Cedric AugustinMa fille, qui a changé de région pour ses études, est revenue l'autre jour en train. Je suis allé la chercher en 2 roues et nous sommes revenus depuis Antibes par le bord de mer. Elle m'a dit à un feu rouge "je n'avais jamais réalisé que la mer avait une odeur".

C'est souvent quand on a plus quelque chose que l'on réalise qu'il était aussi présent dans notre vie.

J'ai changé de métier, j'ai changé de rythme, j'ai changé de sources d'emmerdes, j'ai changé de types de défis à surmonter, j'ai changé de petits tracas du quotidien, j'ai changé de train de vie... du coup j'ai changé aussi. Mon regard sur la société a évolué, ma relation aux autres s’enrichit de nouvelles facettes, mes priorités ne sont plus les mêmes, ma santé est meilleur, je suis encore plus amoureux de ma femme, je suis plus confiant dans la réussite de mes enfants et la mienne.

Non de non ! Oui, je suis mieux dans mes pompes !

Mon précédent métier, que j'ai pourtant vraiment adoré, m'était devenu toxique. Chaque jour je prenais une dose nocive avec effet cumulatif. Pas un truc qui rend malade d'un coup, non, juste une micro dose, juste en dessous du seuil de perception, et de temps en temps ça dépassait le seuil de tolérance, alors il y avait une crise ou de salutaires congés. Aujourd'hui qu'il n'est plus présent dans ma vie, j'en prend pleinement conscience, mais quand j'étais dedans, cela m'a pris des années pour m'en rendre compte. Vous connaissez l'histoire de la grenouille dans la casserole qui ne se rend pas compte que la température monte progressivement et finie ébouillantée. C'est ce qui m'est arrivé.

Honnêtement je ne pense pas que ce soit facile de se rendre compte que la température de l'eau monte, que son job devient toxique. Il faut un évènement qui chamboule la vie pour en prendre conscience. Un changement de casserole ou de job est un moyen. La crise sanitaire a semble-t-il été un révélateurs pour beaucoup de personnes.

Sans aller jusqu'au changement de métier, j'en viens à penser que changer de job tous les 5 ou 7 ans, quand on peut, est probablement le meilleur moyen de se prémunir contre les effets toxiques progressifs et cumulatifs d'un cadre professionnel.