cedric-augustin.eu.jpgJe disais il y a peu que j'étais bien en peine d'avoir une idée tranchée sur la question de l'énergie nucléaire.

J'ai discuté il y a peu avec une connaissance qui travaille dans ce domaine, qui évoquait les futurs centrales nucléaires qui viendront remplacer dans quelques temps celles que nous utilisons et qui se rapprochent de leur fin, quant elle n'est pas déjà dépassée.

La logique consisterait à promouvoir les surgénérateurs qui présentent l'avantage de produire beaucoup plus de calories pour des quantités de combustible fissible (et donc de déchet) nettement moindre (un facteur 100 est cité dans l'article de wikipédia), avec en prime, la possibilité d'utiliser comme combustible complémentaire des déchets des centrales nucléaires actuelles, offrant un moyen de les retraiter pour certains de ces déchets.

Bref que du bonheur ces surgénérateurs.

Sauf qu'il y a eut l'accident au Japon qui nous rappel cruellement que non seulement les hommes sont faillibles, mais qu'en plus il y a toujours un scénario improbable qui le devient lorsque l'on combine plusieurs problèmes ou qu'ils se produisent en chaine.

Et là, je lis, toujours dans l'article de wikipédia, que les modèles de surgénérateurs étudiés en France utilisent comme liquide caloporteur du sodium liquide[1]. Pour ceux qui ne le savent pas, le sodium est un élément qui lorsqu'il est pur réagit très violemment avec l'oxygène de l'air et surtout avec l'eau. Autant dire qu'en cas de pépin en chaine dans une centrale utilisant ce genre de produit, il n'est pas question d'en balancer quelques kilo dans un coin, le temps de réparer, comme les japonnais l'on fait en libérant dans l’atmosphère ou la mer quelques tonne d'eau radioactive, histoire de gagner du temps pour remettre le patatras en route[2].

Ma question de novice fut "mais avec l'accident qui vient d'avoir lieu, il n'y a pas de remise en cause du choix du liquide caloporteur ?" Hésitation de mon interlocuteur. Il n'en a pas entendu parlé[3]. Dans d'autres pays on utilise des métaux moins risqués que le sodium comme liquide caloporteur, tels que le plomb, et je me demande comment on arrive en France à faire des choix aussi risqués.

Et là je me dit qu'entre les intégristes de la suppressions des centrales nucléaires, et le lobby de l'industrie du nucléaire, ça va pas être facile de discuter. Si la position de Bayrou et du MoDem sur le Nucléaire à le mérite d'être réaliste et de prôner la transparence[4], je suis assez impatient qu'il soit en mesure de lancer ce genre de grand débat national d'orientation comme il l'a promis[5].

Pour en savoir plus :

Notes

[1] Le principe d'une centrale, nucléaire ou à charbon, c'est d'avoir un four qui chauffe, dans lequel on fait passer des tuyaux avec un liquide caloporteur pour récupérer la chaleur et l'utiliser à l'extérieur du four, dans une turbine.

[2] On peut s'affoler de la manœuvre, mais c'est rien par rapport à une réaction nucléaire qui s'emballe.

[3] Bon c'est pas son rayon, lui il s'occupe de concevoir les systèmes de manutention du combustible.

[4] Je n'ai pas retrouvé ses propos qu'il a tenu dans une émission il y a peu.

[5] Plutôt que d'avoir une position dogmatique comme certains.