Il y a quelques mois, je suis allé au Burkina Fasso animer une formation. Un soir je discutait avec le serveur du bar en lui demandant si tout le monde parlait le français. Il m'a répondu qu'à peut près tout le monde, plus ou moins bien. Je m'étonnait que depuis l'indépendance il n'y ait pas eut une volonté de choisir une autre langue que celle de l'ex colonisateur. Il m'a alors expliqué que sinon les gens ne se comprendraient pas. En effet il y avait autant de langues et dialectes que de régions ou d'ethnie qui composaient le pays.

Et de fait, cette langue se retrouve un trait d'union, non seulement dans le pays, mais également au niveau du continent. Un chauffeur m'expliquait qu'il avait de la famille dans différents pays. La migration d'un pays à l'autre n'aurait sûrement pas été aussi facile.

Quant on y réfléchi un peu, c'est une chance de disposer d'une langue qui n'appartient à aucun groupe majoritaire dans le pays. A comparer au problème que vivent les espagnols avec le catalan qui est la langue d'une région et donc l'image du pouvoir de cette région et de sa population sur les autres régions. Bien sûr, le français est la langue de l'ex colonisateur. Certains pays comme l'Algérie se chargent bien de le rappeler et ont visiblement du mal à s'en émanciper (du moins les dirigeants). La nouvelle génération de dirigeant de l'afrique devrait faire faire le dernier pas de ré appropriation de cet outil qu'est la langue.



C'est un outil de rassemblement et pas de division. L'Afrique, lorsqu'elle sera prête, disposera d'un avantage certain pour s'unir en continent comme les européens avec seulement 2 langues officielles parlées par quasiment tous ses citoyens.