Voilà, ça y est, le Brésil, le plus grand pays d'Amérique du sud, 9e puissance économique mondiale avec 209 millions d'habitants, vient de voter à 56% pour un président de la république d'extrême droite. Les brésiliens avaient le choix entre 2 courants extrêmes, d'une part le représentant d'un ex-président corrompu de gauche, un Mélenchon local, mais déjà en prison lui, et un ex-militaire au discourt radicalisé mais au casier judiciaire vierge. Dans un pays miné par la corruption, le dégagisme l'a emporté encore une fois.

Dans le même temps en Allemagne, les partis traditionnels de gauche et de droite se prennent des claques dans les scrutins régionaux, élection après élection, avec des -10% par rapport aux précédents scrutins. La chancelière allemande ne pourra bientôt plus gouverner et prendre des décisions structurantes pour son pays, mais surtout pour l'Europe, engluée dans une contestation interne l'obligeant à une politique de moins en moins audacieuse pour ne serait-ce que garder sa majorité. Au moment où l'avenir de l'Europe se joue, un de ses pilier est obligé de regarder son nombril politicien au lieu de se projeter dans l'avenir.

Et ne nous leurrons pas, c'est exactement ce qui est tenté en ce moment en France par les oppositions agonisantes, qui au lieu de se battre pour un modèle de société, le leur, dépensent toutes leurs énergies à déconstruire non pas la politique du gouvernement, mais le pouvoir régalien. Casser les symboles de l'état, distiller le doute, remettre en cause le fonctionnement au lieu de l'action menée.

Toutes ces graines semées du dégagismes qui germent à chaque élection, permettent certes à ces oppositions de revenir au pouvoir, mais certainement pas de gouverner par la suite. Une fois que le parlement, les syndicats, les corps intermédiaires, la police, les fonctionnaires sont discrédités, allez reconstruire quelque chose...

Je n'écris pas beaucoup en ce moment, mais ce qui sort ressemble à de salles idées noires...