Attractivité du métier de prof

Voilà un tweet écrit il y a quelques temps, à l'époque où on appelait encore Twitter comme ça, car X ça faisait porno:

Rentrée scolaire sur fond de pénurie d’enseignants dans le Bade-Wurtemberg, ce n'est pas la seule région allemande à avoir ce problème. L'arrivée de nombreux réfugiés ukrainiens aggrave le problème. Tweet dédié à ceux qui pensent qu'en augmentant les salaires et en diminuant le nombre d'élèves par classe, on résoudra le problème de recrutement en France. Le manque d'attractivité du métier dépasse les frontières.

La situation n'a pas changée, en dépit des augmentations substantielles des salaires d'embauche des enseignants qui sont passé de 1600 à 2000€, il y a toujours moins de reçus au concours de recrutement d'enseignant qu'il n'y a de postes à pourvoir. L'Éducation Nationale continue de gérer la pénurie dans certaines académies éternellement déficitaires qui aspirent tous les reçus des autres académies. Et quand on gère la pénurie, forcément les choses ne se font pas dans la dentelle, sabotant les recrutements.

Il y a des tabous qui empêchent d'imaginer des solutions originales[1]. Aujourd'hui, un nombre conséquent de personnes attirées par le métier d'enseignant, refusent de passer le concours pour ne pas être affectés à l'autre bout de la France, et acceptent des postes de contractuels, moins bien payés que les titulaires, et précaires. Ces enseignants qui ne suivent pas les formations et ne préparent pas le concours, sont donc prêt à être payés moins afin de pouvoir choisir leur académie. Pourquoi ne pas accepter cette situation, avec des primes dans les académies déficitaires, et des primes négatives pour ceux qui refusent le mouvement[2].

L'intérêt c'est que les postes de contractuels pourraient redevenir ce qu'ils n'auraient jamais du cessé d'être, des recrutements temporaires, en attendant de passer le concours et pas des CDI qui permettent de contourner le fonctionnement normal. C'est aussi un bon moyen de réintégrer tout le monde dans les formations, car il est un peu choquant que des personnes enseignent sans jamais avoir reçu la moindre formation pour faire ce métier.

Il y a un autre truc que je trouve mal fichu, ce sont les emplois du temps rigides sur toute l'année. Pourquoi ne pas avoir des périodes plus ou moins denses, afin de permettre des variations de rythme pour s'investir dans d'autres choses, comme des formations universitaires, des stages ou partenariats en entreprise, des projets transversaux avec d'autres administrations, des expérimentations... On pourrait aussi imaginer qu'un enseignant devrait pouvoir travailler 3 mois avec certains élèves puis 6 avec d'autres, pourquoi forcément toute l'année. Il n'y a rien qui ne l'empêche normalement, tous les outils sont là, mais toutes l'institution s'impose des rigidités.

Je balance des idées en vrac comme ça, tout en sachant que c'est extrêmement compliqué d'avoir une Éducation Nationale, par définition la même dans toute la France, et des besoins spécifiques ou locaux. En plus, même s'il est parfois possible de faire des expérimentations, elles doivent se faire à ressources constantes (budget, humain, matériel), ce qui limite rapidement les possibles. Bref, c'est facile de critiquer, mais pas de trouver des solutions.

Notes

[1] Certains syndicats enseignant sont tellement rigides sur des principes obsolètes, que l'on se demande si leurs adhérents ont abandonnés la craie et la blouse.

[2] La roulette qui détermine l'académie dans laquelle va atterrir tout nouvel enseignant.

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