Mouvement DemocrateJe le disais il y a déjà plusieurs mois, le MoDem en 2012 ne sera plus jamais le mouvement que nous avons connu et que nous connaissons.

Le MoDem, un outil pour avoir des élus

En effet, à sa création, le Mouvement Démocrate avait comme mission[1] de faciliter la constitution d'un socle d'élus dans toute la France.

La fonction de ces élus :

  • Occuper le terrain politique et idéologique défendu par le projet de Bayrou en 2007. Ils défendent, propagent et rendent visible auprès des électeurs le projet de société sur lequel 7 millions de Français se sont exprimés.
  • Fournir des référents et des points d'ancrage aux militants.
  • Accessoirement, pour ceux qui sont dans des exécutifs, ils donnent des moyens au parti pour fonctionner (salles, réseau informationnel...).

Aujourd'hui, il n'y a quasiment plus d'élus à faire élire à part les élections cantonales de l'année prochaine. Cette mission du MoDem n'a plus de raison d'être et nous passons maintenant à l'étape d'après, la présidentielle, seule élection capable à nouveau de propager le projet de société et éventuellement de le mettre en œuvre. Cela n'exclut pas bien sûr les autres échéances, postérieures à 2012, mais à part les candidats, personne n'y pense pour le moment.

J'entends déjà ceux qui disent qu'un parti politique n'est pas là QUE pour avoir des élus. Je ne suis hélas pas d'accord, et je l'ai dit ici à plusieurs reprises. Un parti politique est un groupe de gens qui veulent promouvoir un modèle de société, et pour ce faire il faut à un moment ou un autre accéder au pouvoir. Soit c'est en étant élu, c'est la version en pleine lumière, soit c'est en agissant dans l'obscurité dans les différents cercles d'influence de ceux qui ont le pouvoir, dont entre autre, les élus. Bayrou étant justement indépendant de ces cercles d'influence comme le souligne l'hérétique, c'est la version pleine lumière qui correspond à sa démarche[2].

On peut être élu sans parti politique, ça oui, mais un parti politique sans élu est un groupe de réflexion, et n'a pas besoin de financement publique pour exister. Et si il y a une chose que j'ai apprise durant ces dernières années de militantisme, c'est que la réflexion collective est insipide et consensuelle si elle n'est pas portée et incarnée par des femmes ou des hommes. Le MoDem n'a pas été un groupe de réflexion pour la simple et bonne raison que son président a toujours été le représentant d'un projet de société autour duquel se sont agrégés les adhérents et militants. C'est exactement le contraire du fonctionnement d'un groupe de réflexion qui fait émerger des idées et non qui se rassemble autour d'une idée pré-existante. Tout ça pour dire que le Mouvement Démocrate a toujours été un parti politique.

Que restera-il du MoDem en 2012

Si Bayrou est élu en 2012, le MoDem se sera rempli en quelques semaines d'opportunistes à grande bouche d'une part, et d'autre part, d'adhérents ou militants désireux de soutenir le projet, comme cela s'est passé fin 2006 et début 2007, où l'UDF a vu des milliers d'adhérents affluer parallèlement à la médiatisation de Bayrou. Il faudra tous les faire cohabiter au sein d'une structure fragile car avec une courte histoire, en n'oubliant pas les intérêts contradictoires de la gouvernance et ceux particuliers des candidats lors des élections législatives qui suivront. A l'issue du scrutin, parce qu'il faudra bien gouverner, le MoDem se dissoudra dans une nouvelle entité plus large, beaucoup plus large, aux contours mal définissables.

S'il n'est pas élu, il ne restera pas grand chose à prendre dans un parti qui pèse 4%, quelque soit le score de Bayrou. Car on l'a vu dans les derniers scrutins, la marque Mouvement Démocrate ne pèse rien par rapport à la marque Bayrou. Comme Sarkozy l'a fait en 2007 avec le Nouveau Centre, le vainqueur de 2012 viendra dépecer la bête reconstituée par l'élection. Le MoDem qui en résultera sera à nouveau bien fragilisé par l'élection législative qui achèvera le dépeçage.

Le MoDem est mort

Du moins celui que nous avons connu, et il ne reviendra jamais. Nous revivrons peut être ces moments magiques de campagne, ces moment où l'on sent l'électricité dans l'air. Mais comme le chante Sade[3] "Never as good as the first time"[4].

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Notes

[1] Mission non avouée explicitement hélas, mais évidente.

[2] Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de rappeler la différence avec le pouvoir Sarkozyste soutenu par des capitaines d'industrie, propriétaires de média...

[3] La chanteuse, pas l'écrivain

[4] Jamais aussi bon que la première foi.