Après les milliard d'Euro qui ont été trouvés en quelques jours par les politiques des grandes puissances économiques pour juguler la crise financière, je ne sais plus trop bien pourquoi les réponses à la misère[1] sont si difficiles depuis des décennies.

Des sous !

Face à l'ampleur des sommes égrenées par les média pour sauver le système financier, on a un peut le tournis. Il parait que l'état pourrait même gagner de l'argent dans cette crise[2]. C'est incompréhensible. Je retiens juste que l'état français va recourir à nouveau à la dette pour environ 40 milliard afin de couvrir les garanties de plusieurs centaines de milliards. Encore la dette, encore les contribuables et leurs enfants qui vont payer les intérêts de ce sauvetage d'un système financier corrompu par ses dérives spéculatives.

Les banques versus la misère des petites gens. La faillite des institutions financières, face à la faillite d'humains. Il faudrait comparer ce qui est comparable et j'ai bien conscience que ce raccourcis est un peu trop facile, mais tout de même... La famille Machinchose[3] qui fait faillite ne coute qu'à son épicier qui a eut le malheur de lui faire crédit et au propriétaire de son logement. La banque Quigagnepleindepépettes entrainerait avec elle toute l'économie dans sa chute[4]. C'est ce que l'on nous dit et rabâche pour justifier du fait que la dette de ces institutions financière va être "rachetée" par les états. On justifie ainsi la mutualisation des pertes, sans même de promesses de mutualisation des gains dans le futur. En général dans une mutuelle, on commence par payer avant d'en bénéficier. Vous vous voyez arriver dans une assurance mutuelle en disant "je viens de subir un sinistre, payez moi et après, peut être que je deviendrais membre". Ne marche-t-on pas un peu sur la tête ?

Un prêt sans garantie

Je ne parviens pas à comprendre par quel montage financier l'état arrive à réinjecter de l'argent dans des organismes privés sans même mettre son nez dans ces organismes pour savoir ce qu'ils vont en faire. L'intérêt de la collectivité est bien de savoir si cet argent prêté sera utilisé comme il se doit. On sait que la crise qui est en train de s'installer aura comme principale source le fait que les banques n'auront plus de liquidités au service de l'économie, asphyxiant la trésorerie des entreprises. Alors que les entreprises n'avaient aucun problème technique, les financiers vont leur transmettre leur problème. Le monde commercial et industriel va donc entré en récession non pas à cause de problèmes d'approvisionnement, d'une crise de l'énergie ou d'une guerre, mais juste parce que les banques ont fait des placement hasardeux. Un père de famille qui irait perdre son salaire au casino[5] au lieu de remplir le garde manger serait mis sous tutelle, au minimum par son épouse, au pire par un juge. Et là, les responsables des pertes abyssales vont soit garder leur job, soit s'en aller avec leur parachute doré.

Plus c'est gros et plus ça passe

En fait plus vous êtes gros et plus il vous est facile de faire pression sur les autres. On connait ce principe dans le commerce où les grandes enseignes ont un pouvoir de pression énorme sur leur fournisseur et sur les décideurs politiques. Il suffit d'agiter l'épouvantail du chômage pour que tout le monde file droit. Les financiers qui ont inventé les subprimes, ont réussi le tour de force de mouiller tout le monde. Pas une banque au monde n'avait dans ses portefeuilles d'action quelques produits financier issus de ces objets spéculatifs que sont les subprimes.

Comme toutes les banques s'empruntent les unes aux autres et que toutes les assurances s'assurent les unes chez les autres, tout le monde est mouillé quant une par en vrille. D'autant plus que là, les prêt risqués consentis par certain courtiers auprès de clients non solvables ont été transformés en produits financiers "anonymes" qui pouvaient entrer dans n'importe quel portefeuille de placement.

L'homme en noir

Voilà une parfaite illustration que le capitalisme n'est pas capable de s'autoréguler tout seul. Il a besoin de règles et pas qu'un peu. Des cadres, des règles du jeu et surtout ce qui lui fait le plus défaut, d'arbitres. Et pas un arbitre tout seul au milieu du terrain, mais bien une équipe d'arbitres. Sans règles et arbitres, ce ne sont pas les meilleurs qui gagnent mais ceux qui savent le mieux contourner les règles, ou ceux qui ont des amis bien placés...

Notes

[1] Je parle bien de misère, pas de pauvreté.

[2] Il faut être gonflé ou sarkoziste pour oser dire un truc pareille.

[3] car lorsque l'on entre dans la misère on est anonyme.

[4] et serait obligée de changer de nom, Quidilapidevospépettesdansdesplacementsàlacon.

[5] Tout le monde sait que l'on ne peut pas gagner au casino, ce n'est pas fait pour.