La libération de la parole des femmes pour dénoncer le comportement de certains hommes me semble un progrès salutaire, et j'ai lu quelques exemple d'histoire #balancetonporc assez édifiantes. J'ai cependant le sentiment que ce n'est qu'un épiphénomène d'un mal plus profond.

J'ai découvert il y a peu que ma fille de 15 ans avait subit des propos particulièrement déplacés. Mon épouse était au courant. Pas moi. Premier choc.

Elle avait décidé de faire une séance photo avec une copine, et elle s'étaient toute les 2 pomponnées pour l'occasion avec des tenues que l'on qualifiera de soirée, c'est à dire un peu plus habillées qu'à l'accoutumé. Des hommes, en fait des cons devrais-je dire, les ont insulté dans la rue en les traitant de putes alors qu'elles se rendaient sur le lieu du shooting photographique. Deuxième choc.

Mais quel est donc ce monde vers lequel nous allons dans lequel on se fait insulter lorsque l'on marche simplement dans la rue. Ce sont probablement les mêmes qui déversent leur hargne et frustration sur les réseaux sociaux en insultant ceux avec lesquels ils ne sont pas d'accord. Les avalanches de propos déplacés et irrespectueux qui sont envoyés à la figure des gens qui prennent position sont tout simplement ahurissantes. Des opinions et propos pas toujours très heureux qui étaient cantonnées aux dîners de famille un peu arrosés, ou conversations de comptoir, se retrouvent en liberté maintenant sur le net, et même dans la rue, les mauvaises habitude prise ici se retrouvant là.

N'y a-t-il donc plus de bienséance ? La parole semble avoir perdue une partie de ses filtres. Nous, nous en plaignions il y a quelques années au sujet des opinions nauséabondes du FN qui se proféraient sans plus aucune retenue. Le mal s'étend maintenant à tous les sujets et à tous les canaux de communication. Les propos tenus lors d'émissions télévisées de divertissement par les animateurs n'ont plus de filtre (cf Hanouna). Les politiques qui veulent exister dans les média n'ont plus aucune retenue (cf Cioti), les journalistes qui veulent faire du buz pour la survie de leur média (cf Mediapart ou plus localement NiceMatin)... tous les canaux officiels de communication perdent leurs filtres, alors pourquoi s'étonner que les citoyens en gardent, d'autant plus que l'accès à la parole libre est récente sur le net, et personne n'a jamais formé les utilisateurs des réseaux sociaux, lieu d'impunité sans aucun mécanisme d'auto contrôle (contrairement aux forum ou blogs d’antan).

J'aime bien la vidéo ci-dessous que m'a montré ma fille sur les relous de service, mais quelle en est l'efficacité ?