L'UDF et les Verts ont des parties de programme compatibles voir même commun (6ème république notamment), mais pas que cela. Depuis des mois, Dominique Voynet, François Bayrou (et les autres ''petits'' candidats) sont systématiquement interrogés sur le programme des autres candidats (et non-candidat) au lieu de leur projet. Dans le journal de France 3, les commentaires ne portaient que sur Nicolas Hulot. Aucun extrait de l'intervention de Domique Voynet à son premier meeting de Nante. Dans la déclaration ci-dessous, encore une foi, les journalistes enferment la candidate dans une position de commentatrice et non de force de proposition, malgré ses tentatives d'en sortir.

Je ne peux bien sûr pas faire de la pub pour Dominique Voynet (que j'aime bien) sans faire quelques remarques sur le programme qu'elle défend. C'est une modification très violente de la société qui est imaginée par les verts, notamment avec une politique de décroissance et un interventionnisme de l'état pour garantir la solidarité pour tous. Avec un pays qui a des caisses vides, et des voisins qui n'ont pas les même règles, ces idées, aussi belles soient-elles, apparaissent comme irréalistes. Pour pouvoir mettre en oeuvre la majorité de ces projets il faudrait une globalisation de ces réformes au minimum à l'échelle de l'Europe. Ce projet m'apparaît plus comme un exercice intellectuel que comme un projet possible de mettre en oeuvre, aussi séduisant soit-il.

Vous me direz, Dominique Voynet a peu de chance d'être au second tour de la présidentielle, et donc sa démarche est de propager une vision de la société et ensuite, dans le cadre d'un gouvernement d'influencer l'action de ce gouvernement. Je m'interroge cependant sur la possibilité d'utiliser ce programme pour influer sur une politique classique d'un parti socialiste ? En effet, les socialistes (comme l'UDF et l'UMP d'ailleurs) sont clairement dans des démarches qui continuent à attendre de la croissance qu'elle finance les dépenses de l'état et de la solidarité, ce qui est l'inverse du pré-requis du projet des verts et de leur candidate : créer une économie qui ne court plus derrière la croissance. Ecologiquement parlant, toujours plus de croissance est comme aller tout droit dans le mur. Jean Pierre Rives disait un jour qu'un taux de croissance de 2% par an à l'échelle de la terre nécessitait plusieurs terre de resource dans quelques décennies. Il faudra bien en finir avec ce dogme. En attendant François Bayrou a adhéré au pacte écologique proposé par Nicolas Hulot, c'est un bon début.

En revanche je retient que la candidate des Verts est très attachée au train de ''la gauche'' et qu'elle ne s'intéresse pas à d'autres alliances de gouvernement. L'UDF reste un parti politique de droite, le centre n'existant pas visiblement, dans cette vision finalement très bipolaire. Pourtant une personnalité comme Daniel Cohn-Bendit a démontré lors du référendum sur le traité constitutionnel une plus grande ouverture. Il est vrais que le modèle allemand, voir celui du parlement Européen, qu'il connaît bien, fait travailler des gens de partis différents ensemble et qu'au parlement Européen, les député UDF (ADLE) votent aussi (mais pas que) avec les socialistes et les verts (Verts/ALE).

De mon point de vue, l'ancrage à gauche de l'écologie française politique, l'handicape. Mais ce sont des données historique de ce parti et il faut faire avec, tout comme la base électorale de l'UDF est faite de ''notables'' et pas d'ouvrier, quelque soit la mutation qu'essaie d'insuffler son président.

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