En répondant à un commentaire, j'ai relu mon "excellent" billet sur la multidimentionnalité du champ politique[1] et je voudrais revenir sur un des exemple que je donnais pour illustrer un des nombreux axes de lecture que l'on peut prendre, pour sortir du traditionnel et réducteur gauche/droite.

  • La religion/laïcité de la société : finalité, moyen, nécessité ?

Si l'on regarde l'action politique de Nicolas Srkz depuis 10 ans, il est clair que la laïcité ne fait pas partie de son modèle de société. Il a réintroduit dans la république des représentants de chacune des religions, alors que l'état français est supposé les ignorer toutes[2]. Le simple fait qu'il puisse dire dans un discours que le curé est plus important que l'instituteur est une confusion dramatique.

L'un instruit et donne au futur citoyen les moyens de se construire. En allant à l'extrême, on pourrait presque dire que l'instituteur et le système scolaire en général représentent l'intérêt général. A contrario, le curé (ou l'imam, ou le rabbin) participe à la construction d'un individu[3], et selon la même grille de lecture est un représentant de l'intérêt individuel[4].

Le simple fait de comparer les 2 est déjà en soit une anomalie pour le représentant d'un état qui se veut laïc. Mais c'est aussi une parfaite illustration d'un projet de société complètement différent de celui porté par François Bayrou qui place la laïcité au cœur de sa relation avec la chose religieuse.

La laïcité est un réel projet de société qui place la religion dans la sphère privée. C'est aussi une vision libérale de la société, dans laquelle l'individu se construit en étant libre d'avoir ou pas une religion, de la pratiquer ou pas.

François Bayrou est un peu un extrémiste de la laïcité. Il peu revendiquer cette position d'autant plus aisément qu'il est croyant pratiquant, illustrant par là même la séparation entre l'homme d'état et le croyant.

Notes

[1] Là ça ronfle comme titre, j'espère que vous allez au moins cliquer sur le lien.

[2] Srkz a œuvré pour que la religion musulman ait un interlocuteur "représentatif" pour l'état. Si l'idée est intéressante, ce n'est pas à l'état de le faire mais aux responsables du culte de s'organiser en ce sens.

[3] Notez la différence, l'un apprend à se construire quant l'autre fourni un cadre prédéfini dans lequel l'individu doit entrer. C'est manichéen comme vision, mais c'est un peu fait exprès, histoire de faire un raisonnement basique.

[4] Le mot intérêt est douteux ici, mais c'est pour faire le pendant de la phrase précédente.