ? Il faut que les militants puissent rejeter une personne, mais pas empêcher le président de constituer une équipe autour de lui avec laquelle il pense pouvoir être efficace. D'autre part, faire adhérer 50 personnes la veille du scrutin est un moyen classique pour prendre une place dans un organigramme.

On voit ici que ce n'est pas tout le pouvoir aux adhérents que je propose, mais plutôt une plus grande possibilité de limiter l'hégémonie du président sans pour autant l'entraver dans sa liberté de constituer son équipe. Je crois en effet que si le président est obligé de travailler avec des gens avec lesquels il ne le souhaite pas, on risque de se retrouver avec des membres fantoche d'un bureau exécutif qui n'exécute plus rien et toutes les décisions importantes qui se font sous la table, ce qui est le contraire d'une organisation transparente avec des débats au jour.

Voilà, fin de cette première partie sur les contres pouvoir. Il y a bien sûr d'autres organisations. C'est juste un essaie pour contribuer à la réflexion.

Notes

[1] Je parle de l'UDF non pas par nostalgie mais parce que c'est ma seule expérience de parti politique.

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