Mais diantre, faut-il donc que l'on nous prenne pour des imbéciles pour qu'ils nous infligent l'un et l'autre du patos, des vieillards affamés, des femmes agressées, des malades qui meurent, des travailleurs qui s'épuisent...

J'ai trépigné pendant ce duel en subissant ces manipulations et l'utilisation à outrance des astuces de communication de l'un et l'autre. Heureusement que c'est ma femme qui avait la zapette. Près d'une heure s'est écoulée avant que cela commence enfin à débattre, pendant une grosse demi-heure avant de revenir à un catalogue de bonnes intentions.

Reconnaissons que Sarkozy était plus à l'aise. Il maîtrise mieux que Ségolène Royal ce type d'exercice et utilise plus subtilement les ficelles. Royal n'a eut le dessus que sur les sujets qu'elle maîtrise, où c'est sur la connaissance du dossier qu'elle a pu s'opposer à Sarkozy. Le reste des sujets, c'est Sarkozy qui dominait largement sur la forme.

Mais la rhétorique de Sarkozy m'exaspère (pour rester poli). Une question sur une lapalissade à laquelle personne ne peut répondre non, une phrase simpliste avec une généralité bien sûr évidente et pour finir une proposition qui ne répond qu'à une toute petite partie de la question qu'il a lui même posé.

Face à lui, madame juste, qui veut tous les mots clés et déborde de générosité irréaliste. Il faut, il n'y a qu'à. Aussi sincère soit-elle, ça ne tient pas la route.

Le risque de ce type de débat c'est que ne reste comme empreinte que la forme et pas le fond, mais comme le fond est démagogique, j'ai perdu mon temps.

Vous savez ce que j'aurais aimé, c'est un débat Bayrou-Voynet pour en sortir enrichi, pour confronter le projet de mon candidat qui s'appuie sur la croissance et celui des Verts sur la décroissance. Un débat entre gens de conviction, sincères. Pas des comédiens qui ne veulent que piéger l'autre.

Ce sera dans une autre campagne, mais d'ici là, le choix reste cornélien pour dimanche.