Un modèle libéral

Je n'avais pas beaucoup de doute, mais j'en ai la confirmation avec la décision envisagée de mettre fin au marché dominical dans sa forme actuelle, pour le déplacer et en faire un marché "provençal".

En cela, Joseph Segurra est comme son prédécesseur, Henri Revel, un interventionniste et non un libéral[1]. En effet, il me semble que ce n'est pas à la mairie de décider quels sont les activités commerciales qui s’installent sur son territoire, tant quelles respectent les règles (d'urbanisme, de police, d’imposition...). Tout au plus une collectivité territoriale peut-elle être facilitateur, histoire d'orienter un peu, mais en aucun cas c'est son rôle de choisir les activités des commerçants.

Le marché du dimanche est une illustration d'un modèle libéral. En effet, la mairie fixe des règles d'attribution d'un espace, perçoit une taxe pour la collectivité, fait la police et ensuite les commerçants se débrouillent, que le meilleur gagne pour séduire le client. Et c'est la même chose pour les commerces en centre ville, chacun est libre d'ouvrir la boutique qu'il veut en espérant trouver sa clientèle. Je serais surpris que les commerçants du centre ville voient d'un bon œil que la mairie vienne leur dire ce qu'il doivent vendre.

C'est quoi un marché provençal ?

Car c'est bien ce que veut faire le maire en choisissant un marché "provençal". Je met des guillemets car j'aimerais bien savoir ce que recouvre le mot marché provençal. Si c'est pour vendre des attrapes touristes, comme on en voit l'été dans les villes balnéaires du Var (santons, tissus dit provençaux, sachets de lavande, du miel, des fromages de chèvre et des jouets en bois d'olivier), les laurentins seront bien avancés. Si c'est pour favoriser les maraichers comme au marché Forville de Cannes[2], il n'est pas besoin de virer le marché actuel, il suffit juste de l'orienter en changeant en douceur les règles d'attribution des emplacements[3].

Et je passe sur le manque de tact épouvantable de la mairie qui balance aux forains un courrier les informant qu'il sont virés dans quelques mois. Il faut être bien naïf pour croire que rien ne se passerait. Maintenant les forains sont braqués et suspicieux vis à vis de la mairie. Allez faire évoluer les choses en douceur maintenant !

La vraie raison

Je pense que les vraies raisons n'ont rien à voir avec un "marché provençal". Ce marché n'est pas assez "franchouillard" aux yeux de certains. Et comme il ne rapporte pas assez à la ville[4], depuis longtemps, déjà du temps de Revel, c'était dans les cartons de le réduire. L'équipe précédente avait commencé à réduire sa surface pour retrouver une partie du parking devant le point du Jour et récupérer la route le long du Var. L'évolution avait au moins le mérite de se faire "délicatement".

Je crains cependant que ce soit une vision cours termiste. En effet, je pense que si ce marché n'existait plus, les commerces du centre ville fermeraient aussi le dimanche matin. Le monde attire le monde, et les laurentins sortent car il y a quelque chose. D'autant plus que ce marché n'est pas un concurrent direct des commerces du centre ville[5], mais plutôt de Cap 3000, qui, et ça tombe bien, n'est pas ouvert ce jour là. Que les choses sont bien faites...

Petit souvenir du marché...

Notes

[1] Comme beaucoup de gens à l'UMP, qui utilisent ce mot juste pour l'image qu'il porte et pas pour son sens.

[2] Par contre il faut se rappeler que les laurentins n'ont pas le même pouvoir d'achat que les cannois ;)

[3] Un peu moins chers pour les vendeurs de produits frais et un peu plus chers pour les vendeur de fringues. En 2 ans, le marché changerait de physionomie.

[4] Le nettoyage du parking après le marché mobilise des agents pendant plusieurs heures.

[5] Du moins de la grande majorité.