Parti central ?

La pari était ambitieux, être le faiseur de rois de ces élections municipales, être si incontournable que les nouvelles têtes du MoDem, sans implantation ni expérience politique, récolteraient des sièges pour reconstituer un réseau d'élus sur tout le territoire.

Même si là où il était présent le MoDem fait un score honorable, près de 15% de moyenne, cela reste insuffisant pour transformer cette élection en victoire pour le MoDem. Le ni gauche, ni droite qui aurait du avoir encore plus de sens aux municipales qu'à n'importe quelle autres des 2 précédentes élections que vient de vivre le MoDem, n'a pas fait écho cette fois-ci.

Enracinement

Les citoyens ont d'abord voter pour leur maire plus que pour des partis. Il suffit de voir le nombre de personnalités et d'élus qui ont fait de très belle campagnes ou ont remporté l'élection en n'ayant pas d'étiquette. C'est assurément la présence sur le terrain, la notoriété personnelle des têtes de liste qui auront déterminé le résultat. A se demander si le projet défendu a un quelconque intérêt, vu que sur les enjeux locaux, la différence entre les liste est souvent ténue.

Contradictoire

A ce petit jeu là il est clair qu'un parti sans personnalité est clairement handicapé. C'est ce que tous les militants répètent à qui mieux, mieux. Mais ce n'est pas une raison suffisante. Marielle de Sarnez et François Bayrou ont bénéficié d'une couverture médiatique conséquente et pourtant cela n'aura pas suffit pour égaler le score de la présidentielle pour l'une, et l'emporter pour l'autre. Quant ont participe au jeu, il faut soit respecter la règle et être le meilleur, soit prendre à contre pied pour prendre l'adversaire par surprise. A ménager la chèvre et le choux on a perdu les deux :

  • Dénoncer le bipartisme mais en communiquant sur des alliances soit d'un côté, soit de l'autre, on tue le message de rejet du bipartisme. Car ce n'est pas la gauche ou la droite, le PS ou l'UMP avec lesquel le MoDem a fait alliance dans de nombreuses villes, ce sont des manières de faire de la politique, des personnalités compétentes plutôt que des appareils. Du moins cela aurait du être...
  • Investir des candidats avec 3 mois de retard aura réduit considérablement leur visibilité et celle du MoDem.
  • Mélanger élection interne et externe n'a pas contribué à l'organisation des forces militantes, ni à leur cohésion.
  • Bayrou candidat à Pau n'a pas facilité le support des troupes et certainement pas la diffusion du message contre le cumul des mandats, surtout que l'on se demande comment il aurait fait pour s'investir à la foi dans le parti en construction et dans la ville.
Localement

Pour ce qui est des Alpes maritimes, ces élections ont soufflé le chaud et le froid :

  • La déconvenue à Nice avec un score à la municipale très nettement inférieur à la moyenne des cantonales. L'analyse de ce scrutin très spécifique n'est certe pas facile, mais sans trop s'avancer on peut parler d'une absence totale de visibilité.
  • Quelques ratés dans des accords sur certaines communes.
  • La réussite des équipes implantées durant les législatives qui ont transformées les essais aux municipales et cantonales améliorant sensiblement les scores des législatives.
  • Plusieurs conseillers municipaux sur le département, qui deviennent les acteurs et animateurs des équipes qui les ont soutenues.
  • La constitution d'un vivier de militants expérimentés et d'équipes de terrain, qui à défaut d'être élus seront présents comme citoyens engagés et comme références pour d'autres scrutins.

Donc des résultats en demi teinte mais satisfaisants à condition d'en tirer les enseignements. Nous sommes plusieurs dès à présent à essayer d'en faire les analyses, tant humaines que comptables. A suivre.

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