Voilà bien un titre provocateur pour un démocrate.

En fait c'est une réflexion sur les conséquences de l'affaiblissement du front national qui me conduit à commencer ce billet sur ce ton. Lors de l'élection présidentielle,tous les commentateurs ne se sont pas privé de noter que Nicolas Sarkozy avait siphonné les voix du FN, qui a en moyenne divisé par 2 son score. Dans notre département, les Alpes maritimes, le FN est passé de 29% à 15% avec un report quasi mathématique sur Sarkozy.

Il est cependant une différence colossale entre Sarkozy et Le Pen : l'un dispose, peut disposer, d'une majorité et appliquer ses projets, l'autre n'en a pas ne pourra jamais en avoir une. Ce qui veut dire que même si Sarkozy n'a repris à son compte que quelques propositions ou thématiques du FN, il est en mesure de les mettre en oeuvre, ce qui est beaucoup plus dangereux que des propositions nauséabondes qui ne sortent pas du domaine du discours.

Et là je ne parle que de la mise en oeuvre, mais il faudrait aussi parler de la contamination des esprits. Les projets de société s'appuyant sur le sectarisme, le rejet de l'autre, la peur... sont clairement identifié comme nuisible lorsqu'il sont portés par le FN. A partir du moment où c'est l'UMP qui les porte, et à fortiori le président issu de ses rangs qui en fait son projet présidentiel, elles deviennent fréquentables. Le mot est laché. Les électeurs dit de droite ne trouveront plus scandaleux l'intitulé du ministère de Brice Hortefeux : ministre de l'Immigration de l'Intégration, de l'Identité nationale et du co-développement.