La question que je me pose est lié au temps qui passe, à un sentiment d'inéluctable, vous savez un peut comme la mort qui est une certitude, mais que l'on ne veut pas voir venir. Et pourtant, notre société s'effrite, périclite, s'enfonce lentement, sombre. Une force colossale d'inertie l'entraine par le fond.

Je ne suis pas le seul à le percevoir. L'espèce d'atonie générale semble dire que le sentiment est partagé. De quoi sert de construire quelque chose sur un truc qui s'enfonce. Pour gagner quelques années ? C'est désespérant, démobilisateur.

D'un autre côté, j'entre dans cet âge de la lucidité, quant on dépasse la moitier de sa vie. Cet âge dit de la sagesse, on l'on a encore assez d'envie et d'énergie, mais plus autant de folie que quelques années plus tôt. Peut être que ce sentiment n'est que ma vision qui change. Une espèce de lucidité morbide qui me coupe les pattes. Le monde a-t-il finalement tant changé que ça ?

S'il n'a pas tant changé, si la vision que j'en ai a changé, peut être aussi que les outils avec lesquels je le regarde ont changé. Les média font tous la course à l'audimat. Les grand média ont perdus, il ne leur reste plus que du sensationnel pour encore justifier de leur existence. Les nouveaux média sont eux dans l'émotionnel. Ils exacerbent tout pour susciter de l'émotion. Peut être nos sources d'information sont la cause de cette atonie. A constamment nous exciter ou essayer de nous émouvoir, ils usent notre capacité d'émotion et même d'indignation. Plus nous sommes insensible et plus il faut taper fort pour nous faire réagir. Ça ne laisse rien présager de bon. Peut être suis-je lucide après tout...