Je suis en colère contre tous ces incompétents, tant politiques que médiatiques, qui ont tous foncés la tête la première dans le magnifique piège des gilets jaunes. Certains médias commencent à avoir des doutes, à remettre en cause certains aspects du mouvement qui sont pour le moins problématiques, mais c'est trop tard. Le merdier est lancé, et tout le monde va devoir ramer des mois pour le calmer.

Un timing juste opportun

Tous ces gens qui ont réellement des problèmes, et pas juste ce mois-ci, mais depuis des années, comment se fait-il qu'ils se mettent à s'exprimer juste au moment du lancement de la campagne des européennes, juste au moment où les premiers résultats positifs de la politique de Macron arrivent. Quelle drôle de hasard !

Le chômage est en léger recul sur 1 an, l'attractivité économique de la France est forte hausse, l'investissement industriel créateur d'emplois est en hausse, les salaires, pas tous, mais dans pas mal de secteurs sont en hausse en raison du besoin de mains d’œuvre ou plus prosaïquement en raison de la suppression de certaines cotisations, le nombre d'heures supplémentaires est en hausse indiquant un remplissage des carnets de commandes, la France a retrouvé son attractivité touristique d'avant les attentats. Bref les indicateurs commencent, lentement, à passer au vert. Alors je ne me leurre pas, pas pour tout le monde, mais ce léger mieux est totalement passé à l'essoreuse médiatique, écrabouillé par une contestation pour une augmentation de 4ct par litre d'essence, pourtant déjà effacée depuis par la baisse des carburants (voir mon billet là dessus).

Des revendications sans queue ni tête

Comment fait-on pour qu'un mouvement de contestation ne puisse pas se calmer ? C'est très simple, il suffit d'avoir des revendications impossibles à satisfaire, voir contradictoires, afin que l'interlocuteur en face ne puisse jamais y répondre.

Aucun syndicat, même le plus extrémiste n'aurait osé faire une lettre au père Noël comme l'ont fait les gilets jaunes, car l'objectif d'un syndicat c'est d'obtenir des avancées sociales, pas le chaos. Un syndicat qui se lance dans une contestation, doit envisager dès le début une sortie, sinon il perd ses troupes en court de route et sa crédibilité. Mais le mouvement des gilets jaunes, ne cherche plus depuis longtemps à obtenir quelque chose. C'est un mouvement d'opposition à tout. Un gloubiboulga de contestations sans revendications sur lesquelles le gouvernement pourrait faire des propositions.

Intrinsèquement, le mouvement des gilets jaunes ne permet pas que le gouvernement puisse lâcher quoique ce soit. Quelque soit les actions du gouvernement, il y aura tjs un autre sujet de la lettre au père Noël qui ne sera pas satisfait.

Manipulation il y a, et cela devient visible

Au delà des affinités politiques de certains gilets jaunes médiatisés, il y a un truc qui devrait nous interpeller: pourquoi les soit disant porte-paroles des GJ reçoivent des menaces de mort s'ils rencontrent le gouvernement ? Pourquoi le mouvement est incapable de s'organiser ? C'est si compliqué de trouver des porte-paroles ?

La réponse est simple, c'est qu'il y a des gens qui ont intérêt à ce que ce mouvement dure et ne trouve aucune issue. Il faut que cela pourrisse pour tenter d’agréger d'autres colères, réelles ou fictives comme celles des lycéens ou des routiers. Il faut mettre le pays à feu et à sang, casser la reprise économique, la reprise du tourisme, affaiblir l'économie pour affaiblir Emmanuel Macron. Le but n'est clairement pas d’améliorer les fins de mois de ceux qui sont dans la merde, car n'importe qui d'un peu censé sait que si une taxe baisse d'un côté, il faut en augmenter une autre.

Des élus d'opposition pitoyables

A vouloir essayer de faire peuple en embrassant la cause des gilets jaunes, les élus d'opposition n'ont pas compris qu'ils se décrédibilisaient encore plus. Ils sont inaudibles au sein du mouvement des gilets jaunes qui rejette en bloc tous les corps intermédiaires (syndicats et partis) et ridicules auprès du reste de la population. C'est le jeu du qui perd, perd !

Les oppositions en demandant une démission du 1er ministre ou du président de la république, en plus d'être non républicains, distillent dans la tête des électeurs qu'il suffit de bloquer quelques rond-points pour remettre en cause les principes démocratiques de notre pays. Ils auront l'air fin s'ils arrivent un jour aux affaires et qu'au bout de 18 mois ont leur ressort leurs propos de 2018 !

Les média ont joués avec le feu

En donnant la parole sans aucune mise en perspective ou contradiction, en relayant tous les mots d'ordre sans se demander qui parlait, en amplifiant et légitimant les contenus des réseaux sociaux, ils ont créé un monstre sans tête ni cervelle, emplis de frustrations. La télé émotionnelle a vaincue la télé qui pense (idem pour les autres, presse ou radio). Et maintenant que les journalistes se réveillent, ils ont beau expliquer, plus personne ne les écoute.

À jouer avec les émotions, les média ont oublié que les démentis et analyses sont vues et entendues par moins de 10% de ceux qui ont juste regardé les gros titres. Ramez maintenant pour dégonfler la bête immonde des gilets jaunes démagogiques et casseurs qui n'a plus rien à voir avec les personnes dans la merde qui y étaient au commencement. Ramez maintenant pour que des dizaines de milliers de gens que vous avez aidé à chauffer à blanc de colère, reviennent sur terre et se retrouvent avec le goût amer de la frustration.

Allez-y les experts, les éditorialistes condescendants, les champions de l'infotainment. Allez leur dire à tous ces gens qui souffrent pour de vrai que vous vous êtes bien foutu de leur gueule dans votre intérêt et qu'ils n'auront que quelques centimes de plus à la fin du mois, car dans la vraie vie, le gouvernement n'a pas de marge de manœuvre. Allez-y, assumez d'avoir fait miroiter de faux espoirs juste pour faire du buzz et l'audimat. Allez-y...