Lorsque l'on veut être un bon citoyen, il faut avoir une volonté tenace pour se débarrasser des ses déchets correctement. Il y a quelques années, une grande campagne de sensibilisation au respect de l'environnement avait été lancée pour inviter les automobilistes qui souhaitaient faire leurs vidanges eux même à ne pas libérer leur huile dans la nature. A l'époque, étudiant, le moindre sous étant bon à économisé, je faisais parti de ces gens couchés sous leur carter tous les 7000km. Il n'y avait des récupérateur à huile que sur les ports , et à Nice dans un vallon dont il fallait semble-t-il protéger le cours d'eau. Aucun des abord de ces récupérateurs n'était aménagé, ni en poubelle spécialisées de contenance suffisante, ni avec un sol étanche nettoyable. Les conteneurs débordaient tous les dimanches soir. Les abords étaient alors jonchés de bidons pleins et de papiers ou chiffons.

Face à un problème, la réponse est en général de le supprimer plutôt que de le résoudre. Les conteneurs on été soit supprimés, soient rendus inaccessibles par des clôtures, remplacés par de grands panneaux invitant à se rendre à la déchèterie la plus proche. Il se trouve qu'il a fallu attendre de nombreuses années pour que les autorités commencent à comprendre qu'une déchèterie devaient être ouverte quant les gens veulent y aller et non quant les fonctionnaires ont l'habitude de travailler. Autant dire que la continuité de la campagne de sensibilisation n'a absolument pas été assurée. En l'absence d'infrastructure comment voulez-vous motiver les gens à être de bons citoyens pour des actions qui relève de la bonne volonté ?

Il faudra encore des années pour que se rendre à sa déchèterie ne soit pas un pari. En 3 ans, je suis tombé sur une porte close environ 1 fois sur 3. Tantôt le personnel est malade, tantôt, il y a des travaux, tantôt les conteneurs sont pleins, les horaires diffèrent d'une déchèterie à l'autre, c'est les vacances... Pour me débarrasser de mes déchets verts, ce weekend, j'ai fait 3 déchèteries. On me dit de ne pas les mettre à la poubelle, mais je ne suis pas sûr de passer mes weekend de jardinage à faire des kilomètres (près de 40).

Et là je ne parle que d'accessibilité, mais si l'on parle de ce qui est fait des déchets, je craint qu'il y ait matière à pleurer. J'ai jeté 4 ordinateurs il y a peu. Ils ont été mis avec la ferraille alors que ces matériaux nécessitent un traitement spécifique du fait des métaux précieux et toxiques qui composent les micro circuits. Je serais bien étonné que le ferrailleur qui les emporte aille chercher les petits morceaux écrabouillés au fond de la benne, ou alors c'est du gachi puisqu'il suffirait de disposer d'une benne spécifique.

Que dire des liquides (solvants, peintures, carburants...) pour lesquels aucune solution n'existe pour les particuliers. Essayez de jeter un bidon de vieille essence de tondeuse par exemple, vous verrez ce que l'on vous répondra.

Et pour finir, le personnel des déchèterie, aussi accueillant soit-il n'est visiblement pas très formé ou alors pas suffisamment qualifié. Ils semblent être en punition lorsque vous les rencontrez. Quelqu'un leur a-t-il expliqué la nature de leur service au niveau environnemental ? Ils pourraient être des pré-trieurs pour valoriser les déchets aillant le plus de valeur, avec une prime sur la valorisation de ces déchets. Même si cela n'est pas rentable ce serait assurément une motivation pour que le trie soit fait et les utilisateurs accompagnés et conseillés. En attendant, ils cachent derrière leur guérite les métaux les plus facilement vendables.

Tout ça pour dire qu'il y a encore de quoi faire, et je n'ai qu'égratigné le sujet.