Pour ceux qui n'ont pas suivi les épisodes précédents sur le financement du nouveau centre, lire ici et mes billets précédents.

Nous apprenons donc dans une dépêche du Nouvel Observateur (via Espérance sur e-soutiens) que le nouveau centre a trouvé le moyen de se faire financer en se rattachant à un petit parti polynésien, ce qui permet de contourner la loi électorale. J'adore la conclusion du journaliste (que j'ai mise en gras).

Compte tenu des méthodes employées je ne vois plus ce qui différencie le Nouveau centre de l'UMP. Pourquoi se donnent-ils autant de mal alors qu'il suffirait qu'ils se rattachent au grand frère pour toucher leur subvention, comme le font les radicaux. Qu'ils auraient d'autres raisons de vouloir leur financement que cela ne m'étonnerais pas...[1]

Une foi n'est pas coutume, je recopie l'intégralité de la dépêche, au cas où celle-ci ne soit plus en ligne dans quelques temps[2] :

Le Nouveau Centre obtient un financement public de 900.000 euros annuels grâce à un parti polynésien AP | 17.11.2007 | 18:12

La démarche serait "légale", selon Philip Schyle, le président du Fetia Api, petit parti polynésien coincé entre les formations de Gaston Flosse et d'Oscar Temaru, qui a signé cette semaine une convention avec le Nouveau Centre.

En fait, les textes du financement public des partis politiques permettent aux formations d'outre-mer de recevoir une aide dès qu'elles ont présenté un candidat aux législatives. En métropole, des candidats dans 50 circonscriptions sont requis au minimum pour qu'un parti bénéficie ensuite des 45.000 euros annuels durant la mandature pour chaque député élu.

Le Fetia Api n'a récolté qu'un peu plus de 1.000 voix au total dans les deux circonscriptions polynésiennes (1,11% des suffrages exprimés) en juin dernier. Mais selon Philip Schyle, il suffit que les 21 députés du Nouveau Centre "signalent leur rattachement au Fetia Api auprès de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques" pour que plus de 900.000 euros tombent annuellement dans les caisses de son parti à Tahiti.

Une somme qui sera aussitôt reversée au Nouveau Centre en vertu de la convention signée mercredi à Papeete par Philip Schyle, moins les 30.000 euros annuels conservés par le Fetia Api, selon les termes de l'accord.

"Nous donnons un coup de main au Nouveau Centre", admet l'élu polynésien qui, jusqu'en mai dernier, bénéficiait d'un accord avec l'UDF et soutenait François Bayrou, fondateur du MoDem. Et de poursuivre, "nous n'avons rien demandé, c'est le Nouveau Centre qui a établi la convention". Un partenariat qui prévoit tout de même un volet politique. AP

Notes

[1] Certains, très médisants, disent que si le nouveau centre était financé par un accord avec l'UMP, il n'arriverait plus à faire croire aux électeurs qu'ils sont indépendants de l'UMP et donc ne mangerait plus l'espace électoral du MoDem. D'autres, encore plus médisant, disent que si cela arrivait, le nouveau centre ne servant plus à rien à Srkz, il se verrait écrabouillé par l'UMP. Mais ce ne sont que des médisances...

[2] Je sais c'est mal(c) et c'est du plagia, mais ce type d'actu ne reste que quelques semaines, voir jour en ligne, hors je veux pouvoir y faire référence dans quelques années.