La liberté est vraiment une denrée rare. Dès que le petit peuple veut s’en servir il y en a toujours pour que ça dérange. Je suis encore en colère quant je vois ce que les esprits fumeux du marketing politique ou industriel essaient de faire de la blogosphère.

On a vu la mutation de l’internet en un grand espace marchand perdant peut à peu les éléments de son identité originelle sous l’action des grands groupes économiques. On forme aujourd’hui des cyber-consommateurs et pas des internautes. Combien savent encore ce qu’est la netétiquette ? La culture du partage qui est celle fondatrice d’internet est totalement occulté par celle de la valeur et de l’intérêt immédiat.

Je vais illustrer mon propos. Lorsqu'une entreprise a un site web, elle commence par demander comment être sur les premières pages de Google et non pas quel contenu est proposé aux internautes. Du coup on a vu fleurir quantité de « portail » web qui n’avaient comme fonction que d'optimiser le référencement de leurs clients. Le corollaire c’est que les moteurs de recherche ont été pollués par ces sites (et le sont encore malgré l’amélioration des algorithme d’analyse des moteurs) au risque de perdre les internautes au lieu de les mener à la bonne information. Selon les sujets, il faut un doctorat en recherche internet pour trouver une réponse qui pourtant existe, noyée dans le bruit.

Le détournement des belles idées du web est en ce moment à l’œuvre avec le fameux Web 2.0 dont les blogs sont la partie la plus visible. Sony s’est fait prendre la main dans le sac avec un faux blog pour faire la promotion de sa dernière console de jeux. C’est évidemment la poire qui se fait avoir pendant que tous les autres ne se privent certainement pas de faire pareil. Le problème étant ici, non pas de faire son auto promotion mais de la faire à visage couvert.

Mais le pire est à venir. Les partis politiques français (pas seulement, mais c’est eux qui m’intéressent pour le moment) ont très vite compris et craint la puissance de la blogosphère en matière de vecteur de message. Et là les tête pensantes de l’UMP ou du PS ont abordées bille en tête la question blog par le mauvais côté, à savoir l’occupation d’espace, le rouleau compresseur médiatique à la sauce internet.

L’UMP en premier a attaqué avec l’achat de mots clés. Il est impossible aujourd’hui de faire une recherche dans Google sur un sujet d’actualité sans qu’il n’apparaisse une pub pour Sarkozy à côté de la réponse. Ils ont ensuite mis en place une plate forme pour que leurs militants créent des blogs UMP. Je ne m’étendrais pas sur une telle démarche tellement je suis contre.

Le PS qui en était encore à se plaindre des mots clés choisi par l’UMP a donc rattrapé dernièrement son retard dans la course à l’imbécillité en envoyant à tous ses militants et sympathisants inscrit sur leur mailing liste, une invitation à devenir cyber militant.

Bon et l’UDF alors, puisque je suis militant je peux vous en dire un mot. Pour faire simple, rien. Lors de l’université d’été François Bayrou a bien invité les jeunes UDF à s’impliquer sur le net. Il a également à plusieurs reprise dit qu’internet (blog, wiki, open source) était un phénomène important et intéressant, mais c’est tout. Le site web de l’UDF est moche, le blog de l’UDF ne comporte que des communiqués de presse ou des rendez-vous. La mailing liste est inexistante depuis 1 an. Bref pas de politique particulière du net. Et pourtant le site bonVote qui analyse l’influence sur le net (positive ou négative), donne une place à l’UDF bien plus importante proportionnellement que les 2 autres grandes formations politiques.

C’est l’illustration qu’il n’est nul besoin de pourrir la blogosphère pour y exister.