Au détour d'un article du Figaro, j'ai découvert une proposition du PS que je trouve très intéressante, qui consisterait à voter pour les législatives en même temps que pour la présidentielle. En effet, tout le monde s'accorde à dire que ces élections législatives n'intéressent pas grand monde, que les citoyens en ont soupé de 1 an de campagne, et que l'abstention va croissante.

L'inversion du calendrier a été voulue pour favoriser l'émergence d'une majorité pour le vainqueur de l'élection présidentielle, les français étant des bœufs semble-t-il, puisqu'ils voteraient majoritairement pour le camp du gagnant. J'aime à penser que c'est faux, mais bon, des fois j'ai des... doutes.

Maintenant, imaginons que Hollande fasse ce qu'il a annoncé, à savoir réintroduire une part de proportionnelle corrective dans le scrutin des législatives[1], le scrutin législatif changerait de visage. En effet, il retrouverait du suspense, car si les sondages ne sont pas trop compliqué à faire pour une présidentielle, c'est une autre histoire pour les législatives. Et ce n'est pas le seul point intéressant: en l'absence de sondages fiables, et donc de vainqueur prédéterminé par le microcosme "politico-médiatique" il faudrait que les électeurs s'intéressent aux projets, non seulement des candidats à la présidentielle, mais aussi au parlement.

En quelque sorte un retour de l'incertitude du scrutin au profit des idées et des projets. Moi je trouve ça très intéressant.

Bon après il faudrait réfléchir à l'organisation des 2 scrutins simultanément, et ça c'est une autre affaire. Rien qu'à St Laurent du Var, on n'y arriverait pas avec les machines à voter. J'imagine d'ici le bordel pour réintroduire des urnes pour une partie des scrutins !

Autre point, le financements des partis politiques. Aujourd'hui il est déterminé sur le nombre de voix au premier tour des législatives. Du coup, on se retrouve avec des partis clones les uns des autres qui ne présentent des candidats que pour le financement[2]. Il faudrait donc prévoir de déterminer ses montants sur d'autres éléments de la vie démocratique. Ceci provoquerait sans doute des fusions des petits partis ce qui devrait clarifier le paysage. Le risque étant quant même un renforcement des partis majoritaires.

Bref, c'est un sujet intéressant qui mériterait un débat publique. J'espère que nous l'aurons et non comme du temps de Srkz, caché dans un cabinet ministériel ou de l’Élysée.

Notes

[1] Avec la proportionnelle intégrale qui est différente de la proportionnelle corrective évoqué, et donc un scrutin en un seul tour, nous aurions eut: Front de Gauche aurait 41 députés, NPA/LO 5, le PS et ses alliés 201, EELV 38, Modem 11, UMP/NC 200, FN 81.

[2] 4 candidats d'extrême gauche à St Laurent du Var, qui disent tous la même chose.