Les séries télévisées de science fiction qui prennent place dans l'espace ont de nombreux points communs. Que ce soit Star Trek, Farscape, Babylon 5, toutes partent de certains a priori qui s'auto-influencent et forgent notre imaginaire de ce que pourrait être une vie extraterrestre.


Source Startrek Voyager. Un Vulcain et un borg.

On retrouve en effet les points communs suivants :

  • Des formes humanoïdes : cette constante est bien sûr beaucoup plus simple à mettre en scène et facilite grandement l'interprétation par le téléspectateur des comportements des aliens. Elle a aussi une cause plus philosophique que l'on rencontre chez plusieurs auteurs, la théorie de la dissémination qui voudrait que toutes les espèces de la galaxie soient issues d'un patrimoine génétique commun disséminé par une espèce très avancé techniquement il y a quelques dizaines de millénaires. Cette théorie de la dissémination explique le format humanoïde généralisé, la possibilité de croisement entre espèces de planètes différentes et également des développements technologiques synchrones à quelques millénaires près.
  • Le langage est rarement une barrière. Tous comme James Bond qui parle toutes les langues, il y a toujours un système de traduction universel dans ces univers. Il serait impossible de mener une intrigue s'il fallait dans tous les épisodes trouver le moyen de se comprendre. C'est à rapprocher de notre incapacité à nous comprendre sur la même planète.
  • Absence de décalage horaire : aucune de ces séries ne s'embarrasse des différences d'heures entre l'horloge du bord et la planète sur laquelle atterrissent les vaisseaux ou leurs équipages.
  • La verticalité est tjs respectée, même dans l'espace. Il y a tjs un haut et un bas dans les visuels. Les combats ou les approches des navettes se font tjs sur le même plan. La gravité est toujours du même ordre de grandeur, quelque soient les planètes.
  • La faune et la flore sont biologiquement similaire à celle de la terre. C'est bien sûr cohérent avec la théorie de la dissémination.

L'amateur de science fiction se retrouve donc formaté dans un type de vision des univers extraterrestres non seulement très improbable, mais cela n'est pas grave, qui demande à un divertissement d'être réaliste, mais surtout toujours bâtit selon les mêmes logiques et les mêmes règles. Le risque de perdre le spectateur conduit à toujours revenir au même référentiel, appauvrissant l'imaginaire. On peut se demander si les télévisons accepteraient de faire une série avec un univers totalement sorti de nos référentiels ? Il est probable que non, car il faut que le téléspectateur puisse s'identifier aux personnages. Difficile en effet de comparer ses problèmes quotidiens, sentimentaux ou matériels, avec une espèce à 3 genres[1], végétale ou insectoïde comme l'on en croise dans bon nombre de romans de science fiction. Et pourtant, certain auteurs arrivent bien à nous captiver avec ces personnages. Est-ce donc qu'il n'y a qu'un seul type de modèle télévisuel ?

Notes

[1] Comme dans le roman Les Dieux eux-mêmes (titre original : The Gods Themselves) d'Isaac Asimov publié en 1972, où l'on découvre une société à plusieurs niveau de développement avec une procréation basée sur un mâle, une femelle et un porteur.