Voilà près de 5 jours que Nice-matin nous annonce qu'il va publier un sondage sur les intentions de vote dans les Alpes maritimes. Pour ne pas savoir qu'il allait sortir aujourd'hui, il fallait vraiment ne pas le vouloir. Au moins auront-ils amorti la commande auprès de CSA en remplissant chaque jour 1/4 de page.

Comme la plupart des blogs politiques du département, je me fends moi aussi d'un billet sur le sujet (1, 2, 3). Bon les chiffres en eux-même sont ce qu'ils sont, j'y reviendrais plus tard quant à l'intérêt que je leur porte, en revanche l'analyse qu'en fait le journaliste m'a fait bondir (encore diront certains qui suivent).

Tout le monde s'assure de bien préciser qu'un sondage doit être pris avec des pincettes et que ce n'est qu'une photographie à un temps T de l'opinion, et en aucun cas un pronostic. Le journaliste, comme tous ses confères l'a bien rappelé. Et pourtant, durant tout l'article il ne se gène pas pour comparer le résultat du sondage avec le résultat des précédentes élections !! Pas une seule fois ne nous donne-t-il la comparaison de ce sondage avec le même sondage fait à la même période lors des précédentes consultations des citoyens, ce qui aurait été pour le coup une comparaison valide.

Bon, ça c'est la première source de frustration face manque de mise en perspective par le journaliste, et je passe sous silence la crème à reluire pour Sarkozy. Quand on lit les pages politiques de Nice-matin on s'y habitue hélas.

Bon, ensuite il y a les chiffres. Je m'intéresse forcément au score de François Bayrou et je ne comprends pas les variations aussi importantes entre les différents instituts de sondage. En effet, on a un score de 6 pour le CSA, 10 pour IFOP, voir 12 pour d'autre (je n'ai pas retrouvé le lien). Des variations de près de 40% ce n'est pas anodin pour la même question à la même époque. Alors il y a bien sûr ce que les sondeurs appellent pudiquement leur "coefficient de correction" qui modifie les résultats bruts. Ce coefficient tient compte des précédents scrutins et donc, même si l'on pouvait les comparer, les sondages en janvier 2002 et 2007 n'auraient pas le même coefficient de correction. Il n'en reste pas moins que de telles différences, donnent une marge d'erreur comprise entre 20% et 40% et que donc les spéculations sur ces nombres sont très hasardeuses.

J'ai trouvé plus intéressant le sondage qui mesure le potentiel électoral de chacun des candidat, qui exprime le pourcentage d'électeurs qui pourraient, dans l'absolu, voter pour un(e) candidat(e). Bien sûr, ce potentiel ne correspond pas à une intention de vote, par contre son évolution est bien plus révélatrice de l'évolution de l'opinion, hors à plus de 3 mois de l'élection, c'est nettement plus pertinent que des intentions de vote qui pour le moment sont parallèles à l'exposition médiatique.

Pour finir, cassons un peu de sucre sur les trois blogs que j'ai visité qui en cause :

  1. Rudy Salles ne veut même pas entendre parler de ce sondage. Foutez moi ça à la poubelle. Je me suis fait avoir en 95, on ne m'y reprendra plus.
  2. Patrick Allemand s'essaie à en tirer quelque chose. Il s'en sort pas trop mal avec une belle pirouette en appelant le peuple de gauche à se mobiliser.
  3. Eric Ciotti est triste de vacuité. Il est sûrement doué pour quelque chose, mais assurément pas pour écrire. Il ferait mieux de se taire.

(1) Blog de Rudy Salles, président de l'UDF06, député UDF de la 3ème circonscription de Nice, conseiller régional.

(2) Blog de Patrick Allemand, secrétaire du Parti Socialiste des Alpes Maritimes, Vice président conseil régional.

(3) Blog de Eric Ciotti, bras droit de Christian Estrosi, candidat 1ère circonscription de Nice.