Je suis abonné aux newsletters de l'UDF[1], l'UMP, le PS et des Verts[2].

En ce moment, je reçois TOUS les jours, 1 à 2 message du PS et de l'UMP sur la campagne présidentielle. Au début je les lisais pour connaître un peu les propos et les argumentaires, mais je n'y arrive plus. C'est un dénigrement en règle systématique de l'autre camp, une liste de petites phrases assassines, d'affirmations péremptoires concoctée par des pros de la com avec tous les mots clés qui vont bien.

Je ressort de la lecture des ces documents avec le sentiment d'une manipulation. A cela s'ajoutent les articles lachés jour après jour sur le net par les militants et les spin doctors pour essayer de faire fructifier cette merdasse, et sincèrement je suis écoeuré. Les habitués des campagnes électorales m'avaient prévenus, que ça volait souvent très bas, mais ce n'est pas facile de s'y faire.

Cette force de frappe de communication dont disposent l'UMP et le PS est utilisée comme jadis pour taper sans discernement sur l'autre. Les maîtres de la communications ont expliqués que les gens n'avaient plus le temps de lire, donc il faut des titres accrocheurs et des phrases courtes, avec des mots simples. On a pas le temps d'expliquer ! Inutile de relativiser ou de remettre en perspective. Le lecteur ne doit avoir aucun doute, il n'y a qu'une seule vérité. On est les meilleurs et les autres sont des vilains.

N'est-il donc pas possible de mobiliser les sympathisants et militants avec d'autre leviers que l'opposition et le sectarisme ? Les projets politiques sont-ils donc si peu dissemblables qu'ils ne se suffisent pas à eux seuls pour s'affirmer indépendamment ? Les moindres propos des uns et des autres sont-ils forcément soit des paroles d'évangile, soit d'inspiration satanique ?[3]

Je repense souvent à la chanson de Golman, Entre gris clair et gris foncé[4] : dans la vraie vie, celle des vrais gens, ce n'est pas tout blanc ou tout noir comme aimerait nous le faire croire les pros de la com qui veulent nous faire croire que tout est aussi simple que dans les dessins animés ou les BD que l'on regardait enfants.

Je vais vous dire, il y a une chose qui me remonte le moral, c'est quant je vais discuter politique avec des amis ou des anonymes rencontrés dans la rue et qu'ils me rappels à chaque fois que quoique que dise le marketing politique :

  • ce sont les paroles sincères, ancrées dans l'à peu près du quotidien,
  • l'absence de certitude,
  • la prise de recul et la mise en perspective,
  • les références à une idéologie identifiée qui avance à visage découvert,
  • le pragmatisme,

qu'attendent les électeurs. Les mots clés et les effets d'annonce, ils se sont tous fait avoir, mais finissent par rejeter la manipulation. J'ai bon espoir, les citoyens reprennent les choses en main.

Notes

[1] Vu la fréquence, je ne risque pas de me faire mal aux yeux (1 en 6 mois).

[2] Je les cite ici car je reçoit leurs missives, mais ils n'ont pas encore sombré dans ce que dénonce ce billet, en espérant qu'ils continuent.

[3] Vous noterez les références pour un athée comme moi.

[4] Les paroles de la chanson.