Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler régime sur ce blog qui normalement parle plutôt de citoyenneté. Certes il y a une crise de régime en France, avec nos institutions qui sont malades, mais là je veux parler de boustifaille, d’embonpoint, de ripaille et de pantalon qui ne vont plus.

Depuis des années, mon poids augmente lentement mais sûrement, au détriment de ma santé: quasiment plus d'endurance, transpiration à grosses gouttes au moindre effort, mal de dos, fragilité aux genoux. Au delà de la santé, il y aussi l'estime de soi qui baisse au fur et à mesure que gonfle le reste. Bref il fallait agir.

Première tentative

Il y a quelques temps, je me suis lancé dans le régime Ducan, le truc à la mode en 2011. Ça fonctionne, j'ai perdu les 12 kg que je m'étais fixé comme objectif, mais c'est juste aberrant comme régime. J'en ai repris 16 dans les 3 ans qui ont suivis. Mais je pense, le pire du pire, c'est l'effet psychologique désastreux que ce régime a sur le mental. En effet, en mettant des interdits pendant la durée du régime et mettant en place une alimentation totalement déséquilibrée, on instille une envie profonde de transgression. Lorsque l'objectif est atteint, les aliments interdits ont une telle aura de séduction que l'on est comme attiré, inévitablement vers eux. L'effet balancier est prévisible. Ce régime devrait être interdit pour les gens qui ont un surpoids modéré (ce qui est mon cas).

La phase d'hésitation

Après le désastre du régime Ducan, j'ai longuement hésité. Que faire pour revenir à un poids raisonnable ? Comme dans le même temps j'avais d'autres projets, j'ai laissé le sujet traîner. De toute façon, un régime ne fonctionne que si l'on est motivé. En 2016, j'étais à nouveau prêt à me lancer, mais cette fois ci, je suis allé voir un professionnel, pour partir sur de bonnes bases.

Le médecin nutritionniste

Ce médecin m'a écouté, ausculté et fait faire des analyses complètes pour vérifier si j'avais des problèmes physiologiques susceptibles d'être à la source du surpoids. Dans mon cas, à part un petit peu d’hérédité familiale, rien de spécial. Pour lui, je ne suis pas un patient intéressant, car il n'y a aucun challenge. Une simple modification de l’alimentation devrait suffire. Il m'a expliqué les fondements de ce régime. Donc je me suis lancé.

Le régime que je suis

J'ai cherché sur le net pour trouver quel était le régime qu'il m'a proposé. Grosso-modo, c'est une variante modernisés du régime Montignac, qui essaye de proscrire les aliments à haut indice glycémique. Il réduit en plus le plus possible le gluten. Voici ce que ça donne:

  • Réduction drastique des sucres raffinés. Un peu de sucre rapadour si besoin, sinon des fruits. L'alcool est aussi nocive que du sucre, donc à faibles doses "plaisir".
  • Ne pas manger des protéines avec des féculents: le repas de midi légumes et féculents, le repas du soir, protéines et légume. Bien sûr on peut permuter.
  • Proscrire le maïs et les pomme de terre, ou alors à petite dose et froide (l'indice glycémique des patates est passable lorsqu'elles sont froides).
  • Consommer du riz complet ou des pâtes complètes.
  • Éviter les aliments riches en gluten comme le pain surtout s'il est blanc. Le pain complet c'est passable.
  • Proscrire tous les aliments industriels qui sont systématiquement enrichis en sucre, et gluten et sont réalisé avec des aliments rafinés.
  • Utiliser des huiles riche en Omega 3 (colza, olive), ainsi que des œufs oméga 3.

Voilà. Pas de contrainte sur les quantités. Des exceptions sont possibles si elles restent des exceptions. Le but est d'éviter les pics d'insuline lors des repas qui stimulent le stockage des graisses et qui sont provoqués par les aliments à indice glycémique haut.

Les trucs un peu compliqué sont les suivants:
  • Remplacer le pain au petit déj. J'ai plein de farines complètes de toute sorte pour me faire des pains variés à la machine à pain. J'ai testé les faux pains sans gluten, c'est pas bon et ça marche pas à la machine à pain sans des millions d’ingrédients que l'on a pas normalement dans sa cuisine. Je préfère donc manger moins de pain mais du bon. Je mange donc 2 petit déjeuners sur 3 un porridge d'avoine[1] avec un yaourt. C'est parfait pour ne pas avoir faim et pour varier je rajoute de la pomme, de la poire (fruits de saison), de la banane ou des raisins secs.
  • Pour mon épouse de faire des repas de légumes en hivers (j'ai commencé en automne mon régime) alors que nous sommes dans une démarche de locavor teinté d'un peu de bio, n'est pas pratique et on tourne un peu en rond[2]
  • Résister aux desserts et au viennoiseries est difficile pour moi. Je me venge sur les fruits: pommes, poires, clémentines, oranges. Au printemps et en été c'est beaucoup plus varié.
  • Le grignotage est une de mes faiblesse. J'ai écumé les magasins bio pour me faire des assortiments de graines et fruits sec pour les fringales au bureau. Bien sûr, il n'est pas concevable de se passer de mon carré de chocolat quotidien, mais c'est du bon, du noir et issu du commerce équitable, et ça tombe bien c'est recommandé dans le régime Montignac.
Le premier bilan

C'est génial. J'ai perdu le premier mois 1kg par semaine. Les fêtes de Noël ont un peu plombées les statistiques, et il y a eu un plateau d'environ 3 semaines, mais c'est reparti plus lentement, environ 500g par semaines.

En principe, la courbe de poids doit tendre vers le poids morphologique[3] de manière asymptomatique. Ça c'est la théorie. Dans la pratique, ça dépend de vous. Par exemple pour moi, je me suis stabilisé autour de 85kg après avoir perdu un peu plus de 10 kilo, mais mon poids théorique idéal est de 75kg, poids que je n'ai fait que quand j'étais étudiant.

Et maintenant

Je continue cette hygiène d'alimentation qui n'est pas trop contraignante et qui n'empêche pas de faire un repas hors cadre de temps en temps du moment de se rattraper les jours qui suivent. En plus, en résistant aux desserts, je n'ai pas de problème pour manger à la cantine ou au resto, et je fais même des économie quand je prend une assiette de légumes/féculents.

Je vous invite à lire la méthode Montignac pour bien comprendre la théorie des indices glycémiques. Ses bouquins datent un peu mais la théorie est à la base de toutes les rééducations alimentaires qui marchent. Gardez en tête, que tous les régimes hypocaloriques ou qui déséquilibrent l'alimentation sont TOUS voués à l'échec. La méthode Montignac et toutes ses variantes modernes permettent de manger à sa faim et sans restriction de quantité, ce qui est primordiale pour que ça tienne dans la durée.

Notes

[1] Un volume de flocon d'avoine, un volume de lait, une cuillère à café de sucre et de la cannelle. Au micro-onde 1'40".

[2] On a testé toutes les variétés de choux.

[3] Celui donné par les formules en fonction de la taille et de l'âge.