Le billet de d'Eric sur la photo de l'année m'a conduit à regarder les photos des années précédentes.

Pour la plupart, c'est un catalogue d'horreurs perpétrées par le genre humain en temps de guerre. Aussi esthétisantes soient elles, ces photos sont supposées nous interpeler, nous émouvoir ou nous révolter. Ce n'est pas ce que ces photos présentent qui me fait réagir dans ce billet, mais plutôt le sentiment qu'elles auraient du m'évoquer.

En remontant dans le temps de ces albums d'horreurs, je réalisais qu'elles étaient presque ordinaires... déjà vue... presque prévisibles. Une, deux, dix, vingt cadavres, cercueils, bâtiments détruits, visages marqués, malades, dénutris.

Il y a quelques années j'avais découpé la couverture d'un magazine où l'on voyait un visage accusateur d'une fillette à peine plus jeune que moi à l'époque et je l'avais affiché dans ma chambre. J'étais dans une phase je suis un privilégié, je n'ai qu'à être heureux. Je l'avais montré à une amie de ma mère qui voyageait beaucoup et elle m'avait répondu : oui bof, tu sais, dans ces pays il y en a des millions d'enfants comme ça.

Blasée.

Perd-t-on sa sensibilité ou crée-t-on une carapace pour ne plus être touché ?