La réaction exacerbée de François Bayrou lors des derniers jours de la campagnes pour les européennes au sujet des sondages m'interpelle. Il s'est essayé encore une fois à la victimisation. Cela a fonctionné lors de la campagne présidentielles, mais cette fois-ci, il s'est planté. Il expliquait que les sondages étaient manipulés pour provoqué artificiellement des mouvements d'opinion.

En effet, les sondages qui nous sont proposés par les instituts, annoncent des marges d'erreur estimées à 3%. Ce qui veut dire que les demi point de variation dans un sens ou dans l'autre sur lesquels les journalistes bâtissent des chroniques et des spéculations sont totalement du ressort de la correction appliquée par l'institut de sondage.

Il est donc possible,de créer artificiellement des tendances haussières ou descendantes tout en restant dans la marge d'erreur, sachant que les média ne s'encombrent pas de la marge d'erreur, ni même la majorité de leurs lecteurs, auditeurs ou spectateurs. C'est de cette "manipulation" que Bayrou voulait parler, soupçonnant que, comme pour la présidentielle avec son propre score, les intentions de vote pour le MoDem auraient d'abord été surévaluées pour ensuite être décrites à la baisse pendant plusieurs jours, permettant aux média de marteler une baisse des intentions de vote. La répétition médiatique, influençant les sondages, les sondages influençant les électeurs[1]

François Bayrou s'est excusé auprès des instituts de sondage de les avoir mis en doute avec autant de virulence. Mais ne nous leurrons pas, les sondages sont une arme pour manipuler l'opinion. Elle n'a peut être pas été utilisée cette fois-ci, mais elle le sera...

A lire pour compléter : Sondages et trucages : Opinion Way.

Notes

[1] Ce n'est pas quantifiable, mais le vote se détermine aussi par rapport au vote des autres, donc aux pronostiques des sondages.Nous sommes, et c'est humain, assez moutonniés.