Contrairement à LO ou le FN, le MoDem est un parti qui a vocation à être un parti politique participant à la gouvernance, à être au pouvoir. Le rôle d'imbrobateur dans lequel se retrouve Bayrou et la plus part des têtes du Mouvement Démocrate ne peut être une fin en soit.

Je voudrais souligner le fait que la priorité des priorité pour le MoDem est aujourd'hui de disposer d'élus dans le paysage politique français. On pourrais même aller jusqu'à dire "à tout prix". Non pas dans des alliances improbables, mais bien chaque fois que c'est possible. Le tissus d'élus de l'UDF a méticuleusement été détricoté par l'UMP qui les a soit absorbés soit écrasés. Le MoDem qui se construit avec une majorité de nouveaux venus en politique, n'est pas en mesure de disposer d'un tel maillage territorial. C'est pourquoi, après les législatives qui ont permis d'assurer le financement du MoDem, la priorité est donc d'avoir un maximum de conseillers municipaux et conseillers généraux.

Sauf que personne ne le dit ou ne l'explique sur les ondes. On entend les candidats et élus des autres partis, comme les journalistes, expliquer que le MoDem est incompréhensible car il s'allie tantôt à gauche, tantôt à droite. Tous cherchent une cohérence idéologique là où il n'y a que pragmatisme : le projet politique du MoDem comporte des zones de recouvrement avec les projets de l'UMP, du PS, des Verts et des autres partis traditionnellement placés au centre de l'échiquier politique (PRG, MEI, PRV...). Si un candidat de l'UMP ou du PS tient la route, il y a forcément des éléments programatiques commun avec ceux du MoDem. La question n'est donc plus idéologique ou programatique, mais bien comptable : combien d'élus ?

Il en va de la survie du MoDem et du projet de société qu'il défend. Car un ou une élu est nécessaire pour un parti, c'est même la raison d'être d'un parti politique.

  • Un élus donne de la visibilité au parti dans sa commune et dans les médias,
  • Il a accès aux dossiers de la collectivité dans laquelle il est élu,
  • Il peut porter des projets ou contre-projets,
  • Il se forme politiquement ou techniquement pour demain participer à la conduite des affaires de la collectivité.
  • Il est le relais des électeurs qui lui ont fait confiance, moyen d'en acquérir d'autres.

Pour tout cela, il est vital que le MoDem dispose d'élus. Que cesse cette hypocrisie sur le manque de clarté du MoDem qui devrait choisir entre gauche et droite. Sortir du clivage gauche/droite fait partie de l'identité du MoDem. UMP et PS se plaisent à tout moment a vouloir l'y faire re-rentrer. Il est heureux que Bayrou ait refusé "d'être le petit doigt sur la couture du pantalon devant les uns ou devant les autres".