Lors du débat La France dans tous ses états, Jean François Mattei, président de la Croix Rouge française, nous a parlé de la précarité sous différentes formes, illustrant fort à propos par des expériences de terrain lors de ses visites des épiceries sociales et des restaurants sociaux, dans les prisons ou durant les maraudes auprès des SDF.

Il a souligné la difficulté de parler de la pauvreté qui a l'inconvénient d'être une donnée qui est quantifiée. En France, on est officiellement pauvre lorsque l'on a des revenus inférieurs à la moitié du revenu minimum, soit un peu plus de 700€. En prenant juste 10% de plus, soit environ 900€, on double le nombre de personnes "pauvre", passant de 5 à 9 millions. Ceci illustrant la difficulté de définir la pauvreté. Il est donc préférable de parler de précarité que de pauvreté : la précarité c'est l'angoisse du lendemain, ce sont des vies qui sont instables.

Jean François Mattei, a insisté sur le problème des détenus pour lesquels il n'est pas possible de faire appel aux dons. Sauf que depuis l'abolition de la peine de mort, toute personne incarcérée sortira. La prison devrait être la préparation à la sortie, mais ce n'est plus le cas. Nous construisons notre vie avec le temps et l'espace, or en prison il n'y en a plus. En prison tout ce paye, et celui qui n'a pas 45€/mois est considéré comme un indigent et susceptible de toutes les humiliations et manipulations.

A l'issu de cette présentations et des questions qui ont suivies, François Bayrou a pris la parole pour lancer 2 idées pour lutter contre la précarité lié au logement, soulignant que ce n'était pas forcément des idées définitives et surtout pas forcément susceptibles d'être bien accueillies :

  1. Notre politique du logement manque d'exigence en matière de logement hypersocial. Tout programme immobilier devrait avoir quelques logements sociaux, mais surtout 1 logement hypersocial, favorisant la mixité. La condition pour qu'un SDF sorte de son carton est qu'il ait la clé de son hébergement, qu'il ait son chez lui.
  2. La politique du logement ne pousse pas assez au logement partagé. La collocation pour les étudiants est un progrès. Il devrait y avoir des incitations fiscales pour des gens qui vivent ensembles, sans avoir à être pacsé, ce qui notamment pourrait être une solution pour que les gens partagent leur solitude.