C'est la chose qui m'a le plus marqué, et que j'avais déjà noté en Chine, mais même, dans une moindre mesure, aux USA.

Le micro business consiste à gagner quelques centimes. Faire une opération économique qui rapporte très peu. En Thaïlande, une course en moto taxi ou tuk tuk peut se négocier moins de 40 bath, soit moins de 1e. À contrario, la même course en taxi comportera obligatoirement une prise en charge de 37 bath, donc excluant les petits trajets.

Les faibles prix de la nourriture (on peut manger copieusement dans certaines cantines à partir de 25 bath, 60c) peuvent expliquer qu'il suffise de quelques transactions à faible rapport dans la journée pour se payer ses repas. Le climat tropical réduit aussi considérablement les dépenses en logement: pas de chauffage, pas d'eau chaude, pas d'isolation. La première dépense énergétique est le transport (essence à 1e le litre), la 2ème doit être la clim et pour ceux qui n'achète pas à manger dehors comme cela se fait, le gaz.

Le micro business est partout en Thaïlande. S'il suffit de quelques dizaines de bath, alors il devient rentable de réparer. Faire une marge de 5 bath sur la vente d'une bouteille d'eau est rentable (pas en zone touristique bien sûr).

Le système occidental a tué le micro business (et contamine bien sûr le système Thaï). Un temps, j'avais espèré que le statut de micro entrepreneur en France pouvait réintroduire une certaine forme d'économie que je qualifie de non rentable, du moins selon les critères des banquiers. Helas le micro entrepreneuria a été abondamment détourné par l'industrie du bâtiment pour réintroduire de la précarité.

Il n'est pas évident de trouver une transposition française de ce qu'est le micro business que l'on croise en Thaïlande.