Lorsqu'il se promène dans la rue pour aller faire ses courses, il peut apprécier l’efficacité de son action, la peur et la police sont partout. Lorsqu'il écoute la radio ou regarde la télé, il peut savourer sa notoriété anonyme. Ils lui ont tous donné raison de son geste. Le fou furieux est récompensé. On ne parle que de lui et il a réussi à changer la vie des autres. A leur faire passer un message.

Et nos élites et média se sont engouffrés dans la manipulation auto alimentée les uns par les autres à force de surenchère émotionnelle.

Le président candidat doit se régaler, il a eut, comme Chirac en 2002, son forcené, sa tuerie inqualifiable, son plan d'action sécuritaire, ses images d'hommes en bleu partout. Les autres peuvent jouer de leur larmes de crocodile en examinant à la loupe les conséquences électorales, en avançant leurs pions sur l'échiquier émotionnel et médiatique pour ne pas perdre de terrain. Demain on nous dira que le dément a tué pour telle ou telle raison, les "analystes" spéculent déjà sur quelle version est la plus bénéfique à l'un ou à l'autre, et la campagne de cours de récréation pourra reprendre de plus belle.

Nous ne serions pas en période électorale, nous penserions juste aux familles, comme n'importe quel parent, conjoint ou ami qui éprouve de l'empathie...