J'écoute distraitement les débats sur la réforme envisagée du droit du travail et du coup je ne peux m'empêcher de revenir sur une analyse que j'avais faite en 2008 :

La valeur travail

Le droit du travail est un savant équilibre qui se construit dans le temps et qu'il est difficile de faire évoluer. Hélas, les évolutions ces dernières années vont toutes dans le même sens, à savoir rogner sur les avantages acquis pour soit disant faciliter l'embauche. Je ne pense pas que ce soit la bonne approche, car cette réduction de la protection des salariés se fait sans contre parties. Du coup, le gouvernement passe forcément pour un affreux supporter du patronat.

Je pense pourtant qu'il y a un vrai besoin en profondeur de réforme de notre droit du travail. On pourrait fluidifier le marché de l'emploi en simplifiant beaucoup de choses.

Je suis adepte pour ma part du contrat de travail unique, le CDI avec une période de précarité négociée à l'embauche qui peut aller de quelques jours à une année voir même plus. Cette période de précarité doit être financièrement assumée par l'employeur qui devrait payer beaucoup plus chère le salarié précaire, de l'ordre de 30% minimum. En effet, ce qui pourri la vie d'un salarié c'est la précarité, qui ne permet pas de se loger ou de souscrire un crédit. Il est anormal que ce soit le salarié qui assume ces moments de sa vie professionnelle, qui sont subis pour la très grande majorité, sans contre-partie de l'entreprise qui est la seule bénéficiaire de cette précarité. En financiarisant la précarité, on motiverait les employeurs à en faire sortir les salariés pour faire des économies, ou alors à l'intégrer dans leur coûts.

Il ne faut pas se voiler la face, beaucoup d'entreprises ne veulent fonctionner qu'avec une majorité de précaires. Soit, c'est leur droit à condition qu'elles la paye. La concurrence entre entreprise pourrait alors aussi porter sur les conditions de recrutement, qui auraient un impact sur leur rentabilité et leur tarifs.

Bon ok le droit du travail ce n'est pas que l'embauche, mais ajouté à la rupture conventionnelle mise en place en 2008, les employeurs n'auraient plus de raison d'avoir peur d'embaucher avec ce type de contrat. Ce pourrait même être un projet de réforme de grande envergure transpartisant, puisque salariés et patronat s'y retrouveraient. Une vraie idée de centriste quoi ;)