Je suis inquiet pour mon pays. A cause du laxisme intellectuel qui le menace.

C'est une phrase extraite d'un interview de Michel Bouquet paru dans le Nice-Matin du 22/07/07. Je ne cesse de penser à cette expression, laxisme intellectuel, qui mériterait bien d'être explicitée. Un peu plus haut dans la page du journal il se demande où sont passé les Camus et les Ionesco de 2007 et que cela le rend triste qu'ils aient peut être égaré leur plume dans la publicité.

Si ce n'est que cela, alors je veux le rassurer, qu'il fasse un tour sur la toile pour y découvrir d'autre forme de talent, d'autres raconteurs d'histoire. Des raconteurs d'histoire qui utilisent le net pour s'affranchir des contraintes du marché qui risquerait de formater leurs écrits dans un nombre de page imposé, une structure romanesque qui garantie de satisfaire le plus grand nombre, qui interdit les formats mixtes telle que vidéo, texte, images, interactivité... La marchandisation des "produits culturels" est aussi un moyen de stimuler d'autres formes, d'autres comportement d'auteurs. Un écran n'est pas un livre, mais qu'est-ce donc que l'on lit, des caractères d'imprimerie ou une histoire ?

J'aime à penser que le papier électronique sera enfin le moyen de réconcilier les lecteurs de livres et les lecteurs d'histoire si tant est qu'il puisse y avoir une différence. Et si Michel Bouquet nous fait le plaisir de patienter encore quelques années, 3 ou 4, il pourra nous dire ce qu'il pense des nouvellistes de 2007 qu'il aura téléchargé dans son livre électronique et s'ils ont le potentiel de Camus ou de Ionesco.