Ces élections régionales auront été pour moi un moment étrange en tant que militant. Dès le début j'ai annoncé que je ne ferais pas campagne pour Christian Estrosi, mais j'ai pourtant participé à cette campagne, derrière, dans les coulisses du MoDem06 et puis finalement en m'exprimant sur ce blog en faveur de la liste conduite par Estrosi.

C'est une étrange schizophrénie qui consiste à être critique vis à vis d'un candidat et pourtant contribuer, certes petitement, à son élection. Je peux aisément me mettre à la place des militants de gôche qui eux aussi se sont retrouvés dans cette situation intellectuellement inconfortable. Dans notre système politique français sans nuance et très binaire, on doit forcément être pour ou contre. Pas moyen de soutenir tout en restant critique. Il n'y a que les centriste qui arrivent à le faire, mais cela leur coûte chère électoralement.

Les électeurs, ou plutôt ceux qui les font parler, média et instituts de sondage, seraient tous binaires, soit de gauche, soit de droite. Cette élection a cependant montré que ce n'est plus le cas. Il existe un autre "genre" politique. Il se traduit dans les urnes par un vote FN, mais j'ai bien aimé les propos d'un éditorialiste qui parlait plutôt d'un vote "radicalisé", mot très à la mode en ce moment hélas.Les électeurs rejettent en masse les partis politique et ce qu'ils représentent. Comment envoyer bouler tout ça ? Comment dire que c'est autre chose qui est attendu ?

Notre démocratie est malade, très malade. Les électeurs veulent tout jeter à la poubelle, sans se soucier des conséquences. C'est une marque de désespérance. Et nos institutions, notre système électoral, nos élites, nos média, nos élus sont toujours les même. Le monde bouge et accélère avec l'ère numérique et tout le système continue de fonctionner comme au siècle dernier, en vase clos, pour préserver les acquis d'une élite irresponsable pour une grande part.

Je suis moi aussi plein de désarroi face à l'impuissance des élites pour remettre en route notre économie, pour redonner du sens à l'action politique, pour restaurer le lien entre élus et citoyens. Les mots ont perdus leur sens, ont été galvaudé. L'action politique est dérisoire ou à l'encontre de l'intérêt général. Je commence à perdre la foi.

Mais je suis profondément centriste, dans ma vision de la société, et dans mon engagement politique. Et donc ma démarche consiste à réparer ce qui est casser, à œuvrer pour améliorer les choses. Je ne suis pas un révolutionnaire, de ceux qui plaident pour tout raser et tout reconstruire. François Bayrou parlait il y a déjà longtemps de climat révolutionnaire. A l'époque je n'avais pas compris ce qu'il voulait dire, je le trouvais trop alarmiste. Encore une fois il avait annoncé le désastre de ce scrutin. La révolution ne se fera pas dans la rue, non, ce n'est plus de ce temps, mais dans les urnes, par un vote radicalisé pour n'importe quel échappatoire, en l'occurrence, le FN, mais je crois que n'importe quelle autre proposition anti système pourrait faire l'affaire.

Au point où nous en sommes, je ne sais pas si les mesures préconisées par Bayrou et que je soutien à 100% suffiraient:

  • Non cumul des mandats.
  • Réduction du nombre de parlementaires et rémunération à la présence au parlement ou en commission.
  • Proportionnelle.
  • Réduction du mille feuille territorial.

Je suis certain que cela bouleverserait profondément la vie politique française. Mais n'est-il pas trop tard ? François Hollande avait promis cette réforme. Encore une promesse non tenue, comme d'habitude...