Dans l'engagement politique il y a une constante : soit choisir le pragmatisme qui veut qu'il faut être au pouvoir pour changer les choses, et donc qu'il faut y arriver, soit choisir les idées et l'idéologie qui permet de rester un pur, mais rarement d'être en situation de les appliquer.

L'adhérent à un parti politique commence par le second choix, l'élu est dans le premier, et le militant se ballade entre les deux.

Ce qui fait l'intérêt du personnage de Daniel Cohn-Bendit, c'est qu'il s'exprime ouvertement sur ces interrogations de militant, et surtout qu'il est en capacité aujourd'hui, avec son aura médiatique et Europe Ecologie, d'imposer à tous les militants de discuter en toute lumière de ce perpétuel choix entre le pragmatisme et l'idéologie, comme l'illustre les questionnements de Jef sur son blog.

Il a proposé aux écologiste de son mouvement de ne pas présenter de candidat en échange d'un accord avec le PS pour 50 circonscriptions qui leur seraient réservé, dont les 2/3 gagnables. Cela ressemble à de la tambouille électorale, mais c'est mettre sur les table des pratiques qui existent depuis toujours. Il a un objectif : obtenir suffisamment d'élus pour faire le poid à l'assemblée nationale, et ne plus être à la remorque du PS ou du PC pour y exister.

En effet DCB pose la vraie question : soit avoir des élus en suffisamment grand nombre, susceptibles de faire le pivot d'une majorité et donc d'être en capacité de faire plier un gouvernement, soit être porteur d'idée devant les électeurs, mais sans autre moyen de pression. En somme, le pragmatisme contre l'idéologie.

Il y a cependant un bémol dans la proposition de DCB, c'est que, encore une fois, l'écologie politique est forcément rattachée à la gauche de l'échiquier politique. Quant est-ce que l'on sort du bipartisme ?