Je pense que l'UMP a atteint un niveau de ridicule rarement atteint dans un pays dit démocratique pour un parti de gouvernement, à l’exception peut être de l'Italie avec Berlusconi. Cette incompétence démocratique explique peut être les difficultés qu'ont certains des cadres de ce parti avec les principes démocratiques et qu'ils y préfèrent les concepts inspirés des républiques bannières et autre autocraties, comme l'a, à plusieurs reprises, illustré Nicolas Ier, durant sont heureusement éphémère règne à l’Élysée.

En principe, une élection est une chose simple. Dans ce genre de scrutin, la seule source de triche qui était prévisible concernait les fausses cartes d'adhérents, les radiations abusives et bien sûr les procurations. Celui qui dispose du fichier a en effet un énorme pouvoir pour influer la carte électorale du parti, et ça dans tous les partis sans exception.

Je n'ai pas bien compris comment Copé pouvait être candidat et secrétaire du parti en même temps. Le minimum eut été qu'il démissionna de ses fonctions durant la campagne. Martine Aubry l'a fait elle lors des primaires du PS. Je sais c'est symbolique, car même en démissionnant le secrétaire général d'un parti dispose toujours d'une forte influence, mais en politique, le symbole est important, sans compter que si la personne assurant l'intérim est intègre[1], ça peut grandement aider le déroulement des processus électoraux.

Cette élection a aussi montrée la problématique du prisme médiatique et sondagier. L'exposition publique de cette élection interne a donné à commenter par des journalistes qui n'ont pas forcément connaissance de l'intérieur du parti. Des sondages qui donnait Copé très largement battu par Fillon ont été réalisés, oubliant un peu vite qu'un électeur, un adhérent et un militant ne votent pas de la même manière. Les cadres de l'UMP ont majoritairement choisi le "vainqueur" désigné par les sondages, histoire d'être dans le bon camp sans prendre de risque, assurant à Fillon une visibilité médiatique encore accrue.

Dans le petit journal de Canal+[2], des militants UMP avaient été interrogés, et leurs propos ou positions illustraient à souhait la droitisation du parti[3]. Ceci a expliqué les discours limites des candidats: il fallait séduire le militant/l'adhérent, pas l'électeur ! A ce jeux, Fillon n'était pas le plus fort.

Bon je résume:

  • L'UMP n'a pas de chef légitime. Moins de 60 voix d'écart avec des procédures en irrégularité de partout.
  • La commission de conciliation de l'UMP qui s'appelle la CONARE[4] est aux mains des potes de Copé.
  • L'UMP à une dette colossale de 70 millions d'Euro[5] avec en plus sa dotation de l'état qui va passer de 30 à 20 million par an[6].
  • Des rumeurs courent sur une scission de l'UMP, les députés ayant soutenu Fillon pourraient se rassembler dans un nouveau parti d'ici au 30 novembre, histoire de couper une partie des vivres au parti[7]
  • L'UDI attend en embuscade comme une roue de secours pour les adhérents et élus désemparés par ce bordel.

Moi qui croyait que le bordel que nous avions eu lors de la création du MoDem en 2007 était grave, je constate avec soulagement que nous étions des petits joueurs en matière de foutoir :-D

Notes

[1] Si, si, ça existe des personnes intègres dans tous les partis !

[2] Je sais ce n'est pas forcément représentatif.

[3] Localement le député de la 6ème circonscription, Lionel Lucas l'a très bien compris, tout comme Eric Ciotti.

[4] Il faut le faire pour choisir un nom pareil.

[5] On se demande comment c'est possible, et ces gens là donnent des leçon de gestion !!

[6] Au passage on apprend que l'UMP a une amende de 5 million pour absence de parité.

[7] En se rattachant à un nouveau parti, les députer prive l'UMP de l'argent de l'état, enfonçant un peu plus le partis dans la dette.