Pas forcément une très bonne nouvelle que l’intello de la bande s'en aille et soit remplacé par les gros bras, aussi amicaux soient-ils. Donc Michel Ghetti après avoir abandonné une partie de ses délégations il y a 3 mois, démissionne définitivement de son mandat d'élu à la métropole et rend ses dernières délégations pour n'être plus que simple conseiller municipal.

Lire l'article dithyrambique de NiceMatin

Je reste songeur[1]. On a perçu, lorsqu'il a rendu une partie de ses délégation en septembre, qu'il y avait un problème au sein de la majorité. Il répondaient à des reproches que seuls les initiés pouvaient comprendre (et donc pas moi). Aujourd'hui encore, les raisons invoquées sont faiblardes: quant on aime la politique, être au manettes est quant même un peu l'aboutissement d'un engagement, et j'ai du mal à comprendre comment une mission au sein du conseil de surveillance de Nicematin peut être plus motivante, sans parler de l'aspect financier.

On entend aussi Segura parler d'homme de confiance, plus que de compétence, ce qui n'est pas forcément bon signe. Son prédécesseur, Henri Revel, s'est perdu justement en ne s'entourant que de personnes en qui il avaient confiance, au détriment des compétences. L'histoire se répéterait-elle ? Peut-être, mais en 8 mois c'est un peu court.

Car même si Patrick Villardry a "un cœur gros comme ça", son credo c'est les relations humaines et l'action, pas les dossiers et les réglementations[2]. Alors certes Ghetti étaient saoulant en conseil municipal à nous lire doctement les textes légaux au lieu de nous parler d'orientation politique des décisions, mais on avait espoir qu'au moins lui les comprenait. Une de mes crainte que j'avais évoqué après la victoire de Joseph Ségura, commence à se dessiner, c'est la prise de pouvoir par les techniciens de la mairie au détriment des politiques.

Joseph Segura s'est déjà couché comme je le craignais devant Estrosi[3], ses premiers mois de mandat ayant consisté à se faire bien voir par ce dernier. J'attends de voir ce qu'il reste de sa gouvernance politique, mais cette démission n'est pas pour rassurer.

Notes

[1] Et je ne suis pas le seul quant on lit le billet d'Olivier Briol ou certains commentaires sous l'article de Nicematin.

[2] Comme l'illustrent ses déboires judiciaires passés.

[3] Pour mémoire, mon soutien à Revel était essentiellement motivé par sa capacité à s’opposer à Estrosi au niveau de la métropole.