samedi 22 novembre 2025

IA, workslop et hallucination

Généré par DALL·E le 2023-04-04 - many minds connected with a luminous network.pngEncore un nouveau mot que je ne connaissais pas, le « workslop » : Le « workslop » désigne le flot de contenus médiocres produits par l’IA dans les entreprises, nécessitant souvent des corrections humaines.

J'ai quitté le monde de l'entreprise juste avant que les IA génératives n'arrivent, donc je n'ai pas l'expérience de l'utilisation de ces outils en entreprise. Du coup je suis un peu interloqué que l'on en soit déjà là en à peine 3 ans. Cela révèle une adoption massive en entreprise et explique les enjeux en terme de part de marché que les outils d'IA générative se battent pour avoir. De ce que j'extrapôle de cet article, c'est que la médiocrité, qui a toujours existé, couplé à l'IA générative, produit du contenu sans utilité, mais avec la bonne apparence. Je l'expérimente régulièrement avec mes élèves qui ne savent pas comment interroger l'outil et espèrent qu'il va réfléchir à leur place.

Autre article très intéressant, c'est l'étude qui présente le taux d'erreur important de ChatGPT-5, sensé pourtant être le top du moment. Quand j'essaie d'expliquer comment fonctionne une IA générative avec ma compréhension limitée, j'utilise la notion de probabilité. L'IA, de part son apprentissage, a construit un arbre de probabilités entre des mots constituant des phrases et constituant un paragraphe. Dans un système probabiliste, la vérité n'existe pas, seule existe la cohérence syntaxique. Alors certes, le fonctionnement des IA génératives est beaucoup plus qu'un simple arbre de probabilités, mais cela permet de visualiser pourquoi ces outils peuvent halluciner.

Sources:

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mardi 11 novembre 2025

Être noir aux USA au début du 20e siècle

C'était il n'y a pas si longtemps. Le racisme ordinaire.

En France on ne s'en rend pas bien compte, mais le racisme français n'a rien à voir avec celui des USA. Las-bas il a été institutionnalisé, c'est l'État qui était raciste avec donc des droits différents, et être raciste c'était respecter la loi. En France à la même époque, le racisme n'existe pas au niveau de l'État mais au niveau des individus. Les gens ont comme partout peur de ceux qui sont différents, surtout quand cela se voit, mais le droit ne différencie pas les individus et cela change beaucoup de choses.

Dans cette vidéo de Odieux connard on découvre l'histoire d'un héro de guerre, honoré en France mais ignoré aux USA, son pays d'origine.

Le Petit Théâtre des Opérations - Eugène Bullard, l'hirondelle noire

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jeudi 23 octobre 2025

7 ans après, ce billet n'a malheureusement pas pris une ride

Il y a 7 ans, je listais mes craintes concernant les populistes qui détruisent le vivre ensemble avec l'actif soutien des algorithmes des réseaux sociaux et la complicité mécanique des média. Je n'y parlais pas encore d'IA, mais à part ça, nous y sommes. Il y a des moments où je voudrais ne pas sentir ce genre de tendance et me tromper.

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jeudi 2 octobre 2025

Attractivité du métier de prof

Voilà un tweet écrit il y a quelques temps, à l'époque où on appelait encore Twitter comme ça, car X ça faisait porno:

Rentrée scolaire sur fond de pénurie d’enseignants dans le Bade-Wurtemberg, ce n'est pas la seule région allemande à avoir ce problème. L'arrivée de nombreux réfugiés ukrainiens aggrave le problème. Tweet dédié à ceux qui pensent qu'en augmentant les salaires et en diminuant le nombre d'élèves par classe, on résoudra le problème de recrutement en France. Le manque d'attractivité du métier dépasse les frontières.

La situation n'a pas changée, en dépit des augmentations substantielles des salaires d'embauche des enseignants qui sont passé de 1600 à 2000€, il y a toujours moins de reçus au concours de recrutement d'enseignant qu'il n'y a de postes à pourvoir. L'Éducation Nationale continue de gérer la pénurie dans certaines académies éternellement déficitaires qui aspirent tous les reçus des autres académies. Et quand on gère la pénurie, forcément les choses ne se font pas dans la dentelle, sabotant les recrutements.

Il y a des tabous qui empêchent d'imaginer des solutions originales[1]. Aujourd'hui, un nombre conséquent de personnes attirées par le métier d'enseignant, refusent de passer le concours pour ne pas être affectés à l'autre bout de la France, et acceptent des postes de contractuels, moins bien payés que les titulaires, et précaires. Ces enseignants qui ne suivent pas les formations et ne préparent pas le concours, sont donc prêt à être payés moins afin de pouvoir choisir leur académie. Pourquoi ne pas accepter cette situation, avec des primes dans les académies déficitaires, et des primes négatives pour ceux qui refusent le mouvement[2].

L'intérêt c'est que les postes de contractuels pourraient redevenir ce qu'ils n'auraient jamais du cessé d'être, des recrutements temporaires, en attendant de passer le concours et pas des CDI qui permettent de contourner le fonctionnement normal. C'est aussi un bon moyen de réintégrer tout le monde dans les formations, car il est un peu choquant que des personnes enseignent sans jamais avoir reçu la moindre formation pour faire ce métier.

Il y a un autre truc que je trouve mal fichu, ce sont les emplois du temps rigides sur toute l'année. Pourquoi ne pas avoir des périodes plus ou moins denses, afin de permettre des variations de rythme pour s'investir dans d'autres choses, comme des formations universitaires, des stages ou partenariats en entreprise, des projets transversaux avec d'autres administrations, des expérimentations... On pourrait aussi imaginer qu'un enseignant devrait pouvoir travailler 3 mois avec certains élèves puis 6 avec d'autres, pourquoi forcément toute l'année. Il n'y a rien qui ne l'empêche normalement, tous les outils sont là, mais toutes l'institution s'impose des rigidités.

Je balance des idées en vrac comme ça, tout en sachant que c'est extrêmement compliqué d'avoir une Éducation Nationale, par définition la même dans toute la France, et des besoins spécifiques ou locaux. En plus, même s'il est parfois possible de faire des expérimentations, elles doivent se faire à ressources constantes (budget, humain, matériel), ce qui limite rapidement les possibles. Bref, c'est facile de critiquer, mais pas de trouver des solutions.

Notes

[1] Certains syndicats enseignant sont tellement rigides sur des principes obsolètes, que l'on se demande si leurs adhérents ont abandonnés la craie et la blouse.

[2] La roulette qui détermine l'académie dans laquelle va atterrir tout nouvel enseignant.

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jeudi 19 juin 2025

Nous sommes à une charnière technologique et sociétale avec les IA génératives

Avec l'avènement des IA génératives (LLM ou grand modèle de langage, mais aussi image, vidéo ou musique), mais aussi les énormes progrès accompli sur les autres formes de machine learning que l'on retrouve dans les robots, nous arrivons à un moment de basculement considérable.

Enseignement

TOUS les élèves utilisent les IA génératives dès qu'ils ont un écran connecté à internet disponible. Il est quasi impossible de les faire travailler sur écran sans. Le problème, c'est que ces LLM ne sont pas utilisé pour aider, ou rarement, mais pour se substituer à la tache à réaliser. Les élèves n'apprennent donc pas à rédiger, à construire un raisonnement, à se poser les bonnes questions, à vérifier les hypothèses. Ils sont dans la très grande majorité des cas incapable de poser une question pertinente à l'IA générative, se contentant de copier coller l'énoncé de la question, en mode bourrin.

Pédagogiquement parlant c'est un désastre. Comment leur apprendre à réfléchir et raisonner ? Ils sont dans l'esquive et non la formation. Les capacités des élèves faibles ou moyens sont en train de s’effondrer par rapport aux élèves plus performants qui semblent faire la part des choses. Le très, très peu d'esprit critiques qu'ont les élèves vis à vis des moteurs de recherche, disparaît complètement avec ce que produisent les LLM qui sont pris pour argent comptant en intégralité.

Connaissance et confiance

En ce moment, toutes les sources de connaissances et de savoirs ouvertes sont infectées par du contenus généré par LLM. On pense bien sûr à Wikipedia, mais aussi les sites et publications scientifiques, les journaux de vulgarisation et le web en général. Quantité de contenu généré alimentent les ce qui devrait être les référence pour la connaissance et le savoir, trop souvent avec un projet toxique derrière (manipulation politique, complotisme, influences étrangères...).

Les LLM sont en train de mettre en péril les sources de savoir en étant employé en lieu et place des humains, à des fin de tromperie.

Pire que cela, pour former les LLM, il faut les approvisionner avec de grande quantité de données créées par des humains si on veut qu'elles puisse les simuler. Si demain ces LLM sont formés avec du contenu généré par LLM, les processus d'apprentissage risquent de s'effondrer, ou conduire à des résultats de plus en plus mauvais. Ceci explique pourquoi les contenus générés par les humains sur les réseaux sociaux ont autant de valeur pour les acteurs de l'IA.

Perte d'emplois

Les grands groupes dans tous les secteurs, ont pris du temps avec le virage numérique dans les années 1980. Tous les process sont maintenant numériques, et les entreprises disposent d'années de données et d'optimisations de leur système d'information. Ces énormes volumes de données de fonctionnement des personnels mais aussi des clients, sont disponible pour la formation de machines. Le machine learning, ancêtre des LLM vient de faire un bon considérable avec ces derniers. Il est donc possible de remplacer une partie des missions des salariés par des machines. Ce qui était encore bafouillant il y a 5 ou 10 ans, devient performant et rentable aujourd'hui.

Microsoft a annoncé licencier des milliers de ses personnels qui seront remplacé par des "IA". Même chose dans tous les groupes du numériques qui sont les premiers à voir les avantages des LLM. En effet ces entreprises produisent déjà du numérique et les gains de productivités sont potentiellement gigantesques.

Recrutement

Le recrutement est aussi contaminé par les LLM. Nombre d'entreprises promettent l'utilisation d'IA pour filtrer les candidatures, et réduire les processus de recrutement. Bien sûr aucun de ces prestataires n'est capable de prouver que leur solution est pertinente, ce n'est qu'un filtre plein d'idée généreuses mais qui reste un filtre qui exclu toute personne aillant un profil atypique.

Facebook en a fait il y a quelques année la douloureuse expérience, où l'IA en charge de filtrer les recrutements, reproduisait fidèlement tous les biais racistes et genrées déjà existant dans l'entreprise, puisque l'apprentissage s'était fait sur les recrutements précédents.

Manipulation

Le principe d'une LLM ou IA générative, c'est d'être une boite noire qui construit elle même son mécanisme interne lors de la phase d'apprentissage et qui est ensuite capable de restituer un comportement vaguement attendu. Rien à voir avec une programme informatique classique qui ne peut faire que ce pour quoi il a été programmé.

Les sociétés qui conçoivent des IA génératives fournissent donc un effort colossale pour construire les sets d'apprentissage et ajoutent des garde-fou pour éviter que leur IAs n’hallucinent et ne répondent ou fassent n'importe quoi. Car par essence, pour une LLM, une phrase juste syntaxiquement a autant de valeur qu'une autre phrase juste syntaxiquement, et la pertinence est une notion exclusivement statistique.

Aujourd'hui, les organisations toxiques (états illibéraux, grande délinquance, escrocs, fanatiques...) créent des IA génératives volontairement dépourvues des protections, afin d’alimenter leur propagandes ou leurs intérêts dangereux, de contenus manipulateurs et toxiques.

Et on revient au premier chapitre de mon propos sur les élèves incapables d'avoir un esprit critique. Maintenant vous pouvez paniquer !

Ressources

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jeudi 27 février 2025

Accepter l'inconnu

Tant qu'un employeur n'a pas déjà fait l'expérience du handicap (dans sa famille ou dans l'entreprise) ce qui prévaut c'est la peur de la perte de rentabilité, la crainte de la différence.

L'entreprise reproduit les individus qui craignent l'inconnu et le hors norme. Que la norme est pesante (handicap, genre, culture...).

Source : https://piaille.fr/@CedricAugustin/...

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jeudi 13 juin 2024

Le numérique et l'enseignement

L’auteur Ploum a produit sur son blog un très intéressant billet Petite écologie de l’éducation et de l’informatique où il traite entre autres de l’enseignement de l’informatique à l’école et de l’importance en démocratie que les citoyens comprennent ce que cela recouvre.

Le numérique chez les profs

J’ai pas mal de point d’accord avec Ploum, notamment le fait que les enseignants sont mal, peu ou pas formé à l’usage du numérique. Je pourrais dire pour leur défense qu’ils ne sont pas pires que le reste de la population. Alors oui ils sont censés, en tant qu’enseignants, s’auto-former pour pouvoir transmettre des compétences et des connaissances au goût du jour. Certes, certes, mais si vous dites cela à un enseignant de Français, il vous dira que son métier c’est d’être au point sur l’enseignement du français et pas du numérique. Et c’est la même chose pour la plupart des matières.

Il existe des formations qui sont proposées aux enseignants. J’en ai suivi une transversale dont le thème était de former les futurs citoyens numériques (ou un truc dans le genre). Le public présent à cette formation était pour moitié des gens qui se posaient déjà la question, donc pas ceux forcément qui en avaient le plus besoin de mon point de vue.

Faire évoluer les apprentissages

Mes discussions à la cantine ou en salle des profs sont aussi très éclairantes sur l’inculture numérique. Je vous donne un exemple, essayez de parler d’IA à des profs et la majorité voient cela comme un problème à proscrire de leur classe, une raison de supprimer les écrans et pire que tout, de ne pas donner de travail à la maison aux élèves. La question de comment intégrer ces outils dans les apprentissages est systématiquement oubliée.

Et c’est la même chose avec l’usage du smartphone ou des tablettes en classe. Comment remettre en cause un fonctionnement existant depuis des décennies quand les élèves acquièrent plus vite les outils que les enseignants ? C’est une remise en cause du rôle de l’enseignant, une mise en danger que personne n’a envie de vivre devant une classe. Les élèves, par essence, trouvent toutes les failles de leurs enseignants. Construire une séance avec des outils numériques connectés entre eux et être capable d’évaluer chacun des élèves est un challenge que j’ai pour ma part du mal à relever et pourtant je ne suis pas maladroit avec les outils numériques.

Utiliser son intelligence à tricher plutôt qu’apprendre et comprendre

Il faut bien se mettre en tête que les élèves sont pour plus de la moitié non pas là pour se former, mais là pour obtenir une note suffisante pour avoir la paix. La triche ou le contournement sont donc généralisés et le mode de fonctionnement par défaut. Ces élèves contournent ou trichent, même lorsqu’il n’y a pas d’évaluation, parce que c’est devenu le fonctionnement normal. Les outils numériques sont parfaits pour atteindre cet objectif.

L’enseignant que je suis, se retrouve devant le dilemme de brider la créativité des élèves pour assurer une équité des évaluations, ou fermer les yeux (car ils sont nuls en plus lorsqu’ils trichent) pour encourager la découverte et l’appropriation des outils numériques, notamment pour les meilleurs éléments.

Je vous donne un exemple : je propose un exercice de programmation non noté. La majorité de la classe est en difficulté. Je fais la correction avec explication. J’efface le tableau et leur demande de le refaire. Certains ont photographié la correction, et ont utilisé un outil de Google pour extraire le code de la photo, et partagent le résultat sur le groupe whatsapp de la classe et sur un outil collaboratif en ligne. Pédagogiquement parlant, c’est intéressant comme utilisation des outils numériques et comme travail collaboratif, mais du point de vue de la programmation, c’est nul. Faut-il pour autant interdire le smartphone en classe ? J’ai choisi que non, mais la conséquence c’est que les écarts de niveau entre les élèves s’accroissent. Il va falloir trouver une mesure pour ne pas perdre les élèves qui accumulent du retard en pensant que tricher suffit.

Autre exemple: les élèves ont une évaluation de 3h durant laquelle ils doivent réaliser une simulation similaire à celle faite en TP. Ils ont accès à internet et à tous les documents de cours dont le TP. En rendant le TP pour l’évaluation, ils ou elles sont assurées d’avoir 8/20. Un seul élève l’a compris. Les autres élèves faibles se sont tous démenés pour récupérer le travail des autres, certains sans même se fatiguer à cacher l’origine. Du coût j’évalue quoi, la capacité à récupérer un fichier avec une messagerie (compétence collège), ou la capacité à réaliser une simulation (compétence terminale) ?

Les IA générative aggravent le processus

Puisque les élèves ont pris le pli de d’abord essayer de tricher pour garantir une hypothétique note, plutôt que de réfléchir, vous vous doutez bien que l'avènement des IA génératives qui sont massivement utilisées, ne va pas arranger les choses. Comment convaincre un élève qu'il doit faire des recherche et s'approprier le sujet pour son oral de BAC, quand ils et elles croient qu'il suffit de poser la question à n'importe quelle IA générative genre ChatGPT, pour s'en sortir. La séduction de ces outils est juste trop forte. Un outil qui fait en 15s ce qu'ils n'arrivent pas à produire en 6h, même avec l'aide d'un enseignant bienveillant qui leur mâche le travail en leur fournissant les mots clé, les renvois aux éléments de cours, voir même le plan.

Les bons éléments ont compris qu'ils ne seront à l'aise à l'oral que s'ils sont les auteurs de leur propos, et que les IA générative ne peuvent être que des outils de type "super moteur de recherche" pour ouvrir à un maximum de sources d'information à digérer. Les élèves médiocres penseront qu'il leur suffira de recracher la synthèse faite par l'IA, et se feront gentiment, et avec plein de bienveillance, exploser à l'oral, par des enseignants qui veulent évaluer des élèves qui ont fait le job et pas des perroquets.

Les IA génératives sont également très douées pour produire du code simple. Comment convaincre mes élèves qu'ils peuvent copier/coller n'importe quel code sur internet ou venant d'une IA générative, à condition d'en comprendre toutes les lignes. Avec leurs habitudes du résultat plus important que la compréhension, ils me répondent systématiquement "mais ça marche monsieur". J'ai beau leur dire que je leur enseigne la capacité à comprendre et pas à produire du code que n'importe quel programme peut faire mieux qu'eux, vu leur niveau, je ne touche qu'une minorité des élèves.

Tout ça pour dire qu'il va falloir inventer de nouvelle forme de pédagogie incluant ces outils, mais il y a du taf et les mauvaises habitudes ont la peau dure.

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dimanche 25 février 2024

Agrivoltaïsme : partager le soleil entre agriculture et photovoltaïque

Dans le développement du solaire comme source d'énergie, il y a 2 principaux problèmes:

  • L'intermittence
  • L'emprise au sol

J’exclue délibérément le recyclage des panneaux solaire puisque si effectivement cette filière est balbutiante, elle est en plein essor et donc ne devrait plus être un enjeux pour s'opposer au photovoltaïque dans les prochains mois.

Pour l'intermittence, il est clair qu'il faut combiner le photovoltaïque avec une source d'énergie pilotable. La France a choisi le nucléaire et dispose d'un ensemble de barrages hydroélectriques qui permettent de piloter la production en fonction de la demande. L'Allemagne pour sa part à choisi le gaz. Demain les solutions de stockage émergeront sûrement, mais pour l'instant elles ne sont pas viables.

Autre problème l'emprise au sol. Il est évident que de construire des ombrières sur les parking devrait être obligatoire, car remplacer du macadam par des panneaux solaires ne change rien en terme d'emprise au sol. Mettre des panneaux solaire sur les toits est aussi logique, mais cela à coût plus important que de simplement les poser au sol.

Il y a donc certains qui mettent en place des installations solaires sur des terrains agricoles, juste pour une histoire de coût d'installation. C'est un non sens écologique, d'autant plus que si demain nous voulons réduire les intrants dans l'agriculture, il y aura forcément des baisses de productivité à l’hectare. Il faut donc conserver les surfaces agricoles et ne pas les recouvrir de quoi que ce soit.

J'ai découvert qu'à Thorenc (43.8012637423595, 6.781306742334832), le long du plateau de Gréolière, d’immenses champs de panneaux photovoltaïques ont été implantés, non pas dans les prés dans la vallée, mais sur les coteaux où la pente ne permet pas la culture facilement. En plus, les panneaux en étant à flan de colline, ont exactement la bonne inclinaison (entre 30 et 45°) pour un rendement optimum. J'ai trouvé ça génial.

Une autre approche est de combiner les panneaux solaires avec l'agriculture en dessous. Dans ce cas les panneaux sont espacés pour ne pas occulter trop le soleil et installés sur des structures suffisamment hautes pour laisser passer les engins agricoles en dessous. Des études sont en cours pour déterminer la densité optimum de panneaux solaires, mais il semble, que la présence des panneaux peut même apporter un plus pour certaines cultures ou pour l'élevage. Voici un exemple de démonstrateur d’agrivoltaïsme sur vignes en Gironde. Il y a même des gens qui font la promotion de l'agrivoltaïsme.

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dimanche 17 septembre 2023

La violence, la police et notre potentiel d'indignation

Quelques réflexions sur les violences policières, dans le fil Twitter repris ci-dessous:

Je ne suis pas loin de penser comme dans ce pouet, que la police est intrinsèquement violente, car cela fait partie de sa mission. Il me semble que la société le tolère moins, tout en ayant une minorité qui veut en faire un argument politique.

Assez paradoxalement la société n'accepte plus légitimement la violence et l'inconfort, mais nous sommes abreuvé de représentation violente et malsaine de la société via les films et séries, les chaînes d'info continue ou les réseaux sociaux.

Nos médias nous placent dans une schizophrénie permanente en faisant de nous des spectateurs permanents de la violence pour utiliser mercantilement nos émotions, et nous exhortent avec les mêmes leviers émotionnels et mercantiles à la refuser.

Tout comme le temps de cerveau disponible que se partagent les médias, je pense qu'il y a aussi un potentiel d'indignation ou de réaction/indifférence à la violence, que media, politiques ou cinéastes se battent pour exploiter chez chacun de nous.

Je n'aurais jamais pu être policier, pour moi c'est un des métier les plus dur qui existe et pourtant tellement indispensable. Nos policiers, policières et gendarmes sont exposés en permanence aux pires facettes de la société et des êtres humains. Comme si cela ne suffisait pas, il faut en plus assurer une mission de maintien de l'ordre qui implique qu'ils et elles fassent peur aux citoyens. Face à des citoyens qui ne se laissent pas faire, la violence fait partie de leur moyen de remplir leur mission. De mon point de vue, la mission confiée aux forces de l'ordre est violente pour eux et implique la violence vis à vis des autres.

Cette violence dites légitime, que l'on tolère chez les forces de l'ordre à un corollaire, la sécurité des biens et des personnes, la paix, le respect des règles, comme le rappel le président à un policier qui l'interpelle pour obtenir son soutien:

Les propos du Président @EmmanuelMacron sont impeccables: les forces de l'ordre sont nécessaires et doivent être soutenues, mais les individus qui les composent doivent respecter les règles et s'ils font des conneries ce doit être dit (et sanctionné)
Lien vers la vidéo

Sauf que nous avons changé d'époque. La violence, présente dans toute la société, est de moins en moins tolérée, ou du moins égoïstement quand elle est dirigés vers soit, alors que dans le même temps nous en consommons de plus en plus sur les média qui nous entourent (réseaux sociaux, film, séries, chaînes d'information...) et que nous en produisons de plus en plus, notamment dans la manière de communiquer: d'abord via les outils numériques, puis dans le langage parlé entre amis et enfin à destination d'inconnus ou de représentants de quoi que ce soit.

C'est pour cela que je parle de schizophrénie, puisque d'un côté nous sommes demandeur de violence en tant que spectateur, producteur dans nos communications, et de l'autre nous la refusons, même lorsqu'elle est supposée être légitime.

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mercredi 30 août 2023

Éoliennes offshore, une bonne idée qui risque d'être sabotée par les financiers

J'ai découverts avec un grand intérêt le fil twitter d'Eric Sartori très accessible à lire sur le principal problème des éoliennes en mer : leur rentabilité et été surévalué et l'on se prépare une catastrophe, non pas écologique ou technologique, mais financière.

Parc d'éoliennes offshore, source https://image.ifremer.fr/data/00776/88810/On apprend dans ce fil que pour obtenir les financements ou les marchés, les frais liés à l'entretien et l'usure prématurée due à l'environnement marin ont été très largement sous estimés.

Les éolienne offshore (hors des côtes) fonctionne dans un environnement beaucoup plus corrosif que pour leur équivalent terrestre:

  • taux de défaillance beaucoup plus important,
  • durées de vie plus courtes,
  • capacité de production qui baisse plus vite

ce qui fausse les plans d'amortissement de ces installations, avec une rentabilité presque de moitié par rapport aux éoliennes terrestres. Et c'est là que les financiers peuvent conduire à un effondrement de ces projets. Si la maintenance coûte beaucoup plus chère, la rentabilité est moindre, les investisseurs et les assurances vont chercher à récupérer leur argent en rognant sur le fonctionnement, la sécurité, les études...

Tout cela rappel que l'énergie et la transition écologique devrait être une affaire d'État et pas de financiers. Seuls les États peuvent accepter des projets à peine rentables ou bénéfiques sur le très long terme (cf. les centrales nucléaires). Le privé devrait être cantonné aux projets à court terme et à la sous-traitance.

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dimanche 6 août 2023

Canicules marines

L’impact des hausses de chaleur sur les gorgones méditerranéenBrut à fait un excellent documentaire sur la canicule marine qui est invisible pour le plus grand nombre, mais touche la méditerranée.

Voir le reportage de BRUT: https://www.brut.media/fr/nature/l-...

Lorsque j'étais jeune dans les années 80-90, lorsque je faisais de la plongée autour des îles de Lerins à Cannes, les versants Est sous-marin étaient "brûlés" par la pollution portée par le courant ligure, avec les posidonies recouvertes de parasites toute l'année et pas seulement en fin de saison (la posidonie perd ses vieilles feuilles et au printemps de belle nouvelles feuilles vertes changent la couleur de l'herbier). Il y avait sur le fond de grande chevelure d'une espèce d'algue qui semblait prospérait dans les eaux plus polluées.

La mise en place de norme de rejet en mer par l'Europe ont conduit les villes françaises et italiennes à faire des efforts sur leurs stations de traitement des eaux usées. A Nice c'était l'époque de la mise en place de la station d'épuration Aliotis, et la même chose en Italie s'est fait aussi car en 25 ans ces fonds marins brulés par la pollution ont retrouvé leur splendeur avec une vie débordante, car les tombants exposés au courant sont ceux qui charrient le plus de nutriments.

Hélas, il semble que les canicules océaniques vont à nouveau attaquer ces écosystèmes fragiles car avec un rythme de régénération beaucoup trop lent.

Sources:

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mercredi 5 avril 2023

ChatGPT: des enjeux sociétaux et pédagogiques considérables

Généré par DALL·E le 2023-04-04 - many minds connected with a luminous network.pngAu même titre que le moteur de recherche à été une révolution dans l'accès aux ressources d'internet, ou la connectivité permanente fournie par les smartphone dans notre relation aux savoirs, un outil comme ChatGPT et tous les dérivés qui sont en train d'émerger, va nous faire franchir une nouvelle étape dans notre relation à l'information.

En quelques semaines, tous les élèves et étudiants ont pris conscience du potentiel de cet outil dans leur travail scolaire. Voici pour moi les impacts immédiats sur ma pratique d'enseignant.

Accès internet permanent

J'ai choisi de laisser accès en permanence à mes élève un accès à internet, que ce soit sur les ordinateurs de la classe, sur leur tablette fourni par la Région ou sur leur smartphone (oui ils peuvent utiliser leur téléphone dans ma classe, tant que c'est en rapport avec le sujet du cours). Les élèves accèdent donc à internet même pendant que je fait cours pour parfois me corriger ou compléter mes propos. Autant vous dire qu'il vaut mieux être humble, si on veut conserver sa crédibilité

Du coup, il n'y a aucune barrière à l'utilisation de ChatGPT en classe. Les élèves s'en servent comme une ressource, comme ils le faisaient précédemment avec les moteurs de recherche, sauf que cet outil leur épargne l'étape de synthèse des résultats d'une recherche et c'est là que cela change la donne, car une bonne partie du job de l'enseignant consiste à transmettre aux élèves la capacité à synthétiser les savoirs et à les réinvestir. Si on supprime l'étape de synthèse, sera-t-il encore possible d'enseigner le reste ?

Les moteurs de recherche ont préparé le terrain

Les élèves utilisent mal les moteurs de recherche en classe, même après leur avoir fait un cours sur le sujet. Ils sont rares à extraire les mots clés d'un sujet et se contentent de recopier une question en langage naturel. De plus ils considère que les 2 premières réponses sont valides et n'utilisent que rarement leur esprit critique, qu'il ont par ailleurs, sur la pertinence des réponses. Il y a une confiance candide dans les réponses des moteurs de recherche qui est effrayante.

D’ailleurs, les moteurs de recherche l'ont bien compris et ont tous, depuis longtemps déjà, ajouté des IA pour "traduire" les questions des internautes. Il devient quasi impossible de faire une recherche par mots clé dans les grands moteurs de recherche généralistes, qui mélangent reformulation et algorithme de suggestion ou publicitaires, afin de pousser les réponses qu'ils jugent pertinentes. Mon cours sur les moteurs de recherche censé apprendre aux élève à utiliser la recherche avancée, qui date de 2 ans seulement, est déjà obsolète et ne fonctionne plus.

Les élèves (et donc les gens en général) ont pris l'habitude que leurs recherches dans les moteurs soit reformulées par des IA, qui sur les sujets simples, fournissent déjà des réponses synthétiques extraites des résultats de la recherche. Le petit encart à droite qui donne la réponse la plus probable, les premiers liens vers la publicité en rapport et les 2 premiers résultats de la recherche. Qui va chercher plus loin ?

Super moteur de recherche

ChatGPT est donc perçu tout naturellement comme une évolution des moteurs de recherche. Il n'extrait plus une réponse qui semble pertinente, il la fabrique. Il supprime le besoin de faire une synthèse des résultats d'une recherche, ce que les enseignants attendent des élèves, et fournis directement une synthèse. Une seule réponse qui est la digestion de ce qui se trouve sur le net.

La nature humaine étant ce qu'elle est, une seule réponse, c'est beaucoup moins d'effort, donc elle est adoptée, d'autant plus qu'elle est formulée en langage naturel, ce qui facilite son adoption. Faire travailler l'esprit de synthèse aux élèves et prendre du recul sur un sujet va devenir une gageure.

Quid de la pertinence ?

Sauf qu'au même titre que les réponses que l'on trouve sur internet ne sont pas forcément justes, rien, absolument rien ne garantie que les réponse de ChatGPT sont justes. C'est avant tout un outil conversationnel, c'est à dire qu'il utilise des algorithmes et des corrélations à partir de sa base de connaissance, pour construire des réponses structurées et cohérentes. Il excelle dans ce qui s'appuie sur l'existant, et peut proposer des corrélations intéressantes, mais sa logique peut être fausse et ses propos cohérents mais pas forcément vrais.

Droits d'auteur

Pas grand monde en cause, mais les IA posent des problèmes ardus en matière de droits d'auteur. Déjà que les élèves ont du mal à comprendre le concept, ce n'est pas avec ces nouveaux outils qui font du remix industriellement que l'on va les aider à comprendre.

A lire sur le sujet Wikimedia analyse les enjeux de droits d’auteur posés par ChatGPT et l'article publié par la fondation Wikimedia (en anglais) Wikilegal/Copyright Analysis of ChatGPT. Cela mérite un billet rien que sur le sujet.

Tendance

Je vois des élèves se désespérer que ChatGPT ne leur fournissent pas une réponse aux problèmes posés par le travail qu'ils ont à faire, et qui abandonnent au lieu de chercher à acquérir l'expertise requise pour résoudre le problème. Le copier/coller continue à faire des ravages, que ce soit de solutions trouvées grâce à un moteur de recherche, ou générée par une IA.

Encore trop d'élèves ne comprennent pas que les enseignants attendent qu'ils digèrent l'information, l'analyse, pour pouvoir l'utiliser dans d'autres contextes, et donc l'enrichir et la mettre en perspective, et pas simplement la restituent, ce que n'importe quel moteur de recherche ou IA peut faire.

Il me semble qu'il va y avoir un agrandissement du fossé entre ceux formés à l'analyse et ceux qui se contente d'analyses produites par d'autres (hier les média, demain les IA). La généralisation d'IA dans tous les secteurs va conduire à un appauvrissement des compétences analytiques et un risque majeur de manipulation. Car une fois que les humains délégueront la démarche analytique aux IA et auront perdus pour la plupart la capacité ou l’entraînement à les faire, l'altération des algorithmes pourra se faire de manière invisible.

Les aides pour trouver l'information, les aides à la décision, les suggestions liées aux habitudes... tous ces domaines dans lesquels les IA vont exceller, fonctionneront sans réel contrôle. Des hackers pourront altérer le fonctionnement de ces IA sans que cela ne soit visible. Aujourd'hui les démocraties sont en train d'être hackées par les gouvernement illibéraux en jouant avec les algorithmes des réseaux sociaux. Demain, ce sera encore plus facile, il suffira de changer les paramètres des IA dans lesquelles nous baignerons.

On fait quoi alors ?

L'avenir est à la redondance, avec des IA qui contrôlent des humains, des humains qui contrôlent des IA et des IA qui contrôlent des IA. Il faut aussi que les états soient en capacité de surveiller les usages des IA avec des obligation de transparence :

  • Tout ce qui provient des IA doit être identifié comme tel, avec un mécanisme de contournement. Par exemple une recherche enrichie par IA, devrait pouvoir être faite sans l'aide de l'IA.
  • Le processus d'accompagnement par une IA devrait pouvoir être décortiquer pour apprécier la pertinence de cet accompagnement, notamment pour tout ce qui est aide à la décision, afin de permettre une reprise en main manuelle sur tout ou partie du processus.
  • Il va falloir former massivement et en urgence les citoyens et les décideurs, pour qu'ils soient exigeants et ne se fasse pas manipuler.

En lisant ceci, je suppose que vous vous dites comme moi, que c'est très utopique. Mais vous, vous voyez quoi comme piste pour que ces outils deviennent plus un bénéfice qu'un risque ?

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lundi 6 mars 2023

La démocratie liquide

Malgré les populistes qui conflitualisent tous les sujets et bloquent tous les mécanismes démocratiques, il ne faudrait pas s’empêcher de cogiter sur le concepts même de démocratie, non pas comme ces abrutis qui veulent la détruire, mais au contraire pour la protéger.

Je suis tombé il y a quelques temps sur cet article qui est une traduction collaborative et qui traite de la démocratie liquide. Une approche qui n'est possible qu'avec l'utilisation des technologies du numérique. Il est probable que l'on ne puisse pas forcément l'appliquer pour l'élection présidentielle, mais pour des scrutins avec de plus petits collèges électoraux, ce pourrait être expérimenté.

Il me semble que le niveau municipal serait un bon niveau pour appliquer le concept de démocratie liquide. Pour le moment les citoyens ne sont pas prêt, mais avec de la pédagogie, pourquoi pas ?

https://framablog.org/2015/12/09/democratie-liquide/

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dimanche 12 février 2023

C'est quoi le wokisme ?

Voici ci-dessous repris en intégralité un fil publié par Athéologien @Atheologien sur ce que pourrait être une définition du wokisme:

Je n'utilise jamais le terme "woke". C'est un mot piégé, et souvent instrumentalisé à des fins politiques malveillantes. Je préfère parler de "gauche illibérale"[1], ou "anti-universaliste".

Voici, à mon sens, les traits qui la caractérisent (à des degrés variables).

1. Au nom de la protection des dominés, rétablir des assignations identitaires ou catégorielles basées sur les attributs biologiques des êtres humains. Ex : "les hommes tuent", "x est racisé", "privilèges blancs"., etc.

2. Ériger le sentiment subjectif d'offense en tant qu'obstacle légitime à l'expression du discours (ou de l'art), indépendamment du caractère légal ou non de ce discours. Ex : s'opposer à la publication de caricatures acerbes ou de critiques véhémentes des religions.

3. Accorder aux personnes "concernées" par un sujet un droit d'exclusivité pour s'exprimer sur ce sujet, même s'il s'agit de propos d'ordre prescriptif ou normatif. Ex : "tu es blanc/un homme, tu ne peux pas t'exprimer sur la lutte contre le racisme/la misogynie".

4. En cas de sentiment d'offense ou de désaccord, privilégier la disqualification de l'interlocuteur plutôt que la réponse de fond ou la tentative de convaincre. Ex : Traiter de "facho", "transphobe", "dominant" pour écarter un propos, sans chercher à argumenter.

5. Ignorer totalement certains types de dominations au seul motif qu'elles ne s'appliquent qu'à une communauté et que sa dénonciation pourrait être "sitgmatisante". Ex : Qualifier "d'islamophobie" toute critique de la domination exercée par l'islam sur ses adeptes.

6. Faire systématiquement primer certains types de dominations (identitaires, raciales, genrées) sur la domination économique (en tant que clé de lecture). Et refuser de considérer cette dernière comme sous-jacente à d'autres dominations.

6bis. Chercher à expliquer les phénomènes de façon mono-factorielle, sous le seul angle des logiques de domination identitaire. Ignorer les autres facteurs ou les éléments de complexité qui peuvent être apportés au débat.

7. Aborder tous les faits historiques avec une lentille contemporaine, au risque de porter des jugements anachroniques ou d'ignorer la complexité et les nuances d'une situation historique et de son contexte.

Évidemment, ces différentes attitudes ne vont pas toujours toutes ensemble. Certaines personnes n'adopteront que certaines d'entre elles, et à des degrés plus ou moins prononcés. Comme toujours en matière d'idées, on se situe sur un spectre, et non dans des cases. Ces différentes attitudes forment une "tendance" qui est identifiable.

Les termes "gauche illibérale" ou "gauche anti-universaliste" peuvent fournir des points de repères pour s'y référer.

Ça ne veut pas dire que ces termes désignent une notion figée et homogène. A titre personnel, j'estime que chacune de ces attitudes est problématique, et doit être combattue. J'ai diverses raisons, dont je serai toujours heureux de débattre. Ca n'empêche pas que certaines de ces attitudes puissent partir de bonne intentions ou de causes justes.

Note

[1] Le terme illibéral, tel qu'ici employé, fait évidemment référence au libéralisme politique, et non économique.

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lundi 31 octobre 2022

Deux visions de la femme et de l'éducation des garçons

Pour suivre le raisonnement que je vais faire, il faut d'abord accepter le postulat suivant: "les hommes sont intrinsèquement des obsédés sexuels". Si vous n'êtes pas d'accord avec ce postulat, la suite du raisonnement ne tient pas bien. Donc je part du principe que vous l'avez accepté.

  1. Il existe un modèle de société, où la femme est en danger dès qu'elle est en présence d'hommes. Il faut donc protéger les femmes en les isolant des hommes en lesquels elles ne peuvent avoir confiance, ou alors les rendre aussi peut désirables que possible, pour contenir les pulsions sexuelles des hommes.
  2. Il existe un autre modèle de société, dans laquelle les jeunes mâles sont éduqués pour vivre avec leur pulsions sexuelles et les gérer, afin de permettre aux femmes de se balader tranquillement.

Dans la première, les hommes sont déresponsabilisés et ils transfèrent la gestion de leurs pulsions aux femmes. Ce sont à elles de se protéger. Ce sont les hommes qui imposent aux femmes ce qu'ils sont, et elle n'ont qu'à faire avec. On est bien dans un modèle de domination des hommes sur les femmes.

Dans la seconde, les hommes sont responsabilisés et gèrent eux même ce qu'ils sont. Dans ce modèle les femmes n'ont pas à subir ce que sont les hommes[1], mais juste vivre avec, comme avec n'importe quel autre individu (masculin ou féminin). C'est un modèle qui tend vers l'égalité, puisque l'on ne traite pas les hommes et les femmes différemment[2].

Cette confrontation de modèles de sociétés est bien sûr ce qui sous-tend la question du port du voile, nécessaire dans un modèle et aberrant dans l'autre. Aberrant car si l'on laisse se développer la logique de port du voile dans certains parties de la population, cela sous-entend que l'on y abandonne l'idée d'éducation des garçons, et donc que le reste de la population féminine est en danger[3].

En France et en Europe, nos société sont construites sur le principe de l'homme éduqué à gérer ses pulsions, avec le modèle du gentleman. Et donc le communautarisme[4] pose problème, car il n'est pas possible, que selon le quartier où l'on vit, sa couleur de peau, ou son niveau de revenu, il faille aux femmes, tantôt être responsable des pulsions des hommes, tantôt en être affranchies. C'est une remise en cause du modèle européen, dangereuse pour les femmes.

Notes

[1] Du moins beaucoup moins que dans l'autre modèle.

[2] Je sais, on n'y est pas encore pour le reste, mais pour ce point c'est ce vers quoi tendent les modèles de sociétés occidentales.

[3] Je pousse bien sûr mon raisonnement à l'extrême.

[4] Se rassembler et vivre différemment au sein de la société, avec des règles différentes de celles des autres communautés.

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vendredi 7 octobre 2022

La réforme et le statu quo

La réforme[1] est forcément quelque chose de positif pour celui ou celle qui la porte, et négatif pour la majorité des personnes qui la subissent dans la mesure où l'humain est par défaut conservateur.

Du coup, les dirigeants politiques ou d'entreprise dépensent une énergie folle à transformer le concept de réforme en quelque chose de positif "il faut réformer ceci ou cela" alors que c'est par essence voué à l'échec.

L'être humain, bien que curieux, adore, chéri, sa sécurité qui provient de la connaissance de son milieu. Toute tentative de modification de son environnement introduit un sentiment d'insécurité: quand on déplace un meuble dans son logement, la nuit suivante, lorsque l'on va aux toilettes dans le noir, on se tape forcément l’orteil dedans en maudissant celui ou celle qui a changé de place le meuble. Est-ce à dire que la nouvelle place du meuble n'est pas meilleure ?

En fait, les oppositions, toutes les oppositions, n'ont pas besoin de faire grand chose pour s'opposer au gouvernement ou dirigeant qui veut réformer. Il suffit de défendre le statu quo pour être en phase avec la majorité. Mais cela n'apporte pas de solutions au problème que le projet de réforme veut résoudre. C'est juste politiquement confortable, mais strictement inutile pour l'intérêt général. C'est pourquoi j'admire le patron de la CFDT, Laurent Berger, qui ne défend quasiment jamais le statu quo et se rend toujours disponible pour négocier. C'est la position la plus inconfortable qui soit, mais aussi la plus constructive. En portant cette position, il imprime la démarche à toute l'organisation. Je ne sais pas si c'est lui qui imprime la position de la CFDT ou s'il est en phase avec, mais il en est le symbole.

Note

[1] Le mot réforme à l'origine signifie revenir aux sources, mais on est loin de ce sens aujourd'hui.

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samedi 17 septembre 2022

L'assignation et le racisme

Voici une explication parfaite en 5 minutes de vidéo de ce qu'est l'assignation, une manière par laquelle s'exprime le racisme que nous avons tous en nous:


Les mécanismes de l'assignation par Tania de Montaigne - 28 Minutes - ARTE

Noir, blanc, femme, homme, handicapé… Que signifie être assigné à une identité ? @demontaignetan décrypte ces mécanismes simplistes, souvent racistes, qui enferment les individus et les privent de leur singularité. Tweet original

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