Citoyens prenez le pouvoir

Politique, logiciel libre et autres digressions de Cédric Augustin - Saint Laurent du Var (Nice Côte d'Azur - France)

Mot-clé - liberté d expression

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mardi 5 mai 2015

Et voilà nous y sommes, une nouvelle loi scélérate va être votée dans l'indifférence

La loi sur le renseignement arrive au parlement en 2ème lecture:

  • Que faire face à l'incompétence crasse des députés en matière de numérique ?
  • Que faire face aux godillots du parlement qui vont voter ce qu'on leur dit de voter sans même se poser de question ?
  • Que faire quant les citoyens s'en foutent complètement des conséquences et veulent toujours plus de sécurité à toutes les élections ?

Rien... ou si peu.

J'ai mal à ma France, j'ai mal à ma Démocratie, j'ai mal à ma République.

A lire, l'article de Rue89 Renseignement : si j’étais député, est-ce que je voterais pour une loi qui...:

  1. ... se fait passer pour une loi antiterroriste alors qu’elle parle d’autre chose ?
  2. ... se targue de transparence démocratique en rendant légales des pratiques qui ne l’étaient pas ?
  3. ... va surveiller massivement les populations ?
  4. ... espère trouver un terroriste sans pouvoir définir ce que c’est ?
  5. ... va nous faire adopter des comportements numériques ultra-normés ?
  6. ... crée des programmes dont on ne sait pas ce qu’ils font et qui ont toutes les chances d’être inefficaces … alors même qu’aucune estimation de leur coût n’a été réalisée et que leur contrôle risque d’être insuffisant ?
  7. ... se révélerait extrêmement dangereuse si un parti autoritaire arrivait au pouvoir ?
  8. ... rassemble une opposition si diverse ?
  9. ... fait dire au ministre de l’Intérieur qu’il ne faut pas croire la presse ?
  10. ... marque une étape supplémentaire et prévisible dans le tournant sécuritaire de la gauche ?

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ODT

mercredi 8 avril 2015

La loi renseignement expliquée à mes parents, mes enfants, mes amis et aux autres

Jean Baptiste Favre s'est fendu d'un texte très bien argumenté pour expliquer les tenants et les aboutissants de la loi renseignement (en fait on devrait dire loi surveillance). Je vous invite chaudement à lire son texte, c'est simple et clair même si de prime abord cela peut sembler un peu long, mais pour un sujet aussi important et complexe, il faut éviter les simplifications.

Pour vous donner envie de le lire, quelques idées fortes que j'en ai extrait:

  • La séparation des pouvoirs, chère à Montesquieu et fondatrice de notre démocratie est mise à mal.
  • Cette loi légalise des pratiques illégales, et il y avait peut être une raison pour laquelle elles étaient illégales.
  • La lutte contre le terrorisme comme prétexte mais pas comme finalité de cette loi.
  • Le premier ministre a tous les pouvoir sans contre pouvoir.
  • La vie privée n'existe plus.
  • Des boites noires chez les fournisseur d'accès internet et hébergeur de site web qui pourront passer outre les échanges cryptés.

Bref, à lire: La loi renseignement expliquée à mes parents

Et pour compléter, une fois que vous avez tout compris, histoire de bien vous mettre en colère si ça ne suffisait pas, je vous invite à lire la bafouille de Laurent Chemla adressée à nos députés: Lettre ouverte aux traîtres à la République.

Après vous pourrez dire que vous avez lu des trucs écrits par des geeks, que vous les avez comprises et que la technique est aussi un maillon de la démocratie.

Il ne vous reste plus qu'à prendre votre plus jolie voix et vous faire entendre de votre député.

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ODT

mardi 20 janvier 2015

De la toxicité des réseaux sociaux

Même si je les utilise abondamment, notamment Twitter, j'ai une grande méfiance à l'endroit des réseaux sociaux numériques. En effet ils ont un pouvoir de toxicité colossal dont leurs utilisateurs n'ont pas forcément conscience.

Environ 50 contacts naturels

Un individu normalement constitué, entre sa famille, ses amis, ses collègues de boulot et ses relations dans les réseaux associatifs possède de 30 à 80 contacts que l'on va qualifier de naturels. C'est dans cette fourchette de nombre de "liens" que va se retrouver une personne qui crée un nouveau compte sur facebook. J'utilise le mot de "lien" et non d'amis. Les mots ont un sens, inutile de cautionner le détournement qu'en fait facebook.

Ceux que l'on appel les connecteurs[1], sont ceux qui ont des réseaux naturels de plus de 300 liens, sans avoir besoin de chercher à établir de nouveaux liens. Ce sont des personnalités publiques: journalistes, politiques, personnalités du showbiz, notables...

Une fausse image d'hétérogénéité

A la base, le réseau naturel est hétérogène, puisque la famille ou les collègues ne partagent éventuellement que le même milieu social. Puis entrent en jeux les suggestions du réseau et les liens établis par centre d'intérêt. Tant que les centres d'intérêt ne sont pas politiques, les liens établis restent assez hétérogènes[2].

Les choses deviennent dangereuses avec la politique. Si l'on n'y prend garde, il est facile d'étendre le réseau en établissant des liens avec des gens qui se retrouvent tous sur les mêmes idées, les mêmes coups de gueule ou de cœur, les mêmes dénonciations ou enthousiasmes. Un message est partagé et propagé au sein d'un réseau de liens où tout le monde pense pareil, se renforçant au fil des partages. Les idées ne sont plus discutées, la critiques est faible, l'adhésion est générale, la légitimité renforcé par la redondance des partages.

Au sein de ce réseau de liens pensant tous plus ou moins la même chose, les idées ne sont pas en danger de contradiction et acquièrent force de vérité.

Des "amis" ou des clones ?

Le terreau y est propice pour y semer les théories du complot, en désignant les "autres", ne faisant pas parti du réseau, comme des adversaires. Le militant qui n'y prend garde, risque donc d'établir un réseau fermé autour de lui, alors même qu'il a le sentiment d'être sur le grand internet ouvert sur le monde.

Mais il n'est pas le seul, car tout internaute qui étend activement son réseau dit social[3] au delà de son réseau naturel, va prendre les mêmes risques de n'établir des liens qu'avec ceux qui partagent des centres d'intérêt similaires, car ce sont ceux-la qui interagissent positivement avec lui. Qui va se fatiguer à échanger avec quelqu'un qui n'est pas d'accord, alors qu'il y en a tellement qui le sont ?

La fiction est bien sûr entretenue par les algorithmes des réseaux sociaux qui filtres les messages et les personnes, semblant venir de toute part et qui en fait sont des clones des "liens" déjà établis et de ce qu'ils disent déjà. La diversité est aseptisée par les algorithmes de suggestion.

Remise en cause de tout, depuis son canapé

Dans ce réseau refermé sur lui même, une culture sans contre point se construit, simpliste et aguicheuse. Pour les jeunes ado déjà en opposition avec leurs parents, le réseau fermé est une féroce contre culture de celle dispensée par l'école, l'autre autorité contre laquelle ils s'opposent naturellement. C'est un parfait "prêt à penser" pour se sentir révolutionnaire, sans se fatiguer, sans avoir à faire la révolution intellectuelle que suppose l'adolescence.

Le rejet de toutes les références, autorités, valeurs y est aisé. Il suffit d'un simple clic pour en être. A l'âge où les ados croient se rebeller et ne sont en fait que des moutons qui vont tous dans le même sens, en même temps, les réseaux sociaux en font de fictifs rebelles, sans aucun adversaires, sans aucune contradiction. Les ados ne sont pas les seuls. Les révoltés du canapé ou du pouce n'ont pas de limite d'âge, il suffit d'une connexion internet.

Non content d’aseptiser la diversité des idées, les réseaux sociaux canalisent et dissipent les rébellions qui s'expriment en click, retweet et partage. L'action citoyenne est tuée dans l’œuf, l'énergie de la révolte diluée.

À poil

Pour que les suggestions faites par les réseaux sociaux aient une chance d'être efficaces, il faut au préalable que l'internaute se soit mis à nu devant les algorithmes d'analyse de profil. Ce profilage a une finalité avant tout économique et seulement de manière très superficielle sociologique. Le réseau de liens que vont aider à construire les algorithmes de profilage n'est donc pas neutre. A un moment ou un autre, il faudra monétiser tout ça. Pour qu'un annonceur de croquettes pour chat paye pour avoir accès à votre profil, le réseau a intérêt à ce que les personnes et messages de fans du vendeur de croquettes soient en lien avec vous. Les suggestions de liens ne sont pas neutres, elles visent à accroître la monétisation de votre profil.

Ne jamais oublier, quant c'est gratuit, c'est que c'est vous le produit...


Les mots les plus utilisés par genre (en anglais)

Notes

[1] Terme utilisé par Thierry Crouzet dans son livre, le peuple des connecteurs, ou dans ses articles de blog.

[2] Sauf peut être chez les jeunes qui établissent des liens avant tout avec des jeunes ou les personnalités dont ils sont fans.

[3] Pour étendre son réseau, il suffit de s'inscrire dans des groupes et partir à la recherche de liens.

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ODT

mercredi 7 janvier 2015

Saloparts d'extrémistes

Difficile de transcrire l'émotion ressentie à l'annonce de cet attentat contre le journal Charlie Hebdo et contre ses journalistes et caricaturistes.

J'ai envie d'insulter ces trous du cul, ces connards incultes et stupides qui massacrent des gens qui n'ont pas les mêmes idées qu'eux.

Dans ce drame, je me réjouie d'une chose, c'est qu'il y a quelques temps, Charlie Hebdo n'était connu que des français et quelques rares étrangers. Les caricatures vues habituellement par une toute petite minorité de la population française et encore plus minuscule minorité étrangère, ces caricatures font la une sur internet et feront la une d’innombrables média tout autour du monde.

Que ces dégénérés du bulbe qui massacre au nom d'idées (foireuses, mais ça c'est leur problème tant qu'ils ne les imposent pas aux autres) se prennent ça dans la gueule: un bon effet Streisand et une population solidaire de ses média.

Et ce n'est pas la peur qui surgit dans la population, c'est la grogne et l'envie de leur foutre sur la gueule. Les gens n'ont pas peur des bombes et descendent dans la rue, partout en France et même à Berlin. Messieurs les rabougris de la cervelle, vous venez de rappeler au français pourquoi il y a des soldats français qui se battent au Mali, en Syrie ou il y a encore peu en Afghanistan: pour lutter contre l’obscurantisme !

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ODT

jeudi 4 octobre 2012

Festival du livre et livre libre

Comme l'information est passée dans un commentaire technique, je la remet en avant dans un billet. Lors du 25ème festival du livre de Mouans Sartoux, l'association Linux Azur rappel divers ateliers autours du livre libre:

Vendredi 5 Octobre 16:00 - Samedi 6 Octobre 17:30, au "Café Beaux livres" – Espace B du festival du livre de Mouans-Sartoux

Les conférences‐ateliers auront lieu à l’espace Beaux Livres (entrée près de l’accueil du festival), à 16 h et 17 h 30 respectivement, et seront relayées par un stand Linux Azur en zone « Associations ».

Vendredi 5 octobre, 16:00

Simon Giraudot, auteur de geektionnerd.net: "Je suis auteur BD, j'ai fait le choix du Libre et je ne le regrette pas !", conférence-atelier avec démonstration Inkscape.

Samedi 6 octobre, 17:30

Alexis Kauffman, "La fabuleuse histoire d’un livre Libre", l'aventure de Framabook au travers du choix des licences, des outils... Étude de cas à partir du travail de Christophe Masutti.

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ODT

lundi 21 mai 2012

Il n'y a pas qu'en France qu'il y a des politiques incompétents

Je ne sais pas s'il faut s'en réjouir[1] ou en pleurer, mais ce que le gouvernement du Québec a fait voter comme loi est tout de même ahurissant: il a décidé de faire voter une loi d'exception afin de mettre fin à la grève des étudiants. Un truc du style loi martiale, si vous manifestez, zou au trou avec des amendes de plusieurs millier de dollars.

Je ne sais pas grand chose de la légitimité de ces manifestations estudiantines[2], mais il n'est pas besoin d'être de gôche pour percevoir le ridicule d'un régime démocratique qui n'arrive pas faire accepter une loi et vote une loi martiale pour empêcher les manifestations.

Je les sens bien aux prochaines élections les députés qui ont voté un texte aussi stupide pour le défendre devant leur électeurs. Du pain béni pour l'opposition. Je pense qu'ils ont atteint un seuil d'incompétence démocratique exceptionnel.

Notes

[1] En ce disant que nous n'avons pas les pire

[2] Si ce n'est que 82% d'augmentation des frais de scolarité semble un argument très crédible pour manifester.

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ODT

mercredi 2 mai 2012

Des journalistes malmenés

Je n'aurai pas dit mieux:

Nous ne sommes pas des punching balls (ou j’en ai marre de me faire agresser)

On peu essayer de chercher une excuse à ces abrutis, mais ça va être dur. Bien sûr il y a l'effet groupe, démultiplié par l'effet foule, dans laquelle on se sent plus fort, anonyme. Il y a la frustration de ne pouvoir agir plus. Et il y a les propos du manitou qui parle d'une officine et non de journalistes pour décrire un média que ne lui sied pas.

C'est le problème des foules qui est mathématiquement prouvé: plus la foule est dense et plus intelligence se divise. Un peu comme s'il existait une corrélation entre la densité au m² en militant, et le pourcentage de neurones qui deviennent inopérants. Vu le nombre de militant annoncé par JF Copé sur la place du Trocadéro, il devaient être très, très serrés, certains calcules font état de 9 militants au m²[1]. Il ne devait plus leur rester beaucoup de neurones actifs.

Note

[1] Trocadéro=21000 m2, 200 000 personnes nous dit l'UMP. Donc 9,50 personnes/m2. Avec des comptes pareils, on comprend mieux les déficits du pays. A noter que BFMTV annonçait 40 000.

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ODT

lundi 20 février 2012

Les média ne sont pas neutres

On le sait, à chaque campagne on le répète, mais c'est lassant à force. La preuve en image:

La sarkhollandisation des media
Source: page Facebook de Seb Brant, créé à partir des données du CSA.

En fait, le CSA a inventé une règle à la con qui consiste à dire que le temps de parole devait être proportionnel aux intentions de vote dans les sondages. C'est proprement scandaleux, puisque les intentions de vote des indécis sont directement proportionnels à la visibilité médiatique des candidats.

Comme si cela ne suffisait pas avec cette règle absurde, en plus les média audiovisuels se font un plaisir de ne même pas la respecter, ne serait-ce qu'à la louche, puisque le couple Holly et Srkz[1] sont sur-représentés au détriment de tous les autres.

Et pour parachever le tout, les "petits" candidats sont cantonnés aux émissions spécialisées, pendant que les journaux télévisés ou radiophoniques, nous donne par le menu, tous les faits et gestes de ceux qu'ils ont choisi pour nous pour le second tour. Inéquité de temps mais aussi inéquité de traitement.

Personnellement, en plus bien sûr de François Bayrou, j'aimerai bien entendre Corinne Lepage, Eva Jolly et Jean Luc Mélenchon, qui ont tout les 3 des choses intéressantes à dire, même si je ne partage pas forcément leur avis. Ces candidats ne sont pas dans le consensuel et donc ont une certaine liberté de parole instructive. Il y en a un autre qui m'intéresse moins c'est Nicolas Dupont-Aignan, car il dit beaucoup trop de caguades. Les autres je fais l'impasse, car ce sont des candidature de posture, donc creuse[2]

Notes

[1] Pour ceux qui se demandent pourquoi je n'utilise pas les vrai noms de ces candidats, c'est pour ne pas leur faire de la pub, puisque les média regardent aussi le volume de buzz sur le net lié au nom des candidats.

[2] C'est mon opinion et je la partage.

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ODT

samedi 11 février 2012

Ils occupent l'espace médiatique avec de la merde

Aussi détestable que cela puisse être, je suis obligé d'être admiratif de la technique employée pour occuper tout l'espace médiatique avec de la merde, comme le fait Guéant ou Srkz[1], en passant d'une polémique à la con à l'autre. Ils sont très fort !

En effet, au delà de la couverture médiatique de la polémique, cela impose aux chroniqueurs, et aux intervieweurs de centrer leur propos sur la polémique. On interroge ainsi tous les invités politiques non pas sur un projet politique ou une proposition qu'ils font dans le cadre de l'élection, mais sur leur avis sur la polémique. Question éminemment sans intérêt, mais qui consomme du temps de parole et en plus fait causer de l'auteur de la polémique, donc lui fait de la publicité.

Les auteurs de ces cagades deviennent ainsi les pivots de tous les propos et point de vu politique. Que la polémique soit positive ou négative, le bruit, ou devrait-on dire le buzz, de la polémique couvre tous les autres sujets.

Le net fait une puissante caisse de résonance à ces énormités. Le principe même de twitter facilite le processus, en étant en temps réel et adapté aux réactions épidermiques ou sarcastiques à chaud, twitter adore les polémiques à la con. Si d'aventure une information intéressante surgi en même temps que la polémique, elle n'émergera jamais. Les problèmes de l'ex ministre, ex trésorier de l'UMP sont ainsi passés au second plan ces jours derniers[2]. Que voulez-vous, la place pour l'information est limité, et une bonne polémique fait plus d'audience.

Notes

[1] Je ne parle même pas de Morano, tellement c'est pitoyable.

[2] Notamment l'affaire de hippodrome dont personne ne parle.

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ODT

mardi 27 septembre 2011

La maxime à encadrer pour tous les twittos

Faites une recherche sur Google avant de twitter, réfléchissez avant de parler

''Source : Journalisme et réseaux sociaux: 8 tendances venues des Etats-Unis

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ODT

lundi 29 août 2011

Picorage : liens en vrac depuis twitter

Comme ce que l'on note sur twitter est archivé sur les serveurs de twitter et disparait au bout d'un certain temps, je note quelques uns des liens les plus intéressants :

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ODT

lundi 11 juillet 2011

Pour encore combien de temps, sommes nous dans un état de droit ?

pirate.pngVoici un texte fort bien documenté, mais pas forcément facile d'accès pour l'inculte en droit que je suis:

HADOPI : La procédure d'ordonnance pénale permettra aussi de statuer sur les intérêts civils

Cependant, la gravité du sujet me donne envie de vous en faire une lecture profane. Les juristes m'excuseront d'entrer sur leur platebandes.

La procédure d'ordonnance pénale a été inventé par le législateur pour désengorger les tribunaux avec les infractions mineurs comme les infractions au code de la route, typiquement lors de la mise en place des radars automatiques : une infraction est constaté (par le radar), le coupable identifié est condamné sans même pouvoir se défendre (pas de débat contradictoire, droit de la défense nul). Si le déclaré coupable de l'infraction veut dénoncer la sanction, il doit faire appel.

Bon jusque là pourquoi pas, on apprécie pas forcément de se faire flasher par un radar, mais on peut comprendre la logique du système. Le problème n'est pas là, il est dans l'évolution de cette procédure, puisque le législateur trouvant le principe pratique l'a étendu à d'autres délits (détention de stupéfiants) et aujourd'hui au téléchargement illégal.

Et là où cela devient carrément flippant, c'est que ce n'est plus seulement l'amende qui devient non contestable et donc automatique, mais aussi les dommages et intérêts. C'est à dire qu'un internaute accusé de téléchargement illégal devra payer une amende et des dommages aux ayant droit, sans même pouvoir se défendre, à moins de faire appel (après avoir payé et subit les éventuelles conséquences de coupure de sa ligne ADSL).

Personnellement je suis inquiet. On l'a vu pour les tests ADN qui étaient initialement instaurés pour les délinquants sexuel, être étendus à presque tous les délits. On découvre ici qu'une procédure simplifiée de condamnation qui supprime le droit de la défense et n'était supposée s'appliquer que pour de petites infractions, est étendue à des délis avec de plus en plus de conséquence.

La démarche politique étant ici, non pas de donner les moyens à la justice de s'adapter à l'évolution de la société, mais de supprimer sa mission dans certains domaines, pour faire des économies. A mettre en parallèle bien sûr avec les propositions de loi de faire appliquer la loi par des non professionnels du droits.

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ODT

mardi 5 juillet 2011

Comprendre les CGU des média sociaux et la propriété des contenus publiés dessus

Si vous souhaitez mieux comprendre les enjeux de la propriété des contenu sur les média sociaux, tels que Facebook ou Twitter, je vous invite chaleureusement à lire l'excellent billet vos contenus ne vous appartiennent plus, de S.I.Lex.

Voici quelque extraits :

  • les CGU des médias sociaux aboutissent à ce paradoxe que les mêmes contenus semblent faire l’objet de deux droits de propriété superposés : celui de l’utilisateur et celui de la plateforme : En gros, ce qui est à vous est à vous, mais c’est… à nous également !
  • En droit anglo-saxon, le terme « grant » (« you grant us ») correspond à une garantie. La clause de Dropbox doit s’interpréter ainsi : « En nous confiant des fichiers qui vont par nature être stockés sur nos serveurs, routés, transférés, manipulés, affichés sur notre site, zippés, etc., vous nous garantissez le droit (=autorisation) de le faire. Il s’agit bel et bien d’une licence.
  • Avec les biens immatériels, la propriété peut se démembrer à l’infini, par le biais du mécanisme particulier des cessions non exclusives.
  • La cession des droits peut en effet s’opérer à titre exclusif ou non exclusif. Le premier cas correspond par exemple à celui d’un contrat d’édition classique, dans lequel un auteur va littéralement transférer ses droits de propriété intellectuelle à un éditeur pour publier un ouvrage. L’auteur, titulaire initial des droits patrimoniaux, s’en dépossède par la cession exclusive et il ne peut plus les exercer une fois le contrat conclu. Avec les CGU des plateformes, les droits ne sont pas transférés, mais en quelque sorte « répliqués » : l’utilisateur conserve les droits patrimoniaux attachés aux contenus qu’il a produit, mais la plateforme dispose de droits identiques sur les mêmes objets.
  • Rien n’empêche l’utilisateur de reproduire ou diffuser ailleurs un contenu posté sur la plateforme, mais il ne peut s’opposer à ce que celle-ci fasse de même, voire ne conclue des accords avec un tiers, y compris à des fins commerciales.
  • En France, le Code de Propriété Intellectuelle encadre de manière stricte les cessions de droits . Il considère par exemple que « la cession globale des oeuvres futures est nulle » (Art. L-131-1)

Et bien sûr, à mettre en parallèle, cette enquête de TNS-sofres sur l'usage des réseaux sociaux chez les 8-17 ans[1]

  • La moitié de 8-17 ans sont sur les réseaux sociaux
  • Les parents sont assez peu associés à cette pratique
  • Pour les enfants et les adolescents ces relations sont bien réelles
  • Un tiers des enfants ont été choqués ou gênés par des contenus
  • Conscients des risques, ils ne savent pas forcement s'en préserver

Et bien voilà, vous êtes prévenu : les réseaux sociaux ce n'est pas du tout aussi anodin qu'il n'y parait. Cette face de ces univers est difficile à cerner pour les adultes, alors imaginez pour les enfants, c'est pourtant là dedans qu'ils évoluent tous[2] en arrivant au collège.

Notes

[1] Étude réalisée pour l'UNAF, Action Innocence et la CNIL.

[2] Ou voudraient bien !

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ODT

mardi 17 mai 2011

HADOPI : vous saviez qu'ils étaient si incompétents ?

Sans être un geek, on sait que la loi HADOPI et l'autorité portant le même nom, ont été créées à l'arrache, pour répondre aux lobby de certaines entreprises vivant de la création musicale ou cinématographique.

Deux liens au sujet de cette HADOPI qui font peur et illustrent l'incompétence qui entoure cette HADOPI :

Et encore je ne parle même pas de l'aspect juridique qui est lui aussi affolant...

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jeudi 5 mai 2011

La démocratie maintenant

  • La démocratie au Moyen Orient maintenant !
  • ... si vous pouviez manifester juste un peu plus loin...
  • Il dit la même chose pour les manifestant du climat

Source : http://www.washingtonpost.com/opini...

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mercredi 4 mai 2011

Picorage : journalisme gratuit, censure et oppression sur le net

Ca eut payé...
Coupez moi ça !

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ODT

lundi 21 février 2011

Garantir l'indépendance des tuyaux du net

Il y a quelques années j'avais présenté une synthèse suivie de quelques réflexions sur "le numérique" dans le cadre d'un séminaire de l'UDF. Et parmi les propos que je tenaient , figurait l'idée d'une renationalisation des tuyaux de l'internet, pour éviter une éventuelle main mise de ces tuyaux par des intérêts pas forcément démocratique. Je prenait l'exemple d'un état du golf qui en devenant propriétaire d'une entreprise fournisseur d'accès deviendrait en capacité de filtrer les contenus ne lui convenant pas.

Cinq ans plus tard, si le raisonnement peut toujours s'appliquer, en l'élargissant à la chine par exemple, les derniers évènements au Magreb et la tendance sécuritaire vers laquelle se dirige notre société occidentale, me font douter de la pertinence de cette réflexion.

En effet, en Tunisie tout comme en Egypte, l'exigence de liberté s'est construite et propagée entre autre grâce au web, et dès que le gouvernement s'est senti en danger, c'est le premier canal qui a été coupé et censuré, afin de restreindre l'accès à l'information libérée et au mécanisme d'organisation viraux. Cela illustre à merveille la puissance du web comme garant de la liberté individuelle, mais aussi sa fragilité au niveau des infrastructures.

En fait tout cela pose à nouveau le problème des contre pouvoir, non plus seulement en politique, mais aussi économiquement, et dans le cas présent technique. Comment garantir une indépendance aux tuyaux par lesquels circule le web et ses différents composants (messagerie, réseau sociaux, transfert de fichier, hébergement...).

Sans chercher très loin, il y a des raisons de s'inquiéter :

  • L'existence de Wikileaks[1] a failli être compromise par les réactions des gouvernements occidentaux sous la pression des États Unis. Jusqu'à notre abrutis de ministre de l'industrie qui a voulu mettre la pression sur l'entreprise hébergeant une version en France.
  • On se rappel du Firewall chinois qui filtre ce que les internautes de ce pays peuvent consulter.

Brrrrr, ça fait peur, mais personne ne s'en rend compte, ou alors se sera trop tard.

Notes

[1] Site dédié à la publication de documents confidentiels, dont on peut apprécier ou pas la pertinence, mais qui n'enfreint pas la loi.

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