Citoyens prenez le pouvoir

Politique, logiciel libre et autres digressions de Cédric Augustin - Saint Laurent du Var (Nice Côte d'Azur - France)

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dimanche 6 juillet 2008

De l'incompétence de nos politiques

Un élu, une mission

Quelle est la mission d'un élu dans notre société ? Vaste question semble-t-il, mais elle se résume rapidement dans la très grande majorité des cas en une phrase : c'est un cadre de la fonction publique ayant un contrat à durée déterminée[1].

En effet, que demande-t-on à un adjoint ou un maire si ce n'est de gérer une équipe de fonctionnaires, pour en tirer le meilleur au service de son projet politique pour lequel il s'est présenté et a été élu. Même chose pour un conseiller général ou régional avec un portefeuille ou une vice présidence. Les parlementaires dispose non pas de fonctionnaire mais d'attachés parlementaires en CDD comme eux pour préparer les projets de lois[2] qu'ils présenteront ou voteront en séance.

Elire un bon chef

La démarche est donc simple pour les électeurs. Il devraient choisir un bon chef d'équipe, un leader qui saura motiver son équipe, une personne avec des rudiments de ressources humaines, un manager capable de prendre des décisions et enfin une personne ayant quelques notions de gestion pour insuffler des orientations en phase avec des budgets réaliste. Toutes les caractéristiques que l'on retrouve dans un chef d'entreprise compétents[3].

On est très loin de ces critères aujourd'hui dans les profils de nos élus, qui sont majoritairement issus des professions libérales (droit ou médical) et de l'enseignement, profession éminemment respectables, mais absolument pas caractérisées par l'apprentissage de la gestion d'une équipe, et à fortiori d'une équipe de fonctionnaires.

La technique de l'évitement

Quelles sont les réponses de ces élus la plus part du temps pour palier à la complexe problématique des ressources humaines ? La sous-traitance, l'externalisation, contrairement au vrai leader qui se donne pour mission d'emmener sont équipe, toute son équipe, là où il veut, pour atteindre son objectif, en assumant la diversité. Car la problématique n'est pas la gestion des compétences, ce qui est à la porté de n'importe qui, mais bien de gérer les incompétences.

On nous abreuve de mots clés, tous positifs : la gestion des ressources humaines, la gestions des compétences, la gestion des bases de connaissances, le data mining (extraction de données), la gestion de profit... Mais en fait, la réussite passe par la gestion des manques de personnel, la gestion des incompétences, palier le manque de connaissances, trouver des données là où il n'y en a pas, gérer l'absence de profit...

Formation continue toute la vie

Qui forme nos élus à ceci ? Sont-ils supposés avoir déjà ces compétences ? Que l'on m'explique comment un avocat peut avoir acquis ces compétences dans sont activité professionnelle[4]. Alors on me répondra que c'est du ressort des haut fonctionnaires ou des cadres de la fonction territoriale d'assumer ce rôle, l'élu étant là pour insuffler la direction et faire le beau ou la belle lors des inaugurations. Est-ce vraiment pour cela que nous les élisons ?

Il existe dans certaines régions,des services dédiés à la formation et à l'assistance des élus. Des équipes expertes financées par le conseil régional ou général[5] qui accompagnent les élus et leurs équipes dans le maquis administratif. C'est bien entendu indispensable pour les petites communes qui n'ont pas les moyens de recruter des spécialistes.

Les partis politiques comme le MoDem[6] disposent également d'un institut de formation. Pour la première fois, cet institut sera ouvert aux non élus, ce qui peut être une forme de pré-formation pour certains candidats, afin d'apprendre la chose politique, non pas seulement du côté projet ou idéologie, mais aussi administratif. Notons que ces formations ne sont certainement pas gratuites.

Ségrégation au recrutement

Si l'on s'accorde sur la nécessité de former nos élus, ce type de formation encourage aussi la professionnalisation. Un changement du statut de l'élu[7] et des modes de scrutin[8] pourrait fournir un appel d'air pour des gens avec d'autres parcours et d'autres méthodes de travail, à même de renouveler notre personnel politique. Lorsque les parlementaires produisent des lois contre la ségrégation à l'embauche dans les entreprises, ils oublient facilement la ségrégation à l'entrée en politique[9].

http://www.versac.net/2008/02/lise-de-mission.html

Notes

[1] Du moins c'est ce qui se passe dans les municipalités où les adjoints gèrent des équipes de fonctionnaires.

[2] Lorsqu'ils ne sont pas affecté à autre chose, mais là n'est pas la question.

[3] Quant je parle de chef d'entreprise compétent, je sous entend explicitement dont l'entreprise avance, progresse et dure.

[4] Si tant est qu'il n'ai jamais plaidé, comme bon nombre d'ex avocats qui ont été propulsé dans la politique sans jamais avoir à exercer leur métier et qui seraient bien en peine de faire autre chose.

[5] Je n'ai pas les sources sous la main, veuillez excuser l'approximation.

[6] S'inspirant d'un organe existant par le passé à l'UDF.

[7] Rendre le statut de l'élu plus compatible avec la vie professionnelle des autres types de citoyens.

[8] Introduction d'un peu plus de proportionnelle et limitation du cumul des mandats dans le temps et la quantité.

[9] Ségrégation qui les arrange bien, car si elle était levée leur place serait un peu plus en danger.

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mercredi 2 juillet 2008

La liberté d'expression et le parti politique

... elle commence là où fini ...

La liberté d'expression est un droit fondamental qui ne s'use que si l'on ne s'en sert pas. Les blogs et l'internet en général, sont un extraordinaire espace de liberté. Espace qui est donné, pour la première fois au citoyen. Ce dernier se retrouve en capacité de communiquer comme seuls les journalistes ou les personnalités politiques ou médiatiques pouvaient le faire il y a quelques années. De cette liberté, découle forcément des responsabilités et des devoirs. En fait le législateur ne s'est pas embarrassé beaucoup, un blog est soumis aux mêmes obligation que la presse à quelques menus détails près. Pour ceux qui sont intéressés par le sujet il y a le très documenté dossier (on ne parle plus de billet là) de maître Eolas. On retiendra notamment le fait que l'auteur d'un blog ou d'un site est responsable du contenu mais aussi des commentaires.

Jusque là rien de bien surprenant. Là où cela devient plus délicat, c'est lorsque l'on parle d'un site de parti politique. Car en plus de la responsabilité éditoriale et de modération, on touche aux susceptibilités et aux égos. La modération devient donc un art délicat.

Le site du MoDem06

Sur le site du Mouvement Démocrate des Alpes Maritimes que je gère, j'ai choisi de mettre en avant les militants qui s'expriment sur le net et créant un agrégateur des contenus de ces sites sur la page d'accueil. Je n'ai bien sûr aucun contrôle sur ces contenu, ni aucun filtre. Cependant, le simple fait de les afficher sur le site m'en rend responsable en tant que webmaster, mais aussi les 2 référents provisoires, Karine et Loïc, qui sont les contacts officiels du site, ainsi que Valérie et Marie-Lise qui y sont déclarée comme rédactrices. Il est clair que aucune de ces personnes n'a envie d'être tenu pour responsable des propos d'un militants qui poseraient problème.

Techniquement parlant, il n'est pas aisé de filtrer le contenu d'un site dans l'agrégateur. C'est donc tout ou rien. Lorsque l'un des militants dont le blog est dans l'agrégateur tient des propos qui posent problème, il n'y a que la suppression du site de l'agrégateur. On frôle donc la censure, ce qui n'est pas à proprement parler compatible avec le MoDem et les idéaux de liberté et de responsabilité qu'il véhicule.

Censure, le gros mot est lâché

Jusqu'à présent, il n'y a eut que 2 cas qui ont nécessités une intervention :

  • Nadège qui sur son site a un jour tenu des propos diffamatoire. La question a été très rapidement réglée, puisqu'elle a retiré le propos immédiatement à la demande des référents provisoires, reconnaissant d'elle même qu'elle n'avait pas perçu la porté de ces propos.
  • Nelly qui attaquait systématiquement l'organisation provisoire du MoDem06, sans possibilité de droit de réponse sur son site. Elle a quitté d'elle-même le MoDem et son site l'agrégateur au même moment.

La question se pose à nouveau aujourd'hui avec un militant qui a pris la liberté, en omettant la responsabilité, oubliant au passage la charte des valeurs et d'éthique qui a été adoptée en décembre dernier lors du congrès fondateur du MoDem à Villepinte.

Charte de modération

Depuis que le site départemental est ouvert, j'ai demandé que l'on travail sur une charte de modération, définissant les limites de la liberté offerte aux contributeurs et aux commentateurs du site. A défaut, il n'y a aujourd'hui aucune contribution qui puisse être publiée, et les commentaires sont modérés au minimum (aucune modération n'a été nécessaire à ce jour). Le caractère artisanal du site départemental a permi de s'en sortir. Qu'en sera-t-il si l'on souhaite aller plus loin ?

La prochaine équipe départementale devra impérativement mettre en place une charte de modération du site web. Sans cela il ne sera pas possible de faire de l'outil internet un puissant levier au service de la dynamique départemental du MoDem.

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mardi 1 juillet 2008

Prix de l'humour politique 2008

"Sarkozy, c'est le seul qui a été obligé de passer par l'Élysée pour devenir Premier ministre." dixit Jean-Louis Borloo, qui vient de remporter le prix de l'humour politique 2008.

Lire la liste des autres nomminés sur le site du Point.

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lundi 30 juin 2008

Subversion musicale

J'écoutais tranquillement Mano Négra au boulot, quant un collègue me dit que je n'écoute que des groupes d'extrême gauche, et de toute façon, le parti dans le quel je milite dérive vers la gauche, c'est de notoriété publique.

Instant d'interrogation. Mais qu'est-ce qu'il me dit là ?

Comment ? Quoi ? Je serais un affreux gauchiste parce que j'écoute de la musique écrite et interprétée par des gens engagés politiquement ? Alors c'est comme ça qu'ils font pour recruter. Mano Négra pour Besancenot et Mireille Matieu pour l'UMP.

Mazette, et moi qui ne m'en apercevais pas. J'écoutais tranquillement en boucle des gens qui au lieu de me divertir seraient en train de tenter de m'influencer politiquement, d'instiller progressivement des idées subversives pendant que je les écoute distraitement en rédigeant un mail à un client. Rendez-vous compte, les artistes que j'écoute parlent de laïcité, d'amnistie de parlementaire, d'immigration, de tolérance, de la police, mais aussi de la connerie, d'amour, du ciel et de l'enfer, d'argent, de la guerre... bref que des valeurs de gauche !!

Il est urgent que le MoDem agisse pour faire partie de cette grande entreprise de subversion et de recrutement. Allons, chantez avec moi...

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jeudi 26 juin 2008

Le message et l'image

J'ai réalisé pour Fabien qui anime le prochain café démocrate du MoDem, deux visuels pour le présenter. Ci-dessous celui qui n'a pas été retenu, non pas parce que je veux absolument en faire étalage, mais parce qu'il a suscité un débat à cause du message qu'il porte.

Un précédent

Si l'on se reporte à la campagne présidentiel, les Jeunes UDF avaient réalisé un calendrier avec des militantes et militants et l'on voit clairement que le message était l'Euro enthousiasme, la séduction et le charme associé au projet européen qui a toujours fait partie de l'identité de l'UDF et maintenant du MoDem.

On a changé d'époque

Le projet européen ne fait pas rêver, encore moins aujourd'hui qu'hier. Même les européïstes ou ouiouistes convaincus comme moi ont le blues après l'exclusion définitive des citoyens du processus de construction. Le projet européen a le gueule de bois, saccagé par les nationalismes, décrédibilisé par la lâcheté des gouvernants, dévoyé par les lobby industriels ou financiers.

Je ne sais plus comment le défendre alors que ce devrait être le projet fédérateur de la jeunesse, la satisfaction pour les ainés d'un projet de société durable et paisible.

Prend-t-on assez conscience de cet exploit de rassembler 27 pays avec une telle histoire, dans un même projet ? Réalisons-nous le chemin parcouru jusqu'ici, à marche forcée en moins de 30 ans ?

Nous sommes arrêtés juste à la porte du grand chantier de l'Europe politique. Nombreux sont ceux qui se satisfont de cette Europe économique. Une grande zone de libre échange d'inspiration libérale, mais d'inspiration seulement, dans laquelle les groupes industriels ont plus de pouvoirs que les états et les parlements, surtout désunis.

Le message et l'image

Dans ce visuel, au delà de l'aspect racoleur de la nudité féminine, c'est le message de fragilité et de victime qui ici m'interpelle. C'est ainsi que m'apparait l'Europe, nue dans sont idéal, sans protection politique, ayant la triste mine de ceux qui subissent plutôt que celle des leaders. Elle est intrinsèquement belle, mais même si on le sait, avec cette tête là on en a pas envie.



Source du visuel, nonfiction.fr

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vendredi 13 juin 2008

Alors comme ça il y a un plan B

Ce bon peuple

On nous avait fait le coup en 2005 du plan B. L'extrême gauche, et même une partie du PS nous avaient annoncé l'existence d'un plan B en cas de refut du référendum sur la constitution européenne. Las, au lendemain du non français et danois des Pays-Bas on découvrait que ce n'était que menterie[1]. Tout ceux qui disait qu'en votant non, les citoyens obligeraient les technocrates et les gouvernements à revoir le texte pour y introduire plus de social ont bien manipulé les électeurs. Conséquence, la construction européenne s'est arrêtée d'un coup, les états qui devaient encore organiser un référendum s'en sont abstenu, le sujet a été enterrer, et l'on est resté au traité de Nice, célèbre pour être un traité tout aussi efficace que les motions de synthèse du PS pour gagner les élections.

Surtout ne plus s'encombrer du peuple. Il ne comprend rien et ne fait que contrarier ceux qui savent pour lui. En plus c'est tellement compliqué toute cette Europe, comment voulez-vous lui expliquer ?[2]

C'est extraordinaire tout de même. Dans une Europe qui n'est composée que de pays dit "démocratiques", que le peuple fasse si peur aux décideurs. Le traité de Lisbone a donc été exclusivement ratifié par les parlements. Ben oui, vous expliquent les constitutionnalistes et juristes, les députés sont l'expression du peuple, ils peuvent donc s'exprimer à sa place lorsque l'on ne veut pas lui demander son avis à ce bon peuple. Rien à redire, c'est légal. Le gouvernement ne se gène pas pour s'essuyer les pieds sur le parlement à longueur de projet de loi en imposant le retrait des amendements qui ne lui plaisent pas à sa majorité, ou en faisant voter certains textes dans l'urgence ou à 3h du matin.

Souillé

J'ai beau être farouchement européen et absolument convaincu que le traité constitutionnel malgré ses imperfections était une avancée pour tous les européens, j'ai du mal, même beaucoup de mal, avec la méthode employée pour nous imposer ce texte. Et sincèrement, je n'arrive pas à me réjouir à l'idée que le non irlandais n'est finalement pas si grave. Comment dire, un sentiment désagréable de gâchis. Ce projet européen qui devrait être enthousiasmant pour un européen convaincu comme moi, semble souillé, déprécié. Un peu comme ces beaux immeubles tout neufs qui à peine 1 an après ont les enduits qui se décollent, les portes qui ne ferment plus et le marbre qui gondole.

Plan B

Alors on apprend dans l'article de Mariane[3] qu'il y a un plan B cette fois-ci. Ils ne se sont pas laissé avoir. Sauf qu'en fait ce sont de simples exceptions, qui vont être proposées aux irlandais. Une usine à gaz de plus, un cas particulier de plus, bref une source de plus de complexification du "machin". Sans compter que le machin va pas être plus simple à gouverner. Un gâchis. Le beau projet européen va se faire engloutir dans l'administration, comme s'il ne l'était pas déjà trop. Fini la politique qui change la vie, vivent les tractations et les rapports de force. Ça va être dur de rêver d'Europe :(

Notes

[1] J'adore ce mot et je ne sais jamais comment le placer dans un texte ou une conversation. Il m'évoque la générosité paysanne, le bon sens, une alternative colorée au mot mensonge qui pourrait être tout les jours utilisé plutot que langue de bois, bien trop indulgent.

[2] On dirait que cela ne vient à l'idée de personne qu'il faudrait au moins essayer, il est parfois surprenant ce peuple.

[3] Les Irlandais ont rejeté le traité de Lisbonne… So what ? et Traité de Lisbonne : bien sûr qu'il y a un plan B !.

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mardi 10 juin 2008

Picorage : Bayrou, filtrage du web, irlande et europe

A défaut de billet, puisque l'humeur n'y est pas en ce moment[1], je vous propose quelques liens intéressants :

  • François Bayrou a-t-il encore un destin ? : récapitulatif de la situation de François Bayrou dans le paysage politique français, somme tout assez optimiste.
  • Vers un filtrage de masse du web français : où dit autrement, le pire est à venir. Déjà que la loi DADVSI était liberticide, mais que sont inapplicabilité pour la plus grande part nous sauve, si le quart de ce qui est annoncé se réalise, s'en est fini de la liberté sur le net. Les bien-pensants sont aux manettes !!
  • En Irlande se joue l'avenir européen : après la confiscation de l'expression populaire sur le traité constitutionnel par les gouvernements, les même s'inquiètent du petit bout de souveraineté populaire restant qui pourrait mettre des bâtons dans les roues de la construction européenne[2].

Notes

[1] Ma plume est en panne, et plutôt que de vous infliger des âneries, j'ai choisi de m'abstenir.

[2] Pour mémoire mon billet sur le sujet il y a 8 mois : L'Europe n'est pas prête de faire rêver

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vendredi 23 mai 2008

Liste unique au conseil départemental

J'ai reçu un cri du cœur d'une militante pour la constitution d'une liste unique lors de l'élection du conseil départemental qui va venir. En effet elle craint que la lutte interne que provoquera ces élections conduise à une fragilisation du Mouvement Démocrate 06. Ci-dessous son appel et ma réponse :

Alerte ! L’union fait la force. Le MoDem « de toutes nos forces » !

Je suis neuve en politique ayant adhéré au MoDem dès l’appel de François BAYROU et n’ai pas été candidate aux élections locales. Néanmoins, par mon expérience personnelle, je ne suis pas neuve pour des combats très difficiles contre des dérives démocratiques et juridiques. Ce sont des expériences qui forgent et rendent vigilante.

Je suis chaque jour de plus en plus convaincue de l’impérieuse nécessité de construire un Mouvement Démocrate fort et indépendant comme le souhaite François BAYROU.

Or je vois avec inquiétude le climat qui s’installe à l’approche des élections Départementales du MoDem.

Notre adversaire commun est tout ce qui se révèle ennemi de la Démocratie. Nos adversaires communs sont tous ceux qui portent atteinte à la Démocratie. Partir divisés c’est partir affaiblis et renforcer nos adversaires.

Nous ne pouvons pas être divisés pour lutter contre la division de notre pays.

Au niveau d’une instance départementale qui est déjà rongée par des dissensions ne serait-il pas plus sage d’accepter tout de suite trois « courants » et de faire une liste de fusion qui représente à parts égales ces trois « courants ». De telle sorte que, quelque soit la tête de liste, il n’y ait pas de « clan perdant » et que chacun puisse sentir que son « courant »aura un poids et ne subira par une « micro oligarchie ».

C’est peut être totalement utopique et la plus mauvaise solution . Mais un MoDem 06 qui risque d’éclater et de perdre des adhérents me semble courir au désastre et faire le jeux de ceux qui n’attendent que cela.

Mon seul souci par ce message est de voir un avenir solide pour un Mouvement vital dans le paysage politique Français, mais qui ne cesse d’être déstabilisé depuis sa fondation. Ainsi j’aurais laissé parler ma conscience…

Je répond rapidement à un élément de votre propos : la liste unique.

Organiser une élection au sein d'un parti démocrate me semble être éminemment démocratique. En regard, constituer une liste unique semble plutôt une forme de confiscation de l'expression des divergences, divergences qui doivent vivres et non être enfouîtes dans un consensus bien plus dévastateur, comme le démontre les difficultés du PS.

Je suis attaché à la transparence, et à ce jour j'apprécie 2 des candidats connus, Loïc Dombreval et Hervé Caël, que je pense capables de mener une saine et respectueuse campagne. D'autres se feront connaître, espérons qu'ils ou elles joueront le jeu démocratique...

Pour finir, le principe de la liste unique était la règle à l'UDF 06. 60 personnes dont on ne voyait jamais la moitié, pas de remise en cause du bureau exécutif, aucun pouvoir. Aujourd'hui, je ne souhaite pas cela au MoDem.

Ne serait-ce que le fait que nous fassions des réunions à plus de 25 pour travailler sur un projet départemental, assure déjà de candidats qui s'investissent pour le mouvement, pas à la course au titre, puisque certains ne figureront même pas sur la liste.

Bref cette élection, qui divisera sans doute un temps, sera aussi un bel exercice démocratique et fera émerger des consciences et des militants dont à besoin notre mouvement.

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mercredi 21 mai 2008

Notre vision des extraterrestres

Les séries télévisées de science fiction qui prennent place dans l'espace ont de nombreux points communs. Que ce soit Star Trek, Farscape, Babylon 5, toutes partent de certains a priori qui s'auto-influencent et forgent notre imaginaire de ce que pourrait être une vie extraterrestre.


Source Startrek Voyager. Un Vulcain et un borg.

On retrouve en effet les points communs suivants :

  • Des formes humanoïdes : cette constante est bien sûr beaucoup plus simple à mettre en scène et facilite grandement l'interprétation par le téléspectateur des comportements des aliens. Elle a aussi une cause plus philosophique que l'on rencontre chez plusieurs auteurs, la théorie de la dissémination qui voudrait que toutes les espèces de la galaxie soient issues d'un patrimoine génétique commun disséminé par une espèce très avancé techniquement il y a quelques dizaines de millénaires. Cette théorie de la dissémination explique le format humanoïde généralisé, la possibilité de croisement entre espèces de planètes différentes et également des développements technologiques synchrones à quelques millénaires près.
  • Le langage est rarement une barrière. Tous comme James Bond qui parle toutes les langues, il y a toujours un système de traduction universel dans ces univers. Il serait impossible de mener une intrigue s'il fallait dans tous les épisodes trouver le moyen de se comprendre. C'est à rapprocher de notre incapacité à nous comprendre sur la même planète.
  • Absence de décalage horaire : aucune de ces séries ne s'embarrasse des différences d'heures entre l'horloge du bord et la planète sur laquelle atterrissent les vaisseaux ou leurs équipages.
  • La verticalité est tjs respectée, même dans l'espace. Il y a tjs un haut et un bas dans les visuels. Les combats ou les approches des navettes se font tjs sur le même plan. La gravité est toujours du même ordre de grandeur, quelque soient les planètes.
  • La faune et la flore sont biologiquement similaire à celle de la terre. C'est bien sûr cohérent avec la théorie de la dissémination.

L'amateur de science fiction se retrouve donc formaté dans un type de vision des univers extraterrestres non seulement très improbable, mais cela n'est pas grave, qui demande à un divertissement d'être réaliste, mais surtout toujours bâtit selon les mêmes logiques et les mêmes règles. Le risque de perdre le spectateur conduit à toujours revenir au même référentiel, appauvrissant l'imaginaire. On peut se demander si les télévisons accepteraient de faire une série avec un univers totalement sorti de nos référentiels ? Il est probable que non, car il faut que le téléspectateur puisse s'identifier aux personnages. Difficile en effet de comparer ses problèmes quotidiens, sentimentaux ou matériels, avec une espèce à 3 genres[1], végétale ou insectoïde comme l'on en croise dans bon nombre de romans de science fiction. Et pourtant, certain auteurs arrivent bien à nous captiver avec ces personnages. Est-ce donc qu'il n'y a qu'un seul type de modèle télévisuel ?

Notes

[1] Comme dans le roman Les Dieux eux-mêmes (titre original : The Gods Themselves) d'Isaac Asimov publié en 1972, où l'on découvre une société à plusieurs niveau de développement avec une procréation basée sur un mâle, une femelle et un porteur.

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lundi 19 mai 2008

La mécanique de notre société est grippée

Les mécanismes

Dans le livre de Thierry Crouzet, Le peuple des connecteurs, il reprend en introduction du chapitre 4, "Ne pas promettre", une citation de Jacques Ellul :

La mort d'Hitler n'a supprimé ni les camps de concentration ni la torture. Hitler n'avait fait que cristalliser à un moment donné les aspirations d'une société. C'est pour cela que même s'il existe, le chef d’orchestre ne m'intéresse pas parce qu'il est accidentel. Ce qui m'intéresse, ce sont les mécanismes.

J'ai voulu reprendre cette citation pour illustrer une idée qui me trotte dans la tête concernant l'impuissance actuelle des élus et probablement des futurs candidats s’ils sont un jour élus, à agir. La complexification de notre société la rend de plus en plus dur à gérer avec les méthodes employées, héritées ou imposées par l'organisation administrative.

En effet, l'organisation pyramidales de notre société avait tout son sens il y a 2 générations. Elle a contribué à la force de notre économie et de notre démocratie depuis près de 2 siècles. Mais nous vivons depuis la fin des années 60 une accélération de la transformation de notre société, qui devient une vraie mutation depuis l'avènement de l'ère de la communication bidirectionnelle telle qu'internet nous en donne les moyens.

Les citoyens ne veulent plus se contenter d'être des extrémités dans l'organigramme social, mais bien des nœuds au même titre que les autres. L'organisation pyramidale n'est pas en mesure de gérer ces attentes et peut même devenir une source de frustration pour l'individu à qui les médias de masse fond croire qu'il ne fait pas partie de la masse.

Épuisement du système

Les organisations pyramidales sont donc en danger et elles se raidissent sur ce qu'elles savent faire, à savoir diffuser du haut vers le bas de plus en plus de messages, et synthétiser à outrance jusqu'à en perdre tous sens les remontés de la base. En ce sens elles contribuent à un appauvrissement des messages dans les 2 sens et surtout à l'élagage de toutes les branches neuves qui pourraient donner de nouveaux fruits innovants.

L'exemple type est le Grenelle de l'environnement dont les débats participatifs n'ont eut de débat que le nom et de participatif que du point de vue des acteurs déjà en place. La synthèse impossible n'a pas apportée plus que ce que n'importe qu'elle commission aurait pu pondre. Inutile de réunir des dizaines de milliers de personnes pour annoncer que les gaz à effet de serre sont mauvais pour l'environnement et qu'il faut les réduire. On a vu dernièrement comment le gouvernement tien compte de la souris dont a accouchée cette montagne, tout particulièrement avec les OGM, magistral foutage de gueule.

Décréter que l'on va faire des économies, ou que la croissance va repartir, sont des âneries que seul le beau papier enrubanné dans lequel les drape la communication présidentiel permet de les faire passer avec aussi peu de réaction.

C'est à la méthode, aux comportements, aux réseaux humains qu'il faut s'adresser.

Notre société occidentale s'organise dans des modèles pyramidales de plus en plus rigides, qui ont de moins en moins de capacité de réaction. Ces organisations pyramidales que l'on retrouve dans toutes les administrations ou entreprises, et qui sont notre culture, parviennent de moins en moins à répondre aux problèmes. On peut même se demander si elles ne les entretiennent pas.

Évolution possible ?

La question se pose de notre capacité à changer de modèle d'organisation, de société. Toutes les belles théories sur l'organisation en réseau, l'auto-gestion, le fonctionnement en cellule ou nodules interconnectés... sont limité par la réalité quotidienne. On ne rejette pas une culture, une organisation qui a fait ses preuves et qui fonctionne encore, du jour au lendemain. On n'impose pas un système dont la très grande majorité des citoyens n'est pas en mesure d'accepter dans le meilleur des cas, de comprendre dans le pire. Il faut emmener le plus grand nombre et pas se contenter de ne parler qu'à une minorité.

La question se pose alors de la période de transition entre le passage d'une culture pyramidale à une culture en réseau. C'est cette transition que nous vivons en ce moment, initiée par la révolution portée par l'internet.

Un exemple ?

Même si cela ne concerne qu'une minorité de citoyen, le citoyen acteur se banalise et touche des gens qui n'auraient jamais été militants autrement, que ce soit dans une association, un syndicat ou un parti politique. Connecté entre eux, les citoyens acteurs et les militants de toutes sortent commencent, doucement à se ré-approprier en partie une capacité d'action démultipliée par la synergie du réseau. Comme toute révolution, c'est toujours une minorité qui emmène avec elle la majorité.

Contrairement aux précédentes révolutions, il n'y a pas que l'élite intellectuel ou financière qui pourra agir dans cette révolution en douceur. Tout citoyen acteur peut agir. Un gravier, une pierre, chacun participe à la construction du mur.

Comment ça marche ?

Le principe s'inspire du marketing viral. Vous êtes tout un chacun un nœud dans un réseau d'une cinquantaine de personne en moyenne[1]. Si la moitié sont connectés et 1/4 sont des citoyens acteurs[2], vous imaginez votre capacité de propagation instantanée ! Là où il fallait des jours, voir des semaines pour faire circuler une information qui n'était pas relayée par la presse, en quelques heures, celle-ci fait le tour des citoyens acteurs. La campagne présidentielle a été typique avec la vidéo de Ségolène Royale critiquant les profs, vue plus d'un million de fois en moins de 48h, quasiment tous les possesseur d'une adresse email ayant reçut d'une connaissance le lien pour la visionner.

Et c'est là toute la puissance de l'internet mis au service du citoyen acteur. En effet à l'ère de la communication de masse, le téléspectateur est un consommateur d'information et pas un acteur. On le séduit, on le distrait, on rend son cerveau disponible, on lui donne ce qu'il veut, pas forcément ce dont il a besoin. Tout le contraire du média en réseau internet, qui est personnalisé à outrance, puisque c'est le citoyen acteur qui devient l'acteur de son information et surtout de celle des autres, en produisant, commentant ou relayant.

Exportable aux organisations ?

Cette mutation de l'information qui est en train de se faire est-elle exportable aux organisations ou aux entreprises ? Pas immédiatement et pas à l'identique, mais j'aime à penser que oui, mais avec des gens un peu entreprenant.

Le principe consiste à fractionner les entités en cellules de structure similaire, plus ou moins spécialisées. Chaque cellule doit disposer d'un organe de communication avec les autres cellules, avec toutes les autres cellules de l'organisation. C'est l'élément le plus important. En effet contrairement au système pyramidale ou chaque nœud ne communique qu'avec le nœud du dessus et ceux du dessous, dans un système en réseau, il faut que la communication soit multidirectionnelle, sans hiérarchisation. L'organe de communication filtre et est en charge de l'économie de l'information et de l'économie des services et marchandises avec les autres cellules. Une cellule doit être économiquement à l'équilibre.

Il faut aussi accepter certaines redondances et ne pas rechercher une efficacité absolue immédiate. L'idée est ici d'obtenir une plus grande efficacité par élimination progressive des cellules moins performantes[3].

Selon la même logique, une organisation peut être une cellule d'une meta organisation.

Dans cette approche, l'organisation pyramidale est possible au sein de la cellule, mais pas forcément obligatoire. Ainsi, en partant de grosses cellules et en en réduisant progressivement la taille, il est possible de conserver une organisation pyramidale transitoire.

Notes

[1] L'humain est un animal tribal, dont la capacité cognitive le limite à une cinquantaines de relations en moyenne. Vous avez sans doute un carnet d'adresse plus remplis que cela, mais guerre plus de relations maintenu, sauf à être un connecteur.

[2] 1/4 c'est beaucoup, mais je suis utopiste.

[3] On entant par élimination, non pas la mise au placard des individus, mais un recyclage dans d'autres cellules ou une requalification de l'organisation interne de la cellule. Un processus darwinien de sélection naturelle en quelque sorte. L'organisation fonctionnant à effectif constant, il y a donc déplacement des ressources, les individus, d'une cellule à l'autre en fonction des besoins ou des évolutions.

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jeudi 8 mai 2008

Recette vin d'orange : de la variété à la chimie

Orange provençale

J'ai fait la semaine dernière mon vin d'orange annuel et pour une foi je n'ai pas eut à chercher loin pour retrouver la recette, puisqu'elle est sur ce blog. Alors que je préparais la macération des zests je me suis remoré mes cours de chimie.

Si vous faites une recherche sur le net sur les recettes de vin d'orange, vous en trouverez des quantités. Il y en a presque autant que de gens qui en font. C'est d'ailleurs un des intérêt du vin d'orange, c'est quant vous allez chez un ami qui en fait, c'est forcément une autre boisson que vous buvez. Il y a quatre raisons majeures qui font la différence entre deux verres de vin d'orange :

  1. Les oranges, selon qu'elles sont amères, douces, d'ici ou d'ailleurs, sanguines ou pas, jeunes ou vielles...
  2. Les ingrédients en plus ou en moins, comme la vanille, la cannelle, la cardamome, le citron, le jus d'orange ou la quantité d'alcool ou de sucre ajouté...
  3. Le vin utilisé. En général on prend du rosé premier prix, mais chacun fait comme il veut, certain le font même avec du rouge.
  4. La macération.

C'est sur ce dernier point que je voudrais revenir. Dans ma recette, je place tous les ingrédients à macérer dans 2 litres d'alcool et 5 litres de vin rosé. Dans une extraction, le principe consiste à mettre le produit mélangé (les zests) dans un solvant (ici le mélange alcool/eau, puisque le vin contient 85% d'eau). Les molécules aromatiques qui nous intéressent vont aller ou rester là où elles sont le plus solubles. Si l'on place les zests dans de l'eau pure, on n'extraira que les molécules solubles dans l'eau. Si on ne met que de l'alcool[1], que celles solubles dans l'alcool. En mélangeant les 2 produits, celles qui ont une solubilité intermédiaire[2]. Il y a donc des recettes qui consistent à placer les zests dans de l'alcool à 95% pendant quelques jours, et d'ensuite procéder au mélange des autres ingrédients. Inversement, certaines recettes mettent la totalité des ingrédients dès le début.

Quelle est la différence entre ces 2 approches extrêmes ? En fonction du degrés alcoolique de la macération, ce ne sont pas les mêmes molécules qui sont extraites des zests et surtout pas dans les même proportions. Toutes les molécules extraites, n'ont pas forcément un goût anodin dans le mélange final, même si elles sont présentes à l'état de trace[3]. En jouant sur le degrés alcoolique de la macération, on extraira donc des molécules différentes qui influeront plus ou moins sur le goût final du vin d'orange.

Voilà, vous allez pouvoir faire vos mélanges de recettes pour créer la votre en toute connaissance de cause.

Notes

[1] Techniquement l'alcool pur n'existe qu'en laboratoire, puisque l'alcool contient toujours un peu d'eau, d'où sont nom d'alcool à 95°.

[2] Cette assertion est chimiquement fausse, mais plus claire me semble-t-il. Que les puristes m'excusent.

[3] Pour ceux que ça amuse, une liste raccourcie des composés présents dans l'huile essentielle d'orange (extraction des zests).

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mardi 6 mai 2008

Retour d'une longue pause

Il est des moments où il faut débrancher un peu. C'est ce que j'ai fait durant ce presque mois de silence. Plus de revue de presse, moins de média traditionnel ou en ligne, surf limité au minimum.

Ce n'est pas seulement de l'internet que je me suis débranché, mais aussi de certains équilibres et ordonnancements des priorités qui conduisait ma vie quotidienne. Le blog sera un reflet de certaines de ces ruptures d'équilibre, mais discrètement, lentement. On ne change pas facilement d'habitude. Ce petit coin d'internet dans lequel je vous reçois était déjà un peu tout et n'importe quoi, ce le sera encore plus.

Aller zou, on va voir ce qui sort du clavier...

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lundi 5 mai 2008

itélé invente le sujet sans information

On a vu durant l'année qui vient de s'écouler la technique utilisée par le président et son équipe pour inonder les média de sujets. Cette technique qui a très bien fonctionné durant la campagne et les premiers mois de son mandat, a consisté à fournir en permanence du grain à moudre aux média, trop de grain de manière à ce qu'ils n'aient pas le temps de rentrer dans le détail de l'information, la farine en résultant se retrouvant truffée de morceaux d'approximation et de manque de recul.

Que n'aurions nous espéré que les journalistes en tirent des leçons, mais non. Même si la présidence a baissé un peu le flux ou que les média ont enfin décidé de commencer à filtrer, nous somme toujours à l'air du zapping et de l'information spectacle, comme l'illustre la monté en audience des chaînes d'information continue comme France-Info, BFM radio ou TV, LCI ou itélé. Toutes les 10 minutes l'essentiel de l'actualité nous annoncent-ils. C'est vrai que c'est pratique quant on a pas le temps.

Moi aussi je regarde itélé, lorsque je n'ai pas surfé de la journée ou écouté les informations au journal de France-Inter. "C'est pratique" vous dis-je. L'autre soir, avant de lancer le film enregistré, je regarde vite fait "l'essentiel de l'actualité" et mon épouse et moi apprenons qu'une jeune femme est en détention au Mexique, que sa famille a fait appel au président français pour s'assurer que la justice mexicaine serait bien rendu en toute impartialité. On a vu la famille, l'avocat, des micros qui se bousculent. De l'émotion, du scoop. Ça ressemble à s'y méprendre à un mélange du cas d'Ingrid Bétancour et des allumés sauveur d'enfant du Tchad. On va être ému dans les chaumières, SuperSarko va venir à sa rescousse, il ne faudrait pas la laisser aux mains de ces sauvages Mexicains qui n'ont même pas de lois, au risque de bafouer la France terre des droits de l'homme... blabla la machine à émotion marche à fond.

Bon, mais de quoi est-elle accusée cette jeune femme ?

Nous nous regardons, mon épouse et moi, interloqué par cette "information". A force de ne faire que du sensationnel et de l'actualité spectacle, il ne reste même plus la place pour l'information. Le Mexique est un pays de droit, même corrompu (et encore c'est à voir, je n'en sais rien), on ne met pas des gens en prisons sans raison. Comment une rédaction d'information peut arriver à monter un sujet en oubliant l'information principale ?

Comment en arrive-t-on là ?

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dimanche 4 mai 2008

L'éditorialiste en monde clos

Jean François Kahn, ex patron de Mariane, a décidé de se mettre en retrait de son journal et mène actuellement d'autres projets média ou littéraires. On le retrouve dans un texte publié par Libération, qui devrait faire écho auprès de tous ceux qui veulent comprendre certaines des problématiques des médias français et notamment dérives néfastes, au moment où ces même médias sont en crise.

Je vous invite à lire sur le site de Libération "L'éditorialiste en monde clos".

Comme je l'ai déjà fait pour certains textes que je trouve très instructif, j'en ai gardé une copie en local comme archive, dès fois que le texte ne soit plus accessible dans le futur, mais préférez tjs l'original.

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jeudi 10 avril 2008

Pause

Blog en pause jusqu'au 20 avril, mais les commentaires restent ouvert.

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mardi 1 avril 2008

ADN : personne ne perçoit le glissement ?

Hier soir en devisant tranquillement avec mon épouse alors que nous débarrassions la table du dîner, elle m'interpella sur une information entendue à la radio dans la journée : "Est-ce que tu as entendu qu'ils parlent d'ADN pour cette histoire de banderole dans un stade de foot ?".

Non je n'avais pas entendu.

Ce matin, à nouveau, sur France Inter : "La police scientifique va faire des recherches d'empreintes et d'ADN sur les morceaux de la banderole retrouvée après le match."

Ne percevez-vous pas l'énormité de la chose. Une dépêche reprise en boucle par les médias sans autre commentaire. On parle ici d'une bande de connards qui ont proférés une insulte dans une tribune de stade. Juste une insulte dans un stade. Pas une baston ou une ratonade, pas un viol, pas l'usage d'une arme à feu... non, une insulte dans un stade.

Mais comment peut-on accepter un tel glissement sans même sourcilier. Alors que l'utilisation des tests ADN a été annoncé il y a quelques années pour résoudre les crimes sexuels, petit à petit les fichiers sont étendus, l'usage se banalise et couvre de plus en plus de domaines[3]. On est parti des crimes les plus atroces pour faire entrer dans les esprits l'acceptation du fichage ADN. Hier réservé aux crimes sexuels, le fichage a été étendu à quasiment tous les délits. Aujourd'hui, on est fiché si l'on est un manifestant anti OGM ou un étranger basané ayant fait une demande de regroupement familiale. Et je ne parle pas des tests qui sont pratiqués si vous habitez un village dans lequel un crime non élucidé a eu lieu, ou maintenant, si vous avez été dans la même tribune qu'une bande d'abrutis.

Personne ne réagit au fait de solliciter la police scientifique pour rechercher cette bande d'imbéciles d'une tribune de stade. La débauche de moyens qui vont être dépensés n'interpelle personne. Un test ADN coûte de 150 à 400€, à multiplier par le nombre de supporters de la tribune. Ca fait chers l'insulte ! N'y aura-t-il donc aucune voix pour percevoir la disproportion entre une insulte, aussi grossière soit-elle, et la mise en œuvre de tests ADN sur tout une foule ?

Aucun journaliste ne tournera sa langue dans sa bouche avant d'annoncer le recours à des tests génétiques pour une broutille, car ça en est une en regard des conséquences du fichage génétique. Ca y est, c'est normal. Plus de tabous. Les tests ADN sont entrés dans les mœurs. La liberté, le droit à l'erreur, les approximations administratives ou judiciaires[1], le droit à l'oublie[2], rien de tout ceci n'est rappelé et mis en parallèle. La politique hormonale du chef de l'état anesthésie-t-elle tout esprit critique ?

Je crois vivre un cauchemar. Réveillez-moi !!

 

Précédents propos sur le même sujet :

Notes

[1] Rappelons le désastre humain de l'affaire d'Outreau.

[2] Chaque foi qu'un fichier existe, c'est un peu moins de droit à l'erreur qui nous est accordé.

[3] Lionel Jospin avait mis en place le Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (FNAEG) pour recueillir l'ADN des délinquants sexuels jugés coupables. La loi du 18 mars 2003 sur la sécurité intérieure a étendu le prélèvement à l'intégralité des personnes ayant affaire à la police (coupables comme suspects) quel que soit le type de délit (vols à la tire, tags, manifestations...), à la seule exception des délits financiers. Un prélèvement ADN coûte 400 €, celui-ci est conservé quarante ans.

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Estrosi se voyait déjà...

Non content de cumuler la présidence du Conseil Général des Alpes Maritimes et son nouveau siège de maire de Nice, Christian Estrosi envisage de devenir secrétaire général de l'UMP à la place de Patrick Devedjian, comme nous l'apprend le Figaro dans "plus personne ne travaille à l'UMP".

Avec un peut de chance il va aussi briguer la présidence de la CANCA (communauté d'aglo) le 18 avril prochain. Comme ça on est sûr qu'il pourra pleinement s'investir dans ses mandats.

Et ce n'est même pas un poisson :(

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