Citoyens prenez le pouvoir

Politique, logiciel libre et autres digressions de Cédric Augustin - Saint Laurent du Var (Nice Côte d'Azur - France)

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dimanche 29 novembre 2020

De la police et les images de ses fonctionnaires

Je m'interroge sur ce qui ce passe en ce moment avec le mélange liberté d'expression et police. Cela me semble très malsain. Ci-dessous la compilation enrichie d'un fil tweeter sur mes réflexions:

Interdire l'utilisation de vidéo pour nuire aux policiers en tant qu'individus me semble pertinent, car les fonctionnaires qui font leur job n'ont pas à être emmerdés ou mis en danger dans leur vie privée, ni leur famille. La diffusion sur les réseaux sociaux ou les médias doit être vigilante à ne pas confondre individu et fonction, d'où la logique de demander le floutage, lors de la diffusion, comme cela se fait pour les mineurs. La question est bien sûr la même pour les autres fonctionnaires, mais c'est souvent beaucoup moins grave (enfin en théorie, car il y a bien un prof qui a été assassiné).

Par contre le corollaire de cette protection de l'individu fonctionnaire, qui représente l'institution, c'est que l'institution soit en capacité d'assumer et gérer les quelques individus qui ne respectent pas les consignes de l'institution. Donc tous les fonctionnaires devraient pouvoir être identifiables, même avec un identifiant de circonstance, lorsqu'ils agissent au non de l'institution et pouvoir, le cas échéant, rendre des comptes à l'institution. Certes il existe le matricule qui est porté par certains, mais c'est un numéro constant et donc directement lié à l'identité du fonctionnaire et sûrement trouvable par des externes à la police (coucou RGPD), donc je ne suis pas surpris qu'ils ne veuillent pas le montrer. C'est pourquoi je pense plutôt à un numéro ou code lié à la mission.

Cette identification au sein de l'institution permet la responsabilisation sans pour autant mettre en danger le fonctionnaire dans sa mission. C'est sa hiérarchie qui sait qui agit et qui assume les actions qu'elle a ordonné. Je pense que c'est ce qui manque dans la loi, le fait qu'un policier doivent toujours être identifiable par l'institution, mais pas l'individu sous l'uniforme par les médias ou réseaux sociaux.

Pas besoin d'être un génie pour savoir que dans toutes les organisations, il y a toujours quelques falabraques qui déshonorent l'institution ou l'entreprise qu'ils sont supposés servir. La police, comme toutes les organisations, doit rassurer sur sa capacité à les gérer.

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mercredi 28 octobre 2020

Nous sommes à l'an 1 de l'agriculture et de l’élevage

Il y a des gens comme ça qui redonne confiance dans le genre humain. Bruno Parmentier, ancien directeur de l'ESA (Ecole supérieure d'agriculture d'Angers) évoque le future de l'agriculture et de l'élevage grâce aux possibilités qu'offrent les nouvelles technologies (le silicium dans son propos) dans le domaine agricole (le monde du carbone). Honnêtement ça donne envie de refaire des études dans gens comme ça.

C'est brillant et accessible. Montez le son !

Lien vers la vidéo: https://youtu.be/8AO8JOWHHHA

Les idée fortes du propos de Bruno Parmentier
  • La gestion de l'eau n'a plus à se faire à l'échelle d'une parcelle mais grâce au numérique descendre au niveau du pied de la plante.
  • Les engrais et herbicides chimiques sont obsolètes et il faut se pencher sur les plantes qui rempliront cette mission.
  • Un champs est un capteur solaire qui devrait être utilisé tant qu'il y a du soleil et pas seulement pour une seule culture. Donc dès que l'on a récolté, il faut immédiatement ressemer des plantes complémentaires (engrais, herbicides...).
  • Au lieu des insecticides chimique, utilisons les "bébêtes" qui existent déjà. Cela suppose de remettre des arbres et des haies pour avoir des oiseaux qui mangent les insectes.
  • Avec les composants électroniques, on peut suivre la santé et l'évolution des animaux de l'élevage sur son smartphone.
  • L'agriculture était extrêmement brutale vis à vis des sols (remise à zéro et énormes apports en produits chimiques) mais grâce au numérique elle va pouvoir devenir subtile et s'inspirer de ce que fait la nature. Nous sommes au début d'un renouveau.

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dimanche 25 octobre 2020

Rétrospective : suspect à vie

Je vous invite à redécouvrir un billet écrit en 2007

Il aborde la question compliquée des criminels pathogènes, ceux qui agissent en raison d'une maladie. C'est bien sûr, comme beaucoup de billets sur ce blog, juste une réflexion personnelle.

Dans les commentaires très pertinents qui accompagnent ce billet figurent 2 personnes que j'ai particulièrement appréciés: AS, alias Arlette qui nous a quitté il y a quelques temps, et Fréderic Lefebvre-Naré, qui fut longtemps militant du MoDem, comme moi.

Notez au passage la qualité des commentaires comme on en voit plus aujourd'hui avec les réseaux sociaux. Non pas que les gens ne soient plus capables d'en faire, mais le format et la manière de réagir ont évolués. Nous avons changé d'outils en changeant d'époque.

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dimanche 27 septembre 2020

Les effets des écrans sur le cerveau

Voilà, vous regardez la vidéo ...

et après au lit !

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mercredi 27 mai 2020

La pensée analogique versus numérique

Je ne vais pas dire que je suis vieux, mais quand même un peu. Je suis d'une génération qui a débuté ses études avant internet et qui a fini avec. Souvent je dis que j'ai un pied dans les 2 mondes, celui d'avant, l'analogique, et celui d'après, le numérique.

Pour peut que l'on s'intéresse un peu aux questions sociétales induites par la numérisation de nos existences, et que l'on ne soit pas qu'un consommateur, cela donne, il me semble, un regard particulier sur notre société. La capacité à comprendre la pensée analogique, et en même temps faire sienne la pensée numérique qui caractérise les plus jeunes nés avec internet.

Pour illustrer je vais prendre l'image de la musique. Dans un système analogique, chaque fois que l'on reproduit un morceau de musique, on en perd un petit peu. Il y a une dégradation de l'objet. Lorsqu'il est transmis par les ondes, il y a une perte de qualité. Lorsqu'on le duplique, il y a une perte de qualité. En vieillissant, l'objet se dégrade. En revanche, un système analogique est fiable en terme de restitution: tout est enregistré, la moindre subtilité, le moindre défaut. Lorsque l'on numérise un morceau de musique, on l’échantillonne, c'est à dire que l'on converti chaque variation de fréquence en des 0 et des 1. Il y a donc une perte d'information lors de la création de l'enregistrement. Par contre, ensuite lorsque l'on transmet le morceau de musique, il n'y a plus jamais la moindre dégradation. Il peut être transmis sur un réseau pourri et dupliqué à l'infini, et il restera absolument identique.

Pour continuer l'illustration, imaginons un extrait de journal découpé dans une édition papier. Passez de main en main votre bout de papier pour le faire lire à vos voisins. Il se dégrade. Si pour éviter qu'il ne se dégrade, vous en faite des copies, cela se voit que ce sont des copies, et donc peut être n'est-ce plus l'information originale ? Peut être a-t-elle été altérée ? Dans le monde numérique, l'extrait de journal est numérisé, donc insensible au vieillissement, mais en plus, il est possible d'en modifier le contenu sans que cela soit détectable sans le comparer à la source originale. Dans le monde numérique, aucune image n'est définitive, aucun texte n'est inaltérable. Le remix fait partie de la normalité

On voit bien dans ces exemples qu'un produit numérique est immortel alors qu'un produit analogique ne l'est pas. Mais bien qu'immortel, le produit numérique est altérable à l'infini, alors qu'un produit analogique ne l'est pas (du moins pas sans que cela se voit). Ceci défini deux modes de pensée fondamentalement différents qui filtrent la manière de voir le monde. Ces 2 modes de pensée sont directement lié à l'âge et fondent une fracture générationnelle profonde, entre ceux qui regarde la société comme étant analogique et ceux qui la voient comme numérique. Ceux qui ont moins de 40 ans sont exclusivement numériques, ceux qui ont plus de 60 sont exclusivement analogiques et entre les 2, la pensée est partagée selon sa relation aux outils numériques.

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samedi 18 janvier 2020

Harry Potter et les contre-pouvoirs

A la maison nous sommes des fans de la saga Harry Potter et ma fille est carrément dans la catégorie expert puisqu'elle a obtenue haut la main son B.U.S.E[1]. Cette œuvre a beaucoup de qualités, dont celle d'aborder la problématique des contre-pouvoirs.

Si vous ne connaissez pas l'univers d'Harry Potter je vais divulgacher[2] certains ressorts de l'intrigue, donc arrêtez vous de lire là si vous voulez garder le plaisir intact lors de la découverte de ces livres ou films.


Dans les 2 premiers épisodes, on découvre le monde de la magie, et on devine qu'il y a de puissants magiciens, mais ont ne les fréquente pas vraiment. Il y a un ministère de la magie qui régule tout ça, il y a des règles. L'aspect politique de la société des magiciens et la gestion de la société, sont supposés être similaire à la société des moldus[3]. Jusque là c'est bon enfant.

Et puis commence à apparaître des anomalies dans cette gestion de la société. Un peu comme dans celle des moldus d'ailleurs. On découvre qu'il y a des magiciens qui sont enfermés dans une prison pour des crimes qu'ils n'ont pas commis. Dans ce monde de la magie, y a une application de la loi plutôt moyennageuse, et il vaut mieux être bien né et avoir de bonnes relations pour échapper à l'application de la loi. La société des magiciens est structurée autour de rapports de force entre clans, constitués autour de puissants magiciens qui règnent comme des barons au sein de leur clan et sont craints par les membres de leur clan.

Cette société du monde de la magie devient de moins en moins attractive au fur et à mesure que se déroulent les épisodes. Être un magicien médiocre dans cette société est dangereux. Si en plus ce magicien ou cette magicienne n'a pas fait allégeance à un clan, sa vie est d'autant plus précaire. La liberté d'expression, la liberté d'aller et venir sont compromises si l'on ne fait pas partie du bon clan.

Dans les premiers tomes de la saga, tout le monde a envie de devenir magicien, pas forcément du niveau de Harry ou Hermione qui sont des grosbill de la magie, mais déjà comme Ron ou Nevil, ça à l'air sympa. Et puis livre après livre, ça donne beaucoup moins envie, quand on découvre que l'on peut être très sévèrement juger pour des broutilles et condamné à du lourd alors que d'autres s'en sortent, que même les grosbill peuvent mourir juste car on est pas dans le bon clan, que les flics locaux foutent grave les chocottes et que on ne va pas aller leur demander notre route. Hum, cette société de magiciens, même avec son ministère et ses règles ne protège pas si bien que ça ses citoyens. Il y a un problème.

Et le problème c'est les contre-pouvoirs, ou plutôt comment ils existent dans cet univers. Grosso-modo, les contre-pouvoirs dépendent du bon vouloir des plus puissants magiciens. S'ils passent du côté obscure de la force[4], ben pfffuit, plus de contre-pouvoir. C'est typiquement inspiré du modèle monarchique, où si on a du bol on a un bon roi juste et si on a pas de bol on hérite d'un roi taré, ce qui arrive quand même assez souvent avec leurs histoires de consanguinité.

Imaginez un instant, qu'Hermione deviennent méchante, en mode grosbill, pour se venger des humiliations que lui font subir les racistes de magicien contre les descendants de moldus. Clairement elle fait partie des magiciens que l'on préfère avoir dans son camp. Au livre 12[5], elle ridiculise Voldemort. Avec son petit minois elle séduit Harry et se le met dans la poche et hop, ils deviennent maître du monde. Qui est assez puissant pour les arrêter ces 2 là une fois que Dumbledore est mort ?

J'écrirai peut-être une fan-fic un de ces quatre sur le sujet, ça pourrait être amusant.

Pour revenir à notre société, il a fallu des générations pour construire un équilibre démocratique, économique et social. Certes il est loin d'être parfait, mais il met en place des garde-fous et des règles, qui limitent l'emprise des plus puissants. Pour continuer de filer la métaphore avec l'univers d'Harry Poter, les réseaux sociaux sont la technologie de l'Horcruxes donnés à quelques clans, leur permetant d'aller bien au delà de leur pouvoir naturel, rendant obsolètes les anciens équilibres avec leur contre-pouvoirs devenus obsolètes[6].

Comme dans tout éco-système qui est déstabilisé, selon la vitesse à laquelle s'applique le chambardement, soit le système s’effondre et est remplacé par un autre[7], soit on vit une période de transition douloureuse pour qu'il s'adapte. Je plaide pour la seconde solution, comme dans Harry Potter, qui restaure un nouvel équilibre, mais bon, ça fait un peu trop happy end cette conclusion...

Notes

[1] Brevet Universel de Sorcellerie Élémentaire, obtenu il y a 2 ans à Nice.

[2] "Spoiler" en bon américain.

[3] Les moldus sont les non magiciens.

[4] Oui je sais, je mélange un peu tout...

[5] Ben oui pas tout de suite, il faut qu'elle progresse encore un peu.

[6] Je parle de la presse qui n'a pas encore compris comment ne pas se faire manipuler sans perdre ses clients.

[7] Sans vouloir être défaitiste, à part les systèmes populistes ou les dictatures, il n'y a pas beaucoup d'alternatives hélas.

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mercredi 27 novembre 2019

Dire le bien ou le mal, mais plus la vérité

Quelques tweets qui interpellent:

Raphaël Enthoven @Enthoven_R (source)

L'enjeu, pour @RoyalSegolene, n'est pas de dire la vérité mais de dire le Bien, en estimant que ce qui est Bien DOIT être vrai puisque les gens l'approuvent. Ce faisant, elle alimente un rapport sentimental au "savoir", qui est le Mal spécifique de notre époque.

en réponse à

Géraldine Woessner @GeWoessner

Ségolène Royal, en roue libre, affirme que les cancers du sein sont dûs aux pesticides. C'est faux. Cela illustre l'hallucinante ignorance qui alimente cette rage irrationnelle contre les agriculteurs...

Brice Couturier @briceculturier

"Cette conviction tacite, commune à tous les croyants, d'être des gens de bien parce qu'ils croient en ce qu'ils croient, la foi étant vertu et, par extension, l'incrédulité étant péché ou, au mieux, objet de pitié." Ian McEwan, Les chiens noirs, p. 25.

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mercredi 20 novembre 2019

L'intelligence dite artificielle

On entend beaucoup parler d'intelligence artificiel dans le monde du numérique depuis quelques années. C'est un sujet qui m'agace beaucoup, car le marketing s'est emparé d'un concept et l'a simplifié à outrance. Maintenant on ne sais plus de quoi on parle.

Machine learning

L'essentiel des sujets sur l'IA ne traite pas d’intelligence mais de machine learning, c'est à dire des processus d'apprentissage transposés à un ordinateur qui vont lui permettre d’acquérir des capacités de choix plus performantes basées sur l'apprentissage et non l'analyse. Le machine learning est un morceau de la science de l’intelligence artificielle, ce n'est pas toute l'IA. En gros, on donne à la machine des milliers de problèmes avec leur solution à analyser. La machine, si les algorithmes sont bien écrits, peut ensuite, quand on lui présente un problème, trouver beaucoup plus rapidement la réponse. Il n'y a aucune capacité déductive, c'est un mécanisme statistique.

Dernièrement, cette approche a été utilisée en médecine. Cela permet d'obtenir extrêmement rapidement et automatiquement, une lecture des scanners des patients pour détecter d'éventuels cancers. Grâce à l'apprentissage, la machine aboutie à un taux de réussite équivalent à une équipe de médecins spécialisés. La médecine est un secteur qui produit beaucoup de données complexes, mais qui ont un énorme avantage, c'est qu'elles sont validées et complétées par une expertise humaine. On a donc des millions de données médicales, interprétées par des médecins, et dont on connaît les suites médicales. Ces données sont en plus extrêmement reproductibles. Une mine de données pour former des algorithmes prédictifs.

Le machine learning est partout, il existe même des modules à ajouter aux programmes informatiques. Renomé IA, c'est l'Eldorado du moment, le bonus marketing à mettre sur une fiche produit.

Et avec quoi entraîne-t-on les machines à apprendre ?

Dès que l'on dispose d'une grande quantité de données, il est possible de les donner à manger à une machine, et donc de produire des analyses ou des prédictions sur des échantillons de données beaucoup plus réduits. C'est ce que font nos très, très chers GAFAM. Toutes les données que nous partageons avec eux sont digérées en permanence par des milliers de machines dont la seule mission consiste à essayer de prédire les comportements individuels.

Ces géants du net font du machine learning depuis longtemps, c'est comme ça qu'il valorisent les données que nous leur donnons.

C'est magnifique, j'en veux !

Le problème, c'est que le machine learning n'est pas de l'intelligence, mais de l'ingurgitation de données. La question est la pertinence de ces données.

Dernièrement, un magnifique scandale a explosé chez Amazon qui avait mis en place un système de tri des CV par une machine. Qu'a donc fait la machine ? Puisqu'elle a été entraînée à partir des recrutements précédents qui avaient fonctionné, elle a reproduit les même schéma de tri que les service de recrutement faisaient avant, qui étaient sexistes et racistes.

Le machine learning n'est pas de l'intelligence, mais une automatisation de processus complexes. Et tout comme le code d'un programme défini comment il fonctionne, la source d'apprentissage définie ce que la machine va faire des données futures.

Ce sont les algorithmes et ceux qui les écrivent qui décident, quant ils ont les compétences...

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jeudi 31 octobre 2019

La laïcité appréhendée par les juges

Voici un extrait d'une discussion autour de la laïcité donnée par le juge Christophe Tukov en mai 2018:

Il y aborde, entre autre, 3 exemples: le burkini, les repas de substitution et le foulard en entreprise.

Je noterai surtout la conclusion qui dit en substance que ces trois exemples ne sont pas des problèmes de laïcité du point de vue du juge. La laïcité est invoqué par les uns ou les autres pour obtenir un droit ou une interdiction auprès des juges alors que ce sont avant tout des questions de vivre ensemble. Il fini en rappelant que la laïcité peut être inclusive ou exclusive selon le bord politique qui l'invoque, et le juge dois être vigilant à ne pas être instrumentalisé par les politiques.

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mercredi 23 octobre 2019

La vérité est une opinion comme les autres

Ça y est, on y est. Il y a encore quelques années, le titre de ce billet aurait été "La vérité est-elle une opinion comme les autres ?" et aurait put être un sujet du bac. Mais aujourd'hui, ce n'est plus une question. On peut l'affirmer. Comment en est-on arrivé là ?

Dans un monde où la recherche de la vérité n'est plus un prérequis à l'information, où les éditorialistes sont plus écoutés que les journalistes, où les corps intermédiaires sont totalement discrédités, inaudibles et court-circuités (élus, syndicats, associations), où les scientifiques sont remis en cause par des incultes, les opinions deviennent des vérités.

Les réseaux sociaux destructeurs de vérités

Les réseaux sociaux (facebook, twitter, snapchat, instagram...) amplifient le phénomène en donnant le même poids à toutes les sources, la légitimité étant construite par la popularité et non le contenu ou le travail de construction. En quelques années, disons 5 ans, la valeur de l'information a complètement changée. Depuis des décennies, les sources de vérité mettaient du temps à se construire, à devenir légitimes, en général par l’acquisition d'une expertise sur le sujet et par la construction d'une crédibilité basée sur le temps long.

A l'ère de l'instantanéité et de la recherche d’audience permanente, le temps médiatique n'est plus compatible avec le temps de l'investigation, de la recherche, de l'établissement des faits et des preuves. La vérité est trop longue à construire, à expliquer, à transmettre.

Dans le même temps, les lecteurs ou auditeurs ne sont plus à la recherche de la vérité mais d'une information divertissante (infotainment) ou émotionnellement riche (polémique, scandale, tragédie). Le temps long de la vérité n'est que partiellement compatible avec cette économie du divertissement ou de l'émotion à tout prix.

Temps de cerveaux et économie de l'attention

Les média qui ont des contraintes économiques, vont avoir à arbitrer entre l'investigation et le buzz. Devinez qui va perdre à chaque fois ? Économiquement parlant, la vérité et sa recherche n'est rentable que pour approvisionner de la polémique. Dans une économie de l'attention où les auditeurs, lecteurs ou téléspectateurs n'ont qu'une capacité limité d'attention ou de temps, comment la capter avec de la complexité, de la remise en contexte, des explication nécessitant de la culture ? Nayons aucun espoir, pour la masse, le temps long de l'expertise et de l'investigation n'est plus intéressant, donc économiquement non rentable pour financer sa construction.

La vérité est devenue juste une opinion, comme une autre.

On peut donc l'ignorer, la mépriser, la remettre en cause comme les milliers d'autres opinions. La vérité n'a plus aucun statut particulier:

  • Les journalistes, du moins ceux d'investigation, avaient pour missions de rechercher la vérité, en s'appuyant sur des données factuelles, en les remettant en perspective, afin de construire un récit étayé. Leur propos n'a plus grande valeur, et n'importe qui, qui dispose d'une parole publique peut les remettre en cause, sans même avoir besoin de fournir un travail d'analyse puisque plus personne ne consacre du temps à prendre connaissance des analyses.
  • Les scientifiques, grâce à leurs expériences, leur accumulation de connaissances et de compétences, étaient avant tout des chercheur de vérité. Leur expertise est mis au même niveau que n'importe quel publication sur le net pondu par n'importe qui avec quelques mots compliqués pour enfumer.

Toutes les opinions, un peu sexy, notamment lorsqu'elles sont du domaine de l'émotion ou de la théorie du complot, supplantent les vérités académiques, les vérités de l'investigation, les vérités de la raisons.

Les vérités sont remises en doute par leur propre méthode de validation

Les mécanismes qui existent pour laborieusement construire une vérité en s'appuyant sur des remises en doute, des preuves, des expériences, des croisements d'informations, bref du travail, sont ignorés, et ne servent qu'à étayer le fait qu'une vérité n'en est pas une et que ce n'est qu'une opinion.

Par exemple, l'âge du premier humain sur terre est une donnée scientifique qui a beaucoup évoluée en fonction des techniques scientifiques pour l'évaluer. Il y a une convergence du monde scientifique, des variations à la marge, mais grosso modo, toute la communauté scientifique aboutie par une manière ou une autre à la même vérité, qui se chiffre, selon comment on lit, à 200 000 ans pour l'homme moderne, et environ 2 millions d'année pour ses ancêtres. Pourtant, on trouve des textes qui expliquent que les humains existent depuis 10 000 ans (par exemple ici).

Si on était habitué à ce genre de distorsion de la vérité avec les religions qui ont souvent du mal avec la vérité scientifique, aujourd'hui, la foi n'est plus la seule raison de la remise en cause du discours scientifique comme le montre les propos du président des USA, Donald Trump sur le réchauffement climatique.

Et maintenant ?

La vérité est donc traitée comme une opinion par beaucoup de canaux de diffusion de l'information. Certains canaux vont continuer à la servir, mais de moins en moins accessible, de plus en plus réservée à une élite qui aura soit les moyens financiers, soit une expertise rare. La vérité va devenir de plus en plus difficile d’accès au grand public, ce qui est incroyable au moment où, avec les outils numériques, elle devrait être la plus accessible. On est loin de ce que les inventeur de l'internet libre rêvaient.

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mercredi 9 octobre 2019

Ça devait marcher... mais ça marche pô !

Pôle-emplois et la numérisation

Pôle emplois a misé fortement sur la dématérialisation et donc son site web est incontournable pour les demandeurs d'emplois, soit sur leur ordinateur personnel, soit sur leur téléphone, soit dans les agences qui proposent des ordinateurs en accès libre.

Mais le site de pôle-emplois est en carafe depuis plusieurs semaines. Le système a explosé au début du mois, lorsque le nouveau système d'authentification n'a pas été capable d'encaisser la migration massive des utilisateurs de l'ancien système au nouveau.

En effet, depuis près d'un mois, le site web de pôle-emplois informe les utilisateurs du site qu'ils doivent changer leur manière de s'authentifier. Ceux qui se connectent régulièrement l'ont fait et ils doivent représenter une part importante des utilisateurs. Mais pour une portion d'autre que je ne saurais évaluer, le lundi 30 septembre, ça été la panique. En effet, à partir du 28, les demandeurs d'emplois doivent indiquer leur statut pour que soit débloquée le paiement des indemnités. Autant vous dire, que c'est vital pour beaucoup de gens. Et donc en plein weekend, beaucoup ont découvert qu'ils devaient modifier la manière de s'authentifier. Lundi c'était la panique dans les agences pôle-emplois, les gens ne pouvaient plus se connecter, ne pouvaient plus migrer leur compte et donc ne pouvaient plus déclarer leur situation, retardant d'autant le versement de leur indemnité chômage. Les agents de pôle-emplois ont passés une sale journée, condamnés par la technologie à se faire engueuler sans pouvoir faire grand chose.

Le système de migration a été mis en panne 4 jours le soir même pour permettre une probable intervention des techniciens. Dix jour après, le site de pôle-emplois n'a toujours pas retrouvé son fonctionnement normal.

Le réseau de bus de la métropole niçoise

L'idée est magnifique sur le papier: le tram ayant une capacité bien supérieure aux bus, il a été décidé de connecter tous les bus au tram, pour dessiner une espèce de peigne, ou le tram serait le manche circulant d'est en ouest et les bus les dents du peigne, du nord au sud.

Ce faisant, toutes les redondances de l'ancien système de bus disparaissent. Là où il y avait 2 ou 3 possibilités pour aller d'un point à l'autre, permettant de lisser les horaires et les densités, il ne reste qu'une solution passant par le tram, introduisant des changements supplémentaires et forcément des goulots d'étranglement sur certaines stations. Dans l’opération, certains ont gagné, d'autres perdu, les derniers étant ceux qui râles le plus fort, forcément. Il y a des ajustements en restaurant certaines lignes qui avaient été supprimées ou modifiées un peu trop vite.

Je m'interroge tout de même sur l'absence d'alternative au tram. Pour paralyser la totalité des utilisateurs des transports en commun de Nice, il suffit de bloquer le tram et tout le système s'effondre. Une manifestation, un accident, un sabotage, une grève et plus personne ne peut se rendre à son boulot ou son école.

Élections municipales obligent, les anciennes lignes de bus ont déjà été transformées en jardinière, avant même que le nouveau réseau de transport en commun soit complètement stabilisé.

Redondance

En fait, il me semble que les principaux enseignements de ces 2 anecdotes sont la gestion de la redondance et de la surcapacité. Pour qu'une installation soit fiable, elle doit être surdimensionnée pour proposer des redondances et des alternatives afin d'éviter les effets d'engorgement en cas d'altération d'une partie du système.

Par exemple, le site de pôle-emplois aurait du conserver les 2 systèmes d'authentification en parallèle beaucoup plus longtemps. Cela a un coût certain en terme d'infrastructure mais surtout au niveau du code qui doit accepter plusieurs version en même temps.

Pour le réseau de transport niçois, je me demande, si cela avait été possible, s'il n'aurait pas été intéressant de laisser cohabiter les anciens et nouveau système quelque temps, afin d'identifier les chemins préférentiels qu'empruntent les habitants. Je sais que c'est un peu utopique, mais c'est un moyen de proposer, par l'usage, aux utilisateurs de voter pour la meilleur solution de transport.

Dans les 2 cas c'est le coût qui empêche la mise en place de système en parallèle et redondants. Mais si on se place du point de vue des utilisateurs, quel est le coût ?

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vendredi 15 février 2019

Grand Débat: une contribution sur la démocratie

Le système électoral actuel conduit à favoriser le vainqueur lorsque l'on vote blanc ou que l'on s'abstient. En 2007 j'écrivais déjà sur le vote blanc que je soutiens et qui, s'il est comptabilisé dans le décompte des suffrages exprimés, a pour conséquence de réduire le pourcentage du vainqueur (en fait de tout le monde), ce qui permet d'être un vrai vote de rejet de l'offre politique.

Autre intérêt du vote blanc, en réduisant les écarts entre les listes candidates, dans un scrutin de liste cela conduirait à changer les rapports de nombres de sièges obtenus entre les listes, sans cependant remettre en cause le vainqueur.

Ma proposition est donc la suivante:

  • Reconnaissance du vote blanc comme suffrage exprimé dans tous les scrutins de liste.

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jeudi 14 février 2019

Grand Débat: une contribution sur l'emploi

Il y a quelques temps j'ai écris sur la valeur travail et changer les équilibres du droit du travail. De ces réflexions je tire une contribution pour le grand débat, même si ce sujet n'est pas forcément celui placé au cœur du grand débat.

Ce qui pourri la vie d'un salarié c'est la précarité, qui ne permet pas de se loger ou de souscrire un crédit. Cette précarité doit être financièrement assumée par l'employeur et non le salarié qui assume ces moments de sa vie professionnelle et qui sont subis pour la très grande majorité, au seul bénéfice de l'employeur.

Je formule les propositions suivantes:

  • Un contrat de travail unique, le CDI avec une période de précarité négociée à l'embauche qui peut aller de quelques jours à une année voir même plus.
  • Cette période de précarité doit être financièrement assumée par l'employeur qui devrait payer beaucoup plus chère le salarié précaire, de l'ordre de 30% minimum.
  • L'employeur peut mettre un terme quand il veut à cette période de précarité pour faire des économies.
  • Pour les saisonniers, si l'emploi est reconduit tous les ans, il n'est pas considéré comme précaire (prévoir une sorte de cagnotte de garantie pour éviter les détournements).

La concurrence entre entreprise pourrait alors porter aussi sur les conditions de recrutement, qui auraient un impact sur leur rentabilité et leur tarifs.

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vendredi 8 février 2019

Grand Débat: une contribution sur l'enseignement

Avant de vous présenter ma proposition, je voudrais la mettre en peu en contexte. Il y a 3 ans, mon fils a émis le souhait de partir au Royaume Unis ou en Irlande, les murs de sa chambre lui semblant trop étroits (il a changé d'avis depuis d'un point de vue géométrique). Il est donc partis par le biais d'une association, faire une année scolaire à Portsmouth, hébergé dans une famille d'accueil.

Tous les parents peuvent imaginer le bienfait que cela peut apporter à un ado d'aller voir ailleurs comment ça fonctionne, tant familialement que scolairement, mais là n'est pas mon propos. A son retour, nous avons découvert toute la complexité administrative pour le réinscrire dans son lycée car il avait été sortit des effectifs. Lors du remplissage de son cheminement scolaire dans Parcourt-Sup, bien sûr ce n'était pas franchement prévu: son année scolaire en Angleterre ne comptait pas et il il était considéré comme redoublant de sa 1ère. Autant vous dire que même avec un excellent résultat au bac, sont dossier n'a même pas été mis en liste d'attente dans les formations sélectives qu'il avait choisi.

Parallèlement, pendant que mon fils est parti, nous avons reçu chez nous une jeune allemande de l'age de ma fille durant 3 mois qui est allé au collège avec elle. Contrairement à mon fils, elle a repris sa scolarité normalement à son retour en Allemagne, avec l'aide de ses enseignants pour lui permettre de rattraper quelques matières clés. Nous avons également reçu une lycéenne Brésilienne qui a validé son année scolaire à son retour au Brésil après 9 mois en France, a passé son bac là bas et poursuit aujourd'hui ses études universitaire à Paris. Cette année, nous recevons une lycéenne allemande, qui reste avec nous toute l'année et qui au regard de ses résultats scolaires ici en France est déjà assurée de ne pas avoir à refaire son année en Allemagne.

Ma proposition est la suivante:

  • Mettre en place un système d’équivalence pour toutes les classes de la 4ème à la terminale entre pays Européens, afin de favoriser les expériences avec nos voisins.
  • Cette équivalence doit être automatique et sans conséquence scolaire pour tous les séjours de moins d'un semestre.
  • Mettre en place, soit au sein des établissements, soit via le CNED, des modules de remise à niveau pour tenir compte des légères différences d'enseignement dispensées aux élèves.
  • Pour les séjours de plus d'un semestre, mettre en place un accompagnement par un enseignant de l'établissement d'origine, qui propose les modules de mise à niveau et qui valide l'année scolaire à l'étranger.

Les coûts sont insignifiants pour l'éducation nationale car de telle mécanismes existent quasiment déjà. Le coût pour la famille est d'environ 300€/mois qui pourrait facilement être sponsorisé pour les familles à faibles revenus par des associations, entreprises ou collectivités en échanges de quelques faveurs fiscales ou budgétaires. Ce coût peut même être revu à la baisse en cas d'échange, les familles recevant un jeune lorsque le sien est parti.

Je voudrais que les français arrêtent d'avoir peur des autres. On défend d'autant mieux sa culture et son identité que quand on est allé voir celle des autres et que l'on a appris à être tolérant en étant un peu l'autre.

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vendredi 14 décembre 2018

Le nombrilisme comme revendication sociale

Le mouvement des gilets jaunes est une illustration d’une mutation profonde de la revendication et de ses formes. Nous passons d’une revendication collective, éventuellement pour un groupe, à une revendication individualisée, presque nombriliste : le moi l’a remporté sur le nous, le présent sur le futur.

Si ce processus ne date pas d’hier, les nouveaux usages auxquels donnent accès les outils que sont les réseaux sociaux permettent de regrouper des individualismes sans les fédérer, et le mouvement des gilets jaunes en est la parfaite illustration. Chacun revendique pour son intérêt propre comme le démontre la liste au père Noël de leurs revendications. L’intérêt général ne fait pas partie de ces revendications, donc l’accroissement de la dette n’est pas un problème, l’entrisme des groupuscules extrémistes et complotistes n’est pas un problème, les conséquences sur l’économie et les autres citoyens n’est pas un problème, tout comme les casseurs ne semblent pas non plus être un problème. Quant on revendique pour soit même, pour sa petite personne, les conséquences sont forcément pour les autres. La déresponsabilisation est totale.

Pour les syndicats, dont l’identité est le « nous », cette évolution vers le « je » est mortifère. Faut-il qu’ils suivent cette évolution ou au contraire la combattre ?

Il me semble, mais ce n’est que mon avis, que s’ils s’engageaient dans une démarche d’individualisation de la revendication, comme pourrait leur permettre les outils numériques, les syndicats perdraient toute leur légitimité. Non pas celle des urnes qui est faible, mais celle d’être un interlocuteur, un corps intermédiaire dont la présence est justifiée par la défense de l’intérêt général.

Jamais un mouvement éruptif, disparate et ponctuel comme les gilets jaunes ne pourra se prévaloir, de défendre l’intérêt général sur le temps long et avec une vision globale.

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vendredi 7 décembre 2018

Apprenons à partager les ressources pour sauver le vivant | Gaël Giraud | TEDxTours

Gaël Giraud, lors d'un évènement TedX, s’engage pour alerter et proposer des solutions face à l’urgence de réformer profondément les systèmes destructeurs qui régissent nos sociétés.

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mercredi 5 décembre 2018

Les gilets jaunes se font manipuler, mais c'est trop tard

Je suis en colère contre tous ces incompétents, tant politiques que médiatiques, qui ont tous foncés la tête la première dans le magnifique piège des gilets jaunes. Certains médias commencent à avoir des doutes, à remettre en cause certains aspects du mouvement qui sont pour le moins problématiques, mais c'est trop tard. Le merdier est lancé, et tout le monde va devoir ramer des mois pour le calmer.

Un timing juste opportun

Tous ces gens qui ont réellement des problèmes, et pas juste ce mois-ci, mais depuis des années, comment se fait-il qu'ils se mettent à s'exprimer juste au moment du lancement de la campagne des européennes, juste au moment où les premiers résultats positifs de la politique de Macron arrivent. Quelle drôle de hasard !

Le chômage est en léger recul sur 1 an, l'attractivité économique de la France est forte hausse, l'investissement industriel créateur d'emplois est en hausse, les salaires, pas tous, mais dans pas mal de secteurs sont en hausse en raison du besoin de mains d’œuvre ou plus prosaïquement en raison de la suppression de certaines cotisations, le nombre d'heures supplémentaires est en hausse indiquant un remplissage des carnets de commandes, la France a retrouvé son attractivité touristique d'avant les attentats. Bref les indicateurs commencent, lentement, à passer au vert. Alors je ne me leurre pas, pas pour tout le monde, mais ce léger mieux est totalement passé à l'essoreuse médiatique, écrabouillé par une contestation pour une augmentation de 4ct par litre d'essence, pourtant déjà effacée depuis par la baisse des carburants (voir mon billet là dessus).

Des revendications sans queue ni tête

Comment fait-on pour qu'un mouvement de contestation ne puisse pas se calmer ? C'est très simple, il suffit d'avoir des revendications impossibles à satisfaire, voir contradictoires, afin que l'interlocuteur en face ne puisse jamais y répondre.

Aucun syndicat, même le plus extrémiste n'aurait osé faire une lettre au père Noël comme l'ont fait les gilets jaunes, car l'objectif d'un syndicat c'est d'obtenir des avancées sociales, pas le chaos. Un syndicat qui se lance dans une contestation, doit envisager dès le début une sortie, sinon il perd ses troupes en court de route et sa crédibilité. Mais le mouvement des gilets jaunes, ne cherche plus depuis longtemps à obtenir quelque chose. C'est un mouvement d'opposition à tout. Un gloubiboulga de contestations sans revendications sur lesquelles le gouvernement pourrait faire des propositions.

Intrinsèquement, le mouvement des gilets jaunes ne permet pas que le gouvernement puisse lâcher quoique ce soit. Quelque soit les actions du gouvernement, il y aura tjs un autre sujet de la lettre au père Noël qui ne sera pas satisfait.

Manipulation il y a, et cela devient visible

Au delà des affinités politiques de certains gilets jaunes médiatisés, il y a un truc qui devrait nous interpeller: pourquoi les soit disant porte-paroles des GJ reçoivent des menaces de mort s'ils rencontrent le gouvernement ? Pourquoi le mouvement est incapable de s'organiser ? C'est si compliqué de trouver des porte-paroles ?

La réponse est simple, c'est qu'il y a des gens qui ont intérêt à ce que ce mouvement dure et ne trouve aucune issue. Il faut que cela pourrisse pour tenter d’agréger d'autres colères, réelles ou fictives comme celles des lycéens ou des routiers. Il faut mettre le pays à feu et à sang, casser la reprise économique, la reprise du tourisme, affaiblir l'économie pour affaiblir Emmanuel Macron. Le but n'est clairement pas d’améliorer les fins de mois de ceux qui sont dans la merde, car n'importe qui d'un peu censé sait que si une taxe baisse d'un côté, il faut en augmenter une autre.

Des élus d'opposition pitoyables

A vouloir essayer de faire peuple en embrassant la cause des gilets jaunes, les élus d'opposition n'ont pas compris qu'ils se décrédibilisaient encore plus. Ils sont inaudibles au sein du mouvement des gilets jaunes qui rejette en bloc tous les corps intermédiaires (syndicats et partis) et ridicules auprès du reste de la population. C'est le jeu du qui perd, perd !

Les oppositions en demandant une démission du 1er ministre ou du président de la république, en plus d'être non républicains, distillent dans la tête des électeurs qu'il suffit de bloquer quelques rond-points pour remettre en cause les principes démocratiques de notre pays. Ils auront l'air fin s'ils arrivent un jour aux affaires et qu'au bout de 18 mois ont leur ressort leurs propos de 2018 !

Les média ont joués avec le feu

En donnant la parole sans aucune mise en perspective ou contradiction, en relayant tous les mots d'ordre sans se demander qui parlait, en amplifiant et légitimant les contenus des réseaux sociaux, ils ont créé un monstre sans tête ni cervelle, emplis de frustrations. La télé émotionnelle a vaincue la télé qui pense (idem pour les autres, presse ou radio). Et maintenant que les journalistes se réveillent, ils ont beau expliquer, plus personne ne les écoute.

À jouer avec les émotions, les média ont oublié que les démentis et analyses sont vues et entendues par moins de 10% de ceux qui ont juste regardé les gros titres. Ramez maintenant pour dégonfler la bête immonde des gilets jaunes démagogiques et casseurs qui n'a plus rien à voir avec les personnes dans la merde qui y étaient au commencement. Ramez maintenant pour que des dizaines de milliers de gens que vous avez aidé à chauffer à blanc de colère, reviennent sur terre et se retrouvent avec le goût amer de la frustration.

Allez-y les experts, les éditorialistes condescendants, les champions de l'infotainment. Allez leur dire à tous ces gens qui souffrent pour de vrai que vous vous êtes bien foutu de leur gueule dans votre intérêt et qu'ils n'auront que quelques centimes de plus à la fin du mois, car dans la vraie vie, le gouvernement n'a pas de marge de manœuvre. Allez-y, assumez d'avoir fait miroiter de faux espoirs juste pour faire du buzz et l'audimat. Allez-y...

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