Lorsque j'écris, j'aime bien utiliser de jolies tournures de phrase ou des mots qui ont un sens précis. C'est une des spécificité de l'écrit d'user de mots plus soutenus que le langage parlé.

Dans une histoire, lorsque l'on fait parler les personnages, on est tenté de restreindre le vocabulaire au champs lexical oral. Si en plus on fait parler des personnages peu cultivés, le vocabulaire et les tournures de phrases s’appauvrissent encore plus. Autre aspect de l'utilisation d'un champ lexicale oral, c'est l'usage de mots techniques liés au métier des personnages. Par exemple, les mots qu'un marin ou un agriculteur est susceptible d'employer, qui lorsqu'ils sont utilisés comme le ferait un vrai marin ou un vrai agriculteur, rendent le texte incompréhensible à la plupart des lecteurs.

Dans le cas de l'histoire que je suis en train d'écrire, je me retrouve dans une impasse. En effet, ma cible comme lecteur ressemble à mes enfants. L'idée qui me trotte derrière la tête est de semer dans le texte des mots, des citations, des sujets complexes mais pas trop, qui donnent envie d'en savoir plus, d'aller chercher plus loin que ce qu'en dit l'histoire.

Du coup je me retrouve avec des mots de vocabulaire que mes personnages sont supposés maîtriser, donc qu'ils n'expliquent pas, mais que mon lecteur a à peut près aucune chance de connaître. Même chose avec certaines références historiques, naturelles pour les personnages, mais qui ne font pas partie des manuels d'histoires et encore moins du quotidiens des lecteurs.

Dernière difficulté, l'histoire se passant en 1781, je pourrait aussi m'amuser à faire causer mes personnages avec des mots "d'ancien français", juste pour colorer un peu le texte, mais là, non seulement il faut se former à ce vocabulaire, mais en plus il faut trouver le bon dosage avec ces mots inconnus du lecteur. On change de catégorie d'écrivain.

Au final j'ai décider d'utiliser le vocabulaire contemporain, tout en le parsemant de mots techniques qui existait déjà à l'époque et qui est toujours présent aujourd'hui. Mes personnages fonctionnent souvent en binôme ou trinôme, avec toujours un candide à qui il faut expliquer, ce qui permet d'introduire les termes ou situations historique. Je verrais à la longue si le texte reste agréable à lire.

Je me serai certainement simplifié la vie à écrire une histoire contemporaine, mais c'est absolument passionnant de se noyer dans tous ces écrits d'historiens, académiques ou amateurs. Cela donne vraiment envie de le partager, et puis le rêve est plus facile à vendre au 18ème siècle qu'en ce moment ;)