On lit de ça et là toutes sortes de critiques sur le Mouvement démocrate, comme quoi ce serait le bordel sur internet, que ce parti n'est même pas capable d'avoir un seul logo, que le Forum des Démocrates de Seignosse n'aurait pas permis d'avancer sur les statuts et pire que le travail sur la charte fait par les militants aurait été bafoué par la proposition de Bayrou. D'autres encore n'hésitent pas à parler de dérive sectaire. Certains s'inquiètent que l'UDF se mette à faire comme Cap21 et ne veuille pas se dissoudre dans le MoDem en nous pondant une improbable confédération. Nombre de nouveaux adhérents du MoDem qui ne s'intéressaient pas à la chose militante dans un parti politique avant, découvrent que ce n'est pas le pays des bizounours, et que même avec les belles idées de François Bayrou, ils y en avaient qui trouvaient moyen d'être arrivistes, opportunistes, autocrates, intrigants...


Plage de Seignosse

Sincèrement, vous pensez que si le MoDem n'était pas ce qu'il est, tout ceci se lirait sur internet. Avec un autre parti politique, cela ne sortirait que dans les journaux d'opposition. Tous unis comme un seul homme derrière le chef. Ne jamais montrer de dissension en public. Et bien non, au MoDem on lave son linge en public, on se balance des mails incendiaires avec tout le monde en copie, on gueule en réunion ou on les boycotte, on s'échine à vouloir une impossible cohérence, on communique n'importe comment, on écrit même des billets pour dire que c'est le bordel[1]... et tout ça tous en coeur, en synergie destructurée[2] au service d'un même projet : celui défendu par François Bayrou lors de la présidentielle. On se bouffe le nez, et puis après on va manger une pizza, on se ridiculise en public et ensuite on bosse ensemble pour faire avancer le smilblik.

Allez expliquer un tel bordel à un journaliste, à un militants de l'UMP ou du PS[3]. Allez lui dire que le site officiel ne comporte rien et restera désespérément insipide et que tout se passe à côté dans les blogs des militants. Allez défendre l'idée qu'il n'y a pas un leader tout puissant mais des groupes agissants, sans contours précis, ni investiture, ni statut, ni organisation. Allez essayer de parler de structures auto organisées sans contrôle du national. Aller trouver dans tout ça une seule voie ou voix.

Parce que vous croyez en plus que le 25 novembre, après le congrès fondateur du MoDem, tout ça va gentiment se ranger dans des cases. Qu'il suffira de dire que l'on a voté pour se retrouver comme en 2006 à l'UDF, tous aligné derrière un soit disant chef. Que les statuts ou la charte vont organiser tout d'un coup ce mouvement brownien. Non seulement, nous sommes en train de nous former, nous les militants, a être autonomes et responsables et je serais bien surpris qu'il y en ait beaucoup qui acceptent encore d'être des moutons, mais en plus nous créons une nouvelle sorte de militants, qui n'ont plus les même priorités et les même attentes[4] et surtout sans censure, libre comme on disait à l'UDF en 2006[5].

Nous n'attendrons pas le 25 novembre pour agir. Nous n'attendrons pas comme semble le penser le journaliste de Nice Matin, le mois de décembre pour déclencher les candidatures, négociations et autres tractations liées aux élections municipales et cantonales de 2008. Le MoDem est une entreprise auto gérée qui avance. Le mot d'ordre à Seignosse à chaque fois que des militants demandaient de l'aide du National : démerdez-vous, on a pas assez de ressources.

Et bien le MoDem sera démocrate comme aucun autre parti. Ce sont ses militants qui le font et pas seulement comme ailleurs qui le servent. Citoyens prenez le pouvoir !!

Notes

[1] Non, je ne parle pas que de moi.

[2] Notez l'association de deux antagonismes pour sous entendre une idée plus grande...

[3] Quoique avec le bordel au PS, ils seraient plus à même de commencer à imaginer.

[4] Bon je ne me leurre pas, ce n'est pas éternel, mais suffisant pour changer durablement la donne.

[5] Sauf que là c'est libre au delà de ce qu'imaginaient les militants de l'UDF en février 2006.