Je voudrais vous narrer un exemple de la manière absurde dont nous sommes gouverné. C'est un micro exemple, mais si on imagine que c'est la même chose pour des décisions graves, cela fait froid dans le dos.

En septembre ce cette année, le gouvernement annonce que le plan de rigueur va taxer les riches. Si, si, ils l'ont annoncé: les nuits de chambre d'hôtel à plus de 200€ vont voir leur taux de TVA augmenter de 2%. Ça fait bien dans les journaux télévisés. Donc à partir du 1er novembre 2011, les vilains riches allaient contribuer à hauteur de 100 millions au plan de rigueur[1].

Tout le monde ne le sait pas, mais je travail chez un éditeur de logiciel pour le tourisme. Donc forcement c'est le genre de décision gouvernementale qui concerne la boite dans laquelle je travaille et ses clients (ceux qui gèrent des hôtels). Réunions, analyse des modifications de code dans le programme, conséquences... avec en toile de fond la question de qui paye cette modification. Au final, le logiciel permet sans modification de gérer ce cas, mais nécessite du boulot de paramétrage pour nos clients, que les plus consciencieux font[2].

On apprend alors, fin novembre, 1 mois après la date d'application de cette extraordinaire mesure de solidarité, que finalement elle est abrogée dans la loi rectificative de finance. Et maintenant, amusez vous bien les comptables pour gérer ces 30 jours dans le bilan de fin d'années, éclatez-vous bien les parametreurs pour revenir en arrière, car bien entendu, dès que quelque chose est facturé, légalement on a plus le droit d'y toucher.

Si c'est comme ça que l'on veut rassurer les marchés financiers, il vaudrait mieux s'abstenir, parce que l'insécurité fiscale n'a jamais été un élément de motivation. A moins que ce soit pour faire plaisir à Estrosi qui s'est démené pour défendre le lobby hôtelier de la Côte d'Azur. Ou alors, encore plus cyniquement, était-ce prévus dès le début, afin de profiter de l'effet d'annonce au 20h de TF1, en espérant que le retrait passerait inaperçu. Allez savoir.

Notes

[1] On arrête de se gausser dans le fond !

[2] Certains décident de ne rien changer, au milieu de la saison et changeront plus tard. La comptabilité permet de faire des écritures rectificatives parait-il.