Lorsque je cherche un visuel pour les cafés démocrates, il est rare que je tombe sur une image qui exprime autant l'idée qui est sous-jacente dans le titre choisi par Christophe pour le prochain CafDem.
Les cheminées éteintes d'une centrale nucléaire désaffectée avec au premier plan un champ de panneaux solaire. Le message est clair. Aucune retouche ou recadrage de l'image n'est nécessaire.
Venez vous instruire et partager lors du prochain CafDem, jeudi 08 décembre à 19h30 à Nice, brasserie Borriglionne.
Un nouveau hashtag est apparu sur twitter #agenda2020. Explication de François Bayrou lors de sa conférence de presse: "Un agenda 2012-2020, car arrêtons de limiter l'horizon du pays à 5 ans!"
J'aime bien[1], et le texte de ce discours de François Bayrou est un beau programme de gouvernance.
Note
[1] J'ai juste une interrogation, en 2020 on sera à la moitié du second mandat du prochain président, (j'assume bien sûr que ce sera François Bayrou), donc cela veut dire que les orientations de la France pour le candidat qui sortira des urnes en 2022 seront décidé 2 ans avant. J'ai un doute sur leur pérennité.
En ce moment, il est de tous les média et plutôt pas mal. Et j'ai noté qu'il a fait évoluer sa stratégie de communication depuis l'été dernier. Dans chacun de ses interview, il s'attache à faire des propositions de ce qu'il mettrait en œuvre s'il était aux affaires, toujours en étant extrêmement pragmatique. Je suppose que cela a été sa ligne directrice lorsqu'il a rédigé son dernier ouvrage "Etat d'urgence" et qu'il l'a adopté pour que l'on arrête de lui dire qu'il ne propose rien et ne fait que dénoncer.
Dans cet interview donné aux journalistes de la Tribune, François Bayrou dresse un bilan plutôt anxiogène à propos de l'Europe et de la situation économique, mais conclu en faisant des propositions:
Des changements institutionnels et surtout de pratiques institutionnelles de l'Europe: Il faudra un vrai président pour l'Europe, élu au suffrage universel, ou, dans un premier temps, élu par un congrès représentant à parité les parlements nationaux et européen.
Inventer un mécanisme de coresponsabilité, notamment sur les sujets économique et budgétaire, entre les Etats membres de la zone euro et les institutions de celle-ci.
Nous avons gardé le sommet de la pyramide de production, mais nous en avons perdu la base. Il faut un plan pour se remettre à produire en France, dans tous les domaines, agricole, industriel, culturel, numérique, de services. J'en viendrais volontiers à repenser un Commissariat au Plan, un lieu où tous les acteurs concernés seraient appelés à se retrouver pour définir une stratégie nationale de soutien à la production. Il faut reprendre et stabiliser notre droit du travail, inadapté, trop complexe et trop changeant.
TVA sociale ? Je crois au contraire de mes amis que la question du coût du travail n'est pas la plus fondamentale, et heureusement, s'agissant de la créativité du pays.
Sur les plus de mille milliards de dépense publique, on doit économiser 50 milliards (c'est à peine 5 %), ventilés en 20 milliards pour l'Etat, 20 milliards pour la Sécurité Sociale et 10 milliards pour les collectivités locales. S'agissant de l'IRPP, porter à 45% l'actuelle tranche à 41% et ajouter une nouvelle tranche à 50%. Augmenter le taux de TVA normal de deux points. Les niches fiscales où de 20 à 25% d'économies peuvent être trouvées.
L'impôt sur la fortune ? Attribuer au patrimoine, hors outil de production, un revenu théorique annuel, par exemple de 0,5%, et l'introduire dans le revenu imposable de l'IRPP.
La réforme des retraites est à faire, l'actuelle n'est en réalité pas financée et ne règle rien à long terme. Je souhaite aller vers un régime par points, individualisé, à droits acquis reconnus.
Nucléaire ? La première menace, c'est celle du réchauffement de la planète par l'émission de gaz à effet de serre. Je considère le nucléaire comme une bonne énergie de transition entre la situation actuelle et l'énergie la plus décarbonée possible dans trente, quarante, cinquante ans. Il faut donc organiser un débat national autour du « mix » énergétique.
Hadopi ? Je n'ai jamais cru à Hadopi. L'idée d'une licence globale, qui dégage une ressource chargée de compenser le manque à gagner des créateurs, a toujours eu ma préférence. Cela se fera aussi pour le cinéma.
Je ne suis pas un fan, loin s'en faut, d'Hervé Morin, mais j'ai été quelque peu choqué par la manière dont le journal de Soir 3 a présenté sa déclaration de candidature pour la présidence de la république.
Dans ce reportage, il n'a quasiment pas été visible à l'image. Sa prise de parole diffusée restreinte à la phrase "ici dans ma terre natale" ou presque. François Bayrou qui critiquait la pertinence de sa candidature a bénéficié d'un temps d'antenne plus long que le candidat sur un sujet qui lui était pourtant destiné.
Et c'est la journaliste qui a lu 2 ou 3 des propositions phare d'Hervé Morin.
Sincèrement, cela me choque. Que sa candidature soit légitime ou pas, ce traitement médiatique est méprisant. Ne sont-ils pas capables à France 3 de faire un petit montage de sa déclaration de campagne pour en extraire les points clés ?
Pas de suspense, je suis pour le droit de vote des étrangers.
Le principe est simple, les non français devraient avoir accès au vote et à la candidature à toutes les élections dites locales: municipalité, département et région, de même qu'aux élections professionnelles. Ces élections sont en lien avec la vie quotidienne, pour des budgets et des projets directement liés à la vie de chacun et aux impôts payés par tous.
En revanche, les étrangers ne doivent pas voter pour le parlement et le sénat[1], car ces instances votent les lois du pays. Alors certes, vous pourriez me rétorquer que l'assemblée nationale vote aussi des lois qui impacte la manière de dépenser nos impôts. Oui, mais pas les assemblées locales qui appliquent les lois.
Pour ce qui est de l'élection au parlement européen, seul les étrangers européen peuvent y voter et c'est déjà le cas. Pour la même raison que pour le parlement français, les non européens ne doivent pas pouvoir choisir les législateurs européens[2].
Reste plus qu'à définir les conditions qui font qu'un étranger devient électeur ou candidat. Je dirait, que 5 ans de résidence effective en France pour voter et 8 pour candidater pourrait être un ordre de grandeur correcte.
Qu'en pensez-vous ?
Notes
[1] Donc un élu étranger à une élection locale ne serait pas grand électeur.
[2] Qui n'ont pas suffisamment de pouvoir, mais qui seront, on l'espère, amenés à en avoir plus.
François Bayrou a donné un interview à Libération dont le titre est trompeur puisqu'il évoque François Hollande, qui n'est en rien le sujet principal de cet échange.
Je vous invite très vivement à lire cet interview qui est complet sur le positionnement de François Bayrou sur de nombreux sujets d'actualité ou pas.
C'est un argumentaire que j'utilise à chaque fois que le sujet de l'abstention surgit. Mathématiquement, c'est faux, mais c'est une image simple qui tient en une phrase. La base de ce raisonnement est le même que celle sur la reconnaissance du vote blanc (que je soutien farouchement):
Dans la mesure où les votes ne sont pas comptabilisés sur la totalité des votes, et encore moins sur la totalité des inscrits, en ne votant pas[2], cela renforce le poids de l'expression de ceux qui sont allés voter. Cela accentue la différence de pourcentage dans les résultats des candidats, et donc renforce le vainqueur.
Application: 2 exemples avec 100 inscrits.
Cas 1a: 46 votent pour le candidat A, 40 votent pour B et 14 vont à la pêche[3]. Le score est donc de 53,5 pour A et 46,5 pour B.
Cas 1b: les abstentionnistes se partagent sur les 2 candidats. Soit 53% pour A et 47% pour B.
Cas 2a: 40 ne votent pas, 35 votent A et 25 B, soit 58,3% pour A et 41,7% pour B.
Cas 2b: les abstentionnistes votent à part égale, soit 55% pour A et 45% pour B.
En allant voter, les abstentionnistes ont réduit l'écart entre les 2 candidats.
Une abstention n'est donc pas un non choix entre l'un ou l'autre des candidats, mais le choix du vainqueur désigné par les autres.
Si vous avez des gens dans votre entourage qui ne sont pas sur les listes électorales, c'est le moment de les inviter à s'inscrire. Ils ont jusqu'au 31 décembre.
Au sujet du projet de l'UMP de réintroduire le port d'un uniforme à l'école, Dominique Reynier sur France Culture résume en une phrase l’incongruité de la démarche: "Là où il y a de vrais problèmes c'est quasiment impossible de faire porter la blouse, et là où il n'y en a pas, ce n'est pas nécessaire".
Et bien heureusement que ce blog dispose d'un antispam. Je viens de supprimer 187 commentaires d'un coup pour un site d'argent allemand qui a ajouté de faux commentaires sur un bon paquet de billets. Habituellement c'est maximum une dizaine par semaine.
J'ai choisi de laisser les commentaires ouverts sur la grande majorité des billets, même anciens, puisqu'il arrive parfois que des internautes veuillent réagir à des anciens billets.
J'ai aussi pris un risque en ne mettant pas les commentaire en no follow pour les moteurs de recherche. Sur la grande majorité des blogs, les liens vers les blogs des auteurs et dans les commentaires sont tagué avec cet attribut pour que les moteurs de recherche ne les référence pas, histoire que faire des commentaires soit pour commenter et pas pour le référencement. On sait cependant que Google s'en fiche et suit quant même ces liens, tout en ne les comptant pas de la même manière dans ses algo. Du coup, ce blog fait une belle proie pour les spammeurs. Sauf que comme il ronronne avec Dotclear, ce blog ne se laisse pas faire. Et j'en suis très content.
Mes précédents billets sur le sujet du nucléaire civile étaient pour le moins peu tranchés (ici et là). François Bayrou a tenu en substances les propos suivant lors de son dernier passage sur France Inter: les spécialistes me disent que l'on peut le rendre sûr et cela permet de transformer nos déchet actuels en combustible nucléaire de demain, donc je ne suis pas opposé aux centrale de nouvelle génération (je caricature un peu son propos).
Je ne l'aurais pas dit ainsi, et les précautions de langage de François Bayrou ne m'ont pas semblé apporter de la clarté, mais je suis globalement assez d'accord sur la conséquence.
Mon point de vu:
Le remplacement de la production énergétique d'origine nucléaire par des sources alternatives, peut prendre des décennies. Avec une électricité produite à près de 70% par des centrales nucléaire et une consommation d'électricité qui ne cesse de croître, tous les efforts de réduction de la consommation et la mise en œuvre de nouvelles sources prendra du temps, plus d'une génération.
Une partie importante des centrales actuelles arrivent ou ont déjà largement dépassé le terme de leur cycle de vie programmé. Même rallongé de 10 ans, elles ne pourront pas pourvoir à la fourniture d'énergie, ne serait-ce que durant les 20 prochaines années. Nous allons donc entrer en déficit d'énergie très, très vite.
Conclusion, sauf à ce qu'une nouvelle révolution technologique intervienne dans moins de 10 ans, notre pays risque de devoir construire une ou plusieurs nouvelles centrales, juste pour maintenir la quantité d'énergie que nous consommons actuellement. Je rappel que les énormes gains réalisés par les industriels et dans les technologies énergivores, ont tous été compensés par un accroissement de la consommation globale. Donc s'il est réaliste de penser que nous pouvons commencer à stopper la croissance de consommation, il sera plus dur et plus long de passer dans un processus décroissant.
Du coup, si l'on ne peut se passer de construire de nouvelles centrale, la question se pose légitimement de savoir si l'on créé une centrale nucléaire classique, une centrale consommant de l'énergie fossile[1] ou une centrale nucléaire de nouvelle génération (surgénérateur) qui présente, entre autre, l'avantage de pouvoir utiliser les déchets des centrales classiques comme combustible ?
Et tout ce que je viens de dire n'est pas incompatible avec un projet de sortie progressive du nucléaire, c'est juste une histoire de calendrier. François Hollande me semble être dans cette même logique, qui consiste à dire que l'objectif est la sortie, mais pas à n'importe quel prix.
Notes
[1] Pour moi, les fermes d'éolienne ou les centrales à énergie dite propres, ne suffiront pas et ne concerne pour l'instant que le delta à la marge, pas le coeur de la production énergétique. Mais cela pourra changer.
Certe la téléportation n'est pas une technologie qui pourra exister, elle est physiquement impossible à mettre en œuvre, la quantité d'énergie théorique étant tellement phénoménale que l'on la gardera pour les intrigues scénaristique[1].
En revanche, il y a une chose qu'il a parfaitement intuité, c'est l'incapacité des systèmes créés par l'homme à s'autoréguler comme le fait la nature. Aucune des réalisation humaine ne peut perdurer sans une intervention constante humaine pour maintenir le système opérationnel[2].
Nous sommes capable d'inventer des matériaux extraordinaires, des systèmes informatiques avec une puissance de calcul phénoménale[3] Or avez-vous déjà vu un système complexe[4] qui ne se déglingue pas au fil du temps ?
Aucun véhicule, aucun système d'information[5] ne survit plus d'un semestre sans commencer à se dégrader. Et plus le système est complexe et plus il est fragile. Pourtant, si l'on regarde les entités vivantes qui peuple notre planète, elles sont autrement plus complexes, ne serait-ce qu'un insecte par rapport à n'importe quel ordinateur[6].
En fait, dans le futur imaginé par Gene Rogenbury, l'homme continu son évolution en façonnant son environnement et ses outils, de tel sorte qu'il est obligatoirement le chef d'orchestre, et de fait, le mécanicien. Peut être faudrait-il imaginer une autre forme d'évolution, dans lequel, l'objectif ne serait pas de façonner mais d'orienter, comme la nature le fait par exemple avec la lumière pour les plantes.
Voilà un beau sujet d'écologie, ou de science fiction, au choix.
Notes
[1] La dématérialisation d'une molécule et sa rematérialisation représente des quantités d'énergie telles, qu'envisager de l'appliquer à un corps entier est tout simplement pas réaliste.
[2] C'est même le ressort de l'intrigue de plusieurs épisodes.
[3] La règle de More, indique empiriquement un doublement de la capacité de calcul des ordinateurs environ tous les 18 mois. Elle se vérifie à peut près depuis 25 ans.
[4] Pas juste un objet, non un truc qui s'adapte à l'environnement.
Une petite photo du fleuve Var en crue prise tout à l'heure du pont de l'autoroute. On voit à droite les voies sur berge menant à l'aéroport qui sont sous les eaux, au milieu le Var dont tous les îlots sont submergés, on les devine avec les arbres qui dépassent de l'eau. A l'arrière plan, St Laurent du Var.
Michel Bernouin a twitté que "Le fleuve Var atteint 2,39m au Pont Napoléon III et 1.333 m3/s, niveau de crue quinquennale".
Quatre ans plus tard, même avec l'expérience, elle brule toujours, et dans pas longtemps, de nouveaux papillons vont s'essayer au vol en atmosphère turbulente.
Pfff, il y a comme un air de déjà vu...
Note: billet programmé, car en ce moment je régate...
Ce long weekend avec un pont dedans sera pour moi l'occasion de régater. Si il me reste des forces, peut être vous raconterais-je, j'emmène un clavier (pas sur l'eau).
ACTA est une offensive de plus contre le partage de la culture sur Internet. ACTA (pour Anti-Counterfeiting Trade Agreement ou accord commercial anti-contrefaçon) est un accord négocié secrètement de 2007 à 2010 par un petit "club" de pays (39 pays, dont les 27 de l'Union européenne, les États-Unis, le Japon, etc). Négocié plutôt que débattu démocratiquement, ACTA contourne les parlements et les organisations internationales pour imposer une logique répressive dictée par les industries du divertissement.
ACTA créerait de nouvelles sanctions pénales forçant les acteurs de l'Internet à surveiller et à censurer les communications en ligne. Cet accord est donc une menace majeure pour la liberté d'expression en ligne et est porteur d'insécurité juridique pour les entreprises de l'Internet. Au nom du droit des marques et des brevets, il pourrait également freiner l'accès aux médicaments génériques dans les pays pauvres.
Le Parlement européen a désormais une occasion ultime de rejeter l'ACTA.