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dimanche 23 décembre 2012

Bibliothécaire et journaliste de liens

Dans sa série Fondation, l'auteur de science fiction Isaac Asimov met au cœur de l'intrigue le savoir et son accessibilité. Dans un des tome, on croise des bibliothécaires un peu particulier. Ils sont des constructeurs de réseau d'information. A une question donnée, ils fabriquent un réseau de réponses interconnectées dans lequel celui qui a posé la question déambule à la recherche d'une ou plusieurs réponses. Ce maillage de sujet dans lequel on se déplace ressemble comme 2 gouttes d'eau au web d'aujourd'hui[1].

Au delà de la vision de l'auteur, ce qui est intéressant dans cette approche, est le rôle des bibliothécaires. Contrairement à notre web d'aujourd'hui où l'information s'organise selon des algorithmes aux priorités commerciales pas toujours transparentes, dans l'imaginaire d'Asimov, c'est le cerveau humain qui construit un réseau de connaissance, et le cerveau humain qui le parcours pour en extraire une réponse. Les bibliothécaires créent un extrait de la connaissance, ou plutôt si on voulait actualiser le concept, un ensemble de chemins privilégiés dans l'ensemble de la connaissance. Ils structures, indexent et connectent de l'information. Au lecteur de ce réseau, de le parcourir pour y établir de nouvelles structures et aboutir à de nouvelles informations.

Ceci s'apparente en fait à pas mal de choses existantes aujourd'hui:

  • Les moteurs de recherche spécialisés.
  • Les agrégateurs de flux d'information.
  • Les outils de veilles.

Avec une très grosse différence, c'est que tous ces outils ne sont que des méta moteur de recherche, juste un moyen de réduire le nombre de résultats d'une recherche, mais qu'ils inventent rarement de l'information. Cela reste des liste de résultats construites par des machines et des programmes informatiques.

Le rôle d'indexeur et de connecteur que les bibliothécaires peuvent avoir, est aujourd'hui assuré pour parti par une forme de journalisme, le journalisme de liens, qui s'apparente à une revue de liens, que les blogueurs font naturellement lorsqu'ils rédigent des billets référençant d'autres sources d'information. Cette tache d'enrichissement de l'information assuré par quelques journalistes ou blogueurs existe donc bien aujourd'hui.

Cependant, la principale différence entre les blogo-journalistes et les bibliothécaires réside dans le paramètre temps. En effet, les blogs comme les journalistes utilisent une échelle de temps très courte, avec des informations et des liens qui se périment assez vite. Les bibliothécaires, eux travaillent dans la durée, sur du matériel pérenne (du moins en théorie) et surtout difficilement monnayable. Que voilà un beau métier d'avenir, mais assurément difficile !

Articles passionnants m'ayant inspirés ce billet :

Note

[1] Il faut se rappeler que le cycle de roman Fondation a été écrit des décennies avant l'avènement du web, à une époque où le papier était encore la source de conservation du savoir.

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dimanche 7 octobre 2012

Pour un peu, elles s'en sortaient

"Dépêche toi Josépha, nous devons sortir de ce tunnel avant que le sort d'endormissement du dragon ne se dissipe."

Ranta et Josépha couraient au milieu des restes des repas du dragon, éclairées juste par la petite lueur d'une minuscule lampe de cérémonie que Ranta avait dérobé sur l’autel du temple des adorateurs du dragon, juste avant d'entrer dans le repaire du monstre. Elle trébucha sur un squelette et s'étala de tout son long sur le chemin glissant, soufflant la mèche de la lanterne. Ce n'était déjà pas facile de sortir de ce tunnel avec une lampe, alors dans l'absolue obscurité qui les entourait, leurs chances d'en réchapper s'amenuisaient grandement.

Josépha se rappela soudain des allumettes magiques que lui avait donné la prêtresse elfe. Elle fouilla dans sa poche et en sorti une petite boite rectangulaire. Saisissant une des précieuses allumette, elle invoqua le sort de lumière. Une lumière bleutée jaillit soudain de sa main. Au fur et a mesure que la flamme chauffait, elle devenait de plus en plus jaune, puis blanche. Au bout d'un instant qui paru une éternité, la flamme magique fut assez chaude pour rallumer la petite lanterne. Elle mis fin au sort qui consommait beaucoup de son énergie vitale. Au moment de remettre l’allumette dans sa boite, cette dernière se renversa. Josépha se précipita sur les allumettes magiques qui jonchaient le sol pour les remettre à leur place en sécurité dans la petite boite.

"Vite Josépha, le sort ne va pas tenir plus longtemps."
"Je... je n'y arrive pas"
"Hein, que se passe-t-il ?"
"Je n'arrive pas à les remettre dans la boite."
"Mais elles tenaient toutes dedans avant ?"
"Oui, mais je n'y arrive pas" disait-elle attrapant les allumettes à pleine main et en les jetant avec de la terre dans la boite.

Un souffle chaud et pestilentiel arrivait vers eux depuis une des extrémité du tunnel. Ranta s'agenouilla pour ramasser les allumettes magique mais Josépha l'écarta en continuant d'essayer sans succès d'enfourner les allumettes dans la minuscule boite.

Le dragon n'en fit qu'une bouchée.

  • Mais elle est stupide cette histoire. On a jamais vu quelqu'un se faire bouffer par un dragon parce qu'il n'arrive pas à remettre quelques allumettes dans une boite.
  • On a même jamais vu personne se faire bouffer par un dragon en fait.
  • Certes, mais il y a des règles dans une histoire, les héros soit deviennent amis avec le dragon, soit lui échappent, soit lui font sa fête, sinon ce n'est pas une histoire de dragon.
  • Et pourquoi ne pas arriver à mettre une allumette dans une boîte est moins réaliste que de louper un sort ?
  • Mais n'importe qui est capable de mettre des allumettes dans une boite, il suffit de les ranger toutes parallèles.
  • Ça doit être plus compliqué que tu ne le dis, vu comme tu as du mal à remplir le lave vaisselle ou à ranger tes vêtements dans ton placard.
  • Arg, traître !

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jeudi 4 octobre 2012

Festival du livre et livre libre

Comme l'information est passée dans un commentaire technique, je la remet en avant dans un billet. Lors du 25ème festival du livre de Mouans Sartoux, l'association Linux Azur rappel divers ateliers autours du livre libre:

Vendredi 5 Octobre 16:00 - Samedi 6 Octobre 17:30, au "Café Beaux livres" – Espace B du festival du livre de Mouans-Sartoux

Les conférences‐ateliers auront lieu à l’espace Beaux Livres (entrée près de l’accueil du festival), à 16 h et 17 h 30 respectivement, et seront relayées par un stand Linux Azur en zone « Associations ».

Vendredi 5 octobre, 16:00

Simon Giraudot, auteur de geektionnerd.net: "Je suis auteur BD, j'ai fait le choix du Libre et je ne le regrette pas !", conférence-atelier avec démonstration Inkscape.

Samedi 6 octobre, 17:30

Alexis Kauffman, "La fabuleuse histoire d’un livre Libre", l'aventure de Framabook au travers du choix des licences, des outils... Étude de cas à partir du travail de Christophe Masutti.

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jeudi 13 septembre 2012

Ecrire, un besoin...

clavardage.jpgJe commence à comprendre ce que veulent dire tous les écrivains qui répondent à la question de comment commencer à écrire: "ne vous posez pas de question, écrivez". En ce moment j'ai envie de raconter des histoires. Pas d'être pertinent ou impertinent, juste écrire des histoires. Elles me viennent à n'importe quel moment de la journée, parfois même en anglais quant je viens de regarder un film en VO.

Commenter l'actualité comme je le fait habituellement sur ce blog, nécessite d'entrer dans l'univers de l'autre pour en offrir une lecture. Cela nécessite aussi de se documenter pour ne pas raconter trop de conneries. Ce que j'ai envie, c'est de rester, un peu, dans mon univers onirique. Ne pas avoir à me soucier de la cohérence autre que celle de mon univers[1].

Alors j'écris, comme je le dis à chaque nouvel an, et que vous n'en voyez pas grand chose ici. En ce moment je m’essaie à l'écriture de chansons. J'en ai 3 ou 4, inchantables mais qui le deviendront peut être un jour. J'ai aussi avancé sur ma nouvelle de science fiction, je pourrais bientôt publier ici quelques chapitres.

Voilà, je n'abandonne pas ce blog, ni ses lecteurs, je fais fait juste autre chose, qui ne se partage pas de la même manière.

Note

[1] Car il faut de la cohérence pour partager quelque chose, sinon c'est du délire, et il n'y a que les très très grand génies qui arrivent à le partager.

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lundi 14 mai 2012

J'suis plus étanche

J'suis plus étanche
Ya les neurones qui collent plus
L'café me fait plus d'effet
Va falloir changer de dope
Pour continuer à fonctionner

Comme un marin sur la planche
Condamné, le sabre sur la nuque
Le dernier pas avant de sombrer
Tic tac, le crocro marque le tempo
L'temps s'étiole avant de m'abandonner

Jm'effondre en tranches
Les morceaux s'éparpillent partout
Se répandant en 1000 piécettes
Jonchant le sol d'improbables scories
Bientôt ne restent plus
Que des auréoles rouillées

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lundi 26 mars 2012

Phrase du jour

"Writing is thinking. To write well is to think clearly. That's why it's so hard." David Mc CULLOUGH

Écrire c'est réfléchir. Pour bien écrire, il faut penser clairement. C'est pour cela que c'est si difficile.

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vendredi 20 août 2010

Le web serait mort

clavardage.jpgCelait fait un moment que l'on entend cette affirmation selon laquelle les blogs sont en train de mourir et avec eux, une certaine idée de l'utilisation de l'internet[1] que les blogs incarnaient, aboutissement d'une évolution du "web" ou "World Wide Web" dit dans la langue de molière "la toile", au sens réseaux de pages HTML reliées entre elles par des liens.

Rue89 propose une article qui commente l'assertion d'après, à savoir la mort du web au profit des applications sur internet : « Le Web est mort » ? Bizarre, son cadavre bouge encore.

Pour ma part je n'arrive pas à adhérer à cette assertion. C'est le même genre de propos que ceux qui disaient que le livre serait tué par le cinéma, ou l'écriture manuscrite par la machine à écrire. Les applications qui s'appuient sur internet, ne remplacent que certains usages du web, usages issus d'un détournement de la fonction initiale du web pour répondre à des frustrations des créateurs ou des internautes face à des outils immatures, incompatibles entre eux, verrouillés par des éditeurs qui ne voyaient que leurs intérêts et pas ceux de leurs utilisateurs. Le web et sa technologie l'HTML, grâce à son universalité et son indépendance vis à vis des éditeurs, a été la solution provisoire de développement d'outils qui auraient depuis toujours dus être créés avec des application et pas des pages web.

Le web redevient ce qu'il était au début, un réseau de page HTML, avec du textes et des images et le plus important, des liens vers d'autres pages. Il n'existe aucun autre outil qui le fait aussi bien et ce n'est pas prêt de changer.

  • Les textes qui naitrons pour les e-book par exemple, sont conçu pour être déconnecté du réseau, et par là même, devront être organisés autrement. Le lien n'aura pas le même sens que sur le web, même si techniquement cela se ressemble. Lorsque l'e-book est connecté au réseau, il n'est plus qu'un navigateur web, on est revenu au web, mais ce n'est pas ça qui présente un intérêt dans les tablettes.
  • Les applications de réseau social remplacent une part de ce que les commentaires des blogs se sont vu déléguer le rôle, faute de mieux.
  • Les flux RSS restent des point d'entrée vers le web; Que ce soit une application ou un navigateur qui les gère, ne change rien au fait que cela aboutis à des page web.
  • ...

Au final, comme cela s'est fait dans les années 90 dans les entreprises qui se sont recentrées sur leur cœur de métier au lieu de se diversifier, le net fournis maintenant de plus en plus d'outils spécialisés, comme à ses débuts d'aileurs, après une transition dans l'idée du navigateur web, outil universel. La grosse différence avec les tous début du net, c'est que ces différents outils utilisent aujourd'hui tous le même protocole (HTTP) et le plus important communiquent tous entre eux.

Notes

[1] Internet au sens réseau, support technique.

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mercredi 21 juillet 2010

Et si tu ne bloguais plus, tu ferais quoi ?

Me voilà pris dans une chaine que relai FrédéricLN : Et si tu ne bloguais plus, tu ferais quoi ?

Comme la plus part, je ne me suis pas posé la question, mais je pense que les congés qui approchent vont me donner les moyen d'essayer de développer la réponse, car je risque d'être loin d'une connexion internet pour pas mal de temps.

Si ce blog n'était pas là, je voudrais essayer de bâtir quelque chose. Le mot œuvre me fait un peu peur car ce serait prétentieux mais c'est un peu l'idée. J'ai toujours rêvé du temps où j'étais étudiant, de faire une thèse. Prendre un sujet et aller au fond, l'explorer et le retourner dans tous les sens pour en faire émerger quelque chose. Le blog est l'antinomie de la thèse, car il est une expression du présent là ou la thèse plonge profondément dans le passé pour proposer une piste dans le futur.

Je me dis qu'à défaut de thèse, j'essaierai peut être d'écrire une histoire, idéalement déconnectée de l'actualité, une construction intellectuelle intemporelle, comme une nouvelle de science fiction ou un scénario de BD. J'emporte mon ordinateur à cette fin durant mes prochains congés.

Dans le même genre d'idée, j'avais aussi imaginé la création d'un programme informatique, et comme par hasard, ce programme aurait pu être l'outil pour la création du livre numérique de demain.

Bref, cela reste des projets autour de l'écriture, car depuis que j'ai découvert avec ce blog ce que ça apportait, je ne souhaite qu'une chose, trouver le temps d'écrire.

Je passe le relai de cette chaine à Fabien, Aliocha et Toréador

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mercredi 31 octobre 2007

La flamme et le papillon

Devenir un personnage publique, quelqu'un qui est écouté, auquel l'on fait référence, avoir sa tête qui dépasse un tout petit peu de la foule, exister un petit peu plus. C'est un des moteur, pas le seul heureusement, de certains militants, de certains candidats, de certains élus.

Qu'il est amusant de jeter un oeil distrait au ballet des personnalités lors de manifestations publiques, les places réservées, les passes droit, les primeurs, l'ordre de passage au micro, la place sur l'estrade, la tenue de circonstance, la présence sur la photo, les remerciements imposés...

Qu'il est amusant d'observer à la dérobade ces messieurs et mesdames tout le monde dans un groupe qui soudain ont un auditoire, des regards posés sur eux, leur idée qui est écoutée, la sensation de peser sur le débat. La griserie d'exister un peu plus. Un instant. Le temps d'une poignée de main, d'un flash ou d'une phrase au micro. L'affirmation de sa propre importance, comme si elle avait besoin d'être confirmée, comme si elle n'existait pas de retour à la maison, de retour au boulot.

Qu'il est amusant de parcourir ces blogs égocentriques, remplis de je et de nous qui étalent des opinions en attendant d'hypothétiques lecteurs supposés leur donner de l'importance, quelques miettes de notoriété dans le monde virtuel à défaut de monde réel.

En fait non ce n'est pas amusant, c'est juste humain. La politique et ses réunions, ses débats participatifs, ses forums ou ses blogs sur internet, ses élections précédées par la cohortes d'oreilles soudain attentives, sont autant de flammes dans la grisaille qui attirent tous ces papillons qui veulent croire que l'on va les respecter, les entendre. Ces gens qui espèrent et ont la foi dans ces valeurs de la chose publique.

Hélas combien se sont roussis les ailes et ne veulent plus y revenir ? Combien ont été écoutés mais pas entendus, considérés mais pas respectés ?

Les militants, ceux qui durent, sont de drôles de papillons, qui volent juste à la limite, pour ressentir la chaleur sans se faire happer dans les turbulences de la flamme, qui veulent changer les choses, mais par petites touches, persévérantes, avec le temps. Ils ont compris que la politique brûle et qu'il n'est pas donné à tout le monde de voler au dessus de la flamme, dans les ascendances, sans dommages, surtout sur le long terme.

Une nouvelle belle flamme approche, il va falloir la négocier, trouver le point d'équilibre pour ne pas trop se brûler les ailes...

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