Citoyens prenez le pouvoir

Politique, logiciel libre et autres digressions de Cédric Augustin - Saint Laurent du Var (Nice Côte d'Azur - France)

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mercredi 22 janvier 2020

La tour d'ivoire de l'édile

En France, notre culture n'est pas trop celle de la coalition et de la négociation permanente. On le voit dans les relation avec les syndicats, que ce soit en entreprise où les chefs d'entreprise voient les syndicats comme un mal nécessaire et non comme un partenaire, mais aussi au niveau national, où on commence par montrer ses muscles avant de commencer ne serait-ce qu'à discuter.

Cette culture du rapport de force est aussi présente au niveau municipal. C'est ancré dans le processus électoral, qui en voulant dégager une majorité pour gouverner, écrase toute opportunité de négociations ou de tractations sur la politique de la cité. Ah le vilain mot que je vient d'employer, "tractation" jeter à la figure des traîtres et des lâches de l'autre camp. Car une des conséquence les plus forte de notre système électorale majoritaire, c'est qu'il est conçu pour être binaire : on est avec ou contre la majorité !

Si ce système permet de gouverner tranquillement pendant le mandat, il induit beaucoup d'effets de bord:

  • il fait fi de la représentativité de la population au sein du conseil.
  • il bâillonne les divergences et donc la créativité des élus.
  • il donne un pouvoir exorbitant au maire sur les élus de second niveau qui se doivent d'être le petit doigt sur la couture s'ils veulent garder leur délégation, surtout lorsqu'il y a une professionnalisation des élus..
  • il encourage la trahison pour ceux qui voudraient être libre de leur parole.
  • il isole le maire dans une tour d'ivoire entouré du noyau dur des fidèles.

On a vu l'ancien maire Henri Revel tomber pour cette dernière raison. Lors de son dernier mandat, il s'est replié sur son cercle de fidèles probablement à cause de la crainte des trahisons qui n'ont donc pas manquées d'arriver. Les réunions publiques n'existaient plus, probablement par lassitude de devoir se justifier toujours devants les même personnes. Bref, il s'est coupé de sa base militante atrophiée et des citoyens de sa commune.

Je pense que c'est la même chose pour tous les élus qui s'ils n'y prennent pas garde ou ne sont pas constamment rappelé à l'ordre par leurs colistiers risquent de s'isoler dans le confort des certitudes des sachants ou de ceux qui croient savoir.

C'est aussi le rôle de l'opposition de veiller à ce que cela n'arrive pas. Encore faut-il avoir des opposants qui jouent leur rôle. A St Laurent du Var, comment dire... On va dire que si le maire en vient à s'enfermer dans sa tour d'ivoire, il ne risque pas d'être déranger.

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samedi 18 janvier 2020

Harry Potter et les contre-pouvoirs

A la maison nous sommes des fans de la saga Harry Potter et ma fille est carrément dans la catégorie expert puisqu'elle a obtenue haut la main son B.U.S.E[1]. Cette œuvre a beaucoup de qualités, dont celle d'aborder la problématique des contre-pouvoirs.

Si vous ne connaissez pas l'univers d'Harry Potter je vais divulgacher[2] certains ressorts de l'intrigue, donc arrêtez vous de lire là si vous voulez garder le plaisir intact lors de la découverte de ces livres ou films.


Dans les 2 premiers épisodes, on découvre le monde de la magie, et on devine qu'il y a de puissants magiciens, mais ont ne les fréquente pas vraiment. Il y a un ministère de la magie qui régule tout ça, il y a des règles. L'aspect politique de la société des magiciens et la gestion de la société, sont supposés être similaire à la société des moldus[3]. Jusque là c'est bon enfant.

Et puis commence à apparaître des anomalies dans cette gestion de la société. Un peu comme dans celle des moldus d'ailleurs. On découvre qu'il y a des magiciens qui sont enfermés dans une prison pour des crimes qu'ils n'ont pas commis. Dans ce monde de la magie, y a une application de la loi plutôt moyennageuse, et il vaut mieux être bien né et avoir de bonnes relations pour échapper à l'application de la loi. La société des magiciens est structurée autour de rapports de force entre clans, constitués autour de puissants magiciens qui règnent comme des barons au sein de leur clan et sont craints par les membres de leur clan.

Cette société du monde de la magie devient de moins en moins attractive au fur et à mesure que se déroulent les épisodes. Être un magicien médiocre dans cette société est dangereux. Si en plus ce magicien ou cette magicienne n'a pas fait allégeance à un clan, sa vie est d'autant plus précaire. La liberté d'expression, la liberté d'aller et venir sont compromises si l'on ne fait pas partie du bon clan.

Dans les premiers tomes de la saga, tout le monde a envie de devenir magicien, pas forcément du niveau de Harry ou Hermione qui sont des grosbill de la magie, mais déjà comme Ron ou Nevil, ça à l'air sympa. Et puis livre après livre, ça donne beaucoup moins envie, quand on découvre que l'on peut être très sévèrement juger pour des broutilles et condamné à du lourd alors que d'autres s'en sortent, que même les grosbill peuvent mourir juste car on est pas dans le bon clan, que les flics locaux foutent grave les chocottes et que on ne va pas aller leur demander notre route. Hum, cette société de magiciens, même avec son ministère et ses règles ne protège pas si bien que ça ses citoyens. Il y a un problème.

Et le problème c'est les contre-pouvoirs, ou plutôt comment ils existent dans cet univers. Grosso-modo, les contre-pouvoirs dépendent du bon vouloir des plus puissants magiciens. S'ils passent du côté obscure de la force[4], ben pfffuit, plus de contre-pouvoir. C'est typiquement inspiré du modèle monarchique, où si on a du bol on a un bon roi juste et si on a pas de bol on hérite d'un roi taré, ce qui arrive quand même assez souvent avec leurs histoires de consanguinité.

Imaginez un instant, qu'Hermione deviennent méchante, en mode grosbill, pour se venger des humiliations que lui font subir les racistes de magicien contre les descendants de moldus. Clairement elle fait partie des magiciens que l'on préfère avoir dans son camp. Au livre 12[5], elle ridiculise Voldemort. Avec son petit minois elle séduit Harry et se le met dans la poche et hop, ils deviennent maître du monde. Qui est assez puissant pour les arrêter ces 2 là une fois que Dumbledore est mort ?

J'écrirai peut-être une fan-fic un de ces quatre sur le sujet, ça pourrait être amusant.

Pour revenir à notre société, il a fallu des générations pour construire un équilibre démocratique, économique et social. Certes il est loin d'être parfait, mais il met en place des garde-fous et des règles, qui limitent l'emprise des plus puissants. Pour continuer de filer la métaphore avec l'univers d'Harry Poter, les réseaux sociaux sont la technologie de l'Horcruxes donnés à quelques clans, leur permetant d'aller bien au delà de leur pouvoir naturel, rendant obsolètes les anciens équilibres avec leur contre-pouvoirs devenus obsolètes[6].

Comme dans tout éco-système qui est déstabilisé, selon la vitesse à laquelle s'applique le chambardement, soit le système s’effondre et est remplacé par un autre[7], soit on vit une période de transition douloureuse pour qu'il s'adapte. Je plaide pour la seconde solution, comme dans Harry Potter, qui restaure un nouvel équilibre, mais bon, ça fait un peu trop happy end cette conclusion...

Notes

[1] Brevet Universel de Sorcellerie Élémentaire, obtenu il y a 2 ans à Nice.

[2] "Spoiler" en bon américain.

[3] Les moldus sont les non magiciens.

[4] Oui je sais, je mélange un peu tout...

[5] Ben oui pas tout de suite, il faut qu'elle progresse encore un peu.

[6] Je parle de la presse qui n'a pas encore compris comment ne pas se faire manipuler sans perdre ses clients.

[7] Sans vouloir être défaitiste, à part les systèmes populistes ou les dictatures, il n'y a pas beaucoup d'alternatives hélas.

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mardi 31 décembre 2019

Vin de mandarine et de Kumquat

Le dernier billet sur ce blog de la catégorie Vin d'orange date un peu. Alors voici quelques actualités.

Vin de Kumquat

Vin de kumquatMon papa a un pied de Kumquat qui donne beaucoup de fruits. Il en grignote une partie et ne savait pas quoi faire du reste. J'ai donc appliqué la recette du vin de mandarine aux Kumquats, et ma fois le résultat est pas mal du tout. Ce fruit est plus acide, moins juteux, donc je n'ai pas essayé de faire de confitures, même si l'on peu bien sûr en forçant un peu sur le gélifiant (pectine ou agar-agar) ça devrait le faire, mais j'étais un peu juste en nombre de fruits.

Au niveau des saveurs, c'est plus discret en bouche que l'orange amère ou la mandarine. Je pense que ceux qui sont gêné par l'amertume du vin d'orange apprécieront. Personnellement, je trouve un peu fade à côté du vin de mandarine, mais bon, celles que me donne mon voisin sont tellement excellentes que on ne joue pas dans la même catégorie.

Un des intérêt du vin de kumquat, c'est qu'il se fait au printemps alors que celui de mandarine plutôt au début de l'hiver. Ça permet de lisser ma production, qui certes est énorme, mais enquiquine quand même tout le monde dans la cuisine.

Vin de mandarine

Dans la recette utilisée, certaines modifications que j'ai introduites avec le temps ont eut des effets de bord. En remplaçant le vin rosé par du vin blanc d'une part, et en remplaçant l'alcool de fruit par du rhum d'autre part, le résultat est plus fruité et plus homogène, le vin étant plus discret dans le mélange. L'apéritif résultant s'éloigne du vin et semble plaire à plus de monde, dont ma très chère épouse.

Confiture de mandarine

C'est la galère à chaque fois pour obtenir une confiture qui prend en raison de l’acidité des fruits qui rendent moins efficace l'action du gélifiant. Pour ma dernière fournée, j'avais 1,2kg de fruits épluchés. J'y ai ajouté 800g de sucre roux. Je pense que l'on pourrait descendre à 700g, mais pas beaucoup moins si on ne veut pas avoir de problème de conservation. J'ai ajouté environ 3 cuillères à café bombées d'agar-agar, et hop dans 5 pots. C'est une tuerie le truc.

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mercredi 25 décembre 2019

Le déterminisme algorithmique

Un tweet de Séverine Erhel (@Sev_Erhel), professeur psychologie et ergonomie cognitive à l'Université de Rennes 2

Rien de nouveau sur l’éthique mais j’apprends quand même que « 70% des vues sur YouTube sont le résultat de recommandations de son intelligence artificielle », ça questionne sévèrement l’autodétermination des individus sur ce type de plateformes

Citant le le Tweet de Usbek & Rica (@USBEKetRICA)

Le chercheur et Youtubeur de @le_science4all Lê Nguyên Hoang propose des pistes pour faire émerger des IA plus éthiques. Un défi très complexe, mais « l’un des plus excitants à accomplir » « L’attention est devenue le nouveau pétrole » https://usbeketrica.com/article/cer...

Sur ce blog, je m'en prend souvent à Facebook comme modèle caricatural pour illustrer la dangerosité des algorithmes utilisés par les réseaux sociaux. Mais Facebook n'est bien entendu pas le seul. En fait, dès qu'il y a une suggestion de contenu faite par un outil, il y a un algorithme derrière, plus ou moins évolué, qui vise un objectif mercantile.

Cela peut être simplement un produit similaire ou complémentaire dans une boutique en ligne. Dans ce cas l'algorithme est extrêmement rudimentaire et comme l'on est dans un processus d'achat, nous avons toujours notre libre arbitre. Cela reste de la publicité ciblée mais au même titre que les promotions. Le commerçant fait son job de commerçant et il n'y a pas d'entourloupe.

Là où il y a problème, c'est lorsqu'il y a altération de notre capacité d'autodétermination. Et c'est ce que font les algorithmes des réseaux sociaux, ou comme cité ici de Youtube, filiale de Google. La personnalisation du contenu est extrêmement dangereuse, car elle encourage et cristallise la démarche communautariste. Une fois le profile créé et donc les contenus correspondants à ce profil mis en avant systématiquement, comment sort-on de cette bulle informationnelle ou de divertissement ? L'internaute profilé, se voit proposer ce que l'algorithme calcule comme étant supposé lui correspondre, l'intéresser ou le faire réagir.

Cette approche correspond au modèle sociale américain, qui est une agglomération de communautés qui vivent en parallèle: les gens font d'abord partie d'un groupe social avant de faire nation. Ce modèle, qui plaît à certains n'est pas le modèle français qui est basé sur l'assimilation, faire en sorte que tous les individus soient français avant d'être autre chose. J'espère me tromper, mais il me semble que l'apposition du modèle américain sur le modèle français est en train de mettre à mal ce dernier, et les réseaux sociaux, dans leur forme actuelle avec des algorithmes qui renforcent la communautarisation, en sont de puissants destructeurs.

L'utilisation des intelligences artificielles pour améliorer encore plus la construction de ces bulles informationnelle est clairement une mauvaise nouvelle pour notre identité et cohésion nationale.

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lundi 23 décembre 2019

Star war: la déchéance d'un mythe

J'ai aimé Star War, la trilogie originale (épisode 4, 5 et 6). J'ai aimé aussi le pré-logie (épisodes 1, 2 et 3) et surtout l'épisode 3. J'ai aimé l'épisode "Rogue One" qui se situe juste avant l'épisode 4. En revanche, les épisodes 7, 8 et 9 ne sont pas, et de loin, à la hauteur de l'univers de Star War.

L'épisode 7 était une espèce de compilation des scènes cultes de la trilogie, avec zéro originalité, des quantités d'anomalies par rapport aux règles de l'univers et des incohérences scénaristiques, sans parler du jeu des acteurs médiocres. L'épisode 8 je ne m'en souvient pas tellement il m'a marqué et le dernier épisode, le 9 que je suis allé voir avant hier est juste agaçant à force de ne pas tenir la route et d'être déséquilibré.

J'ai passé tout l'épisode à me demander si le scénario allait essayer de nous surprendre, tellement les scènes étaient téléphonées et prévisibles, jusqu'à en devenir inutiles et longuettes, voir même stupides. Je vais tacher de ne rien divulgacher:

  • Il n'y a que 2 bisous, et le premier des 2 est une honte scénaristique.
  • Les combats au sabre laser sont médiocres. On se rappellera que la force permet de sentir le futur, ça serait bien de le sentir dans les combats.
  • On adore le personnage capable de léviter, mais qui a du mal à escalader une ruine.
  • Les retournements qui transforment des personnages en Jedi juste pour simplifier l'intrigue de cet épisode, mais qui casse le peu de cohérence des épisodes précédents.
  • Le général qui part en mission en première ligne, c'est tout à fait normal.
  • La mesure dans les proportions, avec une armée 10 000 fois plus grande que l'armée déjà 10 000 fois plus grande que la résistance, sans parler de d'où ils sortent autant d'équipages.
  • La miniaturisation des armes en 2 épisodes. Le machin qui a besoin d'un soleil pour fonctionner se balade maintenant sur un vaisseau.
  • Le pouvoir de guérison maîtrisé comme ça, à l'improviste.
  • ...

C'est réellement frustrant de se dire qu'avec un tel budget, Disney ne soit pas capable d'engager de bons scénaristes, de bon paroliers et accessoirement de bons acteurs. Au final on a des films avec une débauche d'effet spéciaux, qui n'arrivent même pas à camoufler la médiocrité du scénario.

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lundi 16 décembre 2019

La technique de la tenaille et la confiance

Lorsqu’il était encore conseiller municipal d’opposition, Joseph Segura a bénéficié de la technique de la tenaille pour mettre en difficulté le maire de l’époque, Henri Revel.

Aux élections cantonales, Henri Revel s’est vu opposé 3 candidats de droites qui ont dilué les voix de son électorat et l’ont fait arriver en seconde position derrière un illustre inconnu du Front National. Aux municipales qui ont suivi, même technique, avec 3 listes de droite. Le principe est simple, plus il y a de listes de droite, et moins le maire UMP ou LR fait de voix et est affaibli. Pendant ce temps, les autres formations politiques sont peu impactées, notamment les extrêmes qui font le plein des voix de leur socle électoral.

Ce qui est amusant, ou pas, c’est que les mêmes personnes qui ont trahi Henri Revel et se sont présenté contre ce dernier pour permettre à Joseph Segura d’être élu, lui font le même coup : Villardry et Corvest ont tous les deux été adjoints de Revel, lui ont tourné le dos, puis adjoint de Segura, et à nouveau en dissidence ou tout comme.

La confiance en politique n’est pas chose facile. Ceux qui ont trahi, ont visiblement des prédispositions à recommencer.

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samedi 14 décembre 2019

Le visuel qui va nous représenter durant cette campagne

Voici le visuel que nous avons choisi pour la campagne des municipales:

C'est un nuage de mots qui représente les valeurs et projets de société que nous voulons porter. Ce nuage de mots représente aussi un oiseau que l'on croise localement, symbole de grâce et d'efficacité. Saurez-vous le reconnaître ?

Le mot clé ENSEMBLE est le cœur de nos différents projets pour Saint Laurent du Var, c'est pourquoi nous le retrouvons également dans le nom de notre liste. Nous voulons porter l'idée du travail d'équipe pour construire des projets pour la collectivité, de la finalité de faire ensemble notre cité, d'agréger nos différences pour nous enrichir.

En même temps que ce visuel, nous lançons aussi un blog de campagne qui comportera entre autre les éléments de notre programme : www.slv-lre.fr

A suivre...

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samedi 7 décembre 2019

Des trolls synthétiques

On entend beaucoup parler d'intelligence artificiel dans le monde du numérique depuis quelques années. C'est un sujet qui m'agace beaucoup, car le marketing s'est emparé d'un concept et l'a simplifié à outrance. Maintenant on ne sais plus de quoi on parle.

Machine learning

L'essentiel des sujets sur l'IA ne traite pas d’intelligence mais de ''machine learning"", c'est à dire des processus d'apprentissage transposés à un ordinateur qui vont lui permettre d’acquérir des capacités de choix plus performantes basées sur l'apprentissage et non l'analyse. En gros, on donne à la machine des milliers de problèmes avec leur solution à analyser. La machine, si les algorithmes sont bien écrits, peut ensuite, quand on lui présente un problème, trouver beaucoup plus rapidement la réponse. Il n'y a aucune capacité déductive, c'est un mécanisme statistique.

Dernièrement, cette approche a été utilisée en médecine. Cela permet d'obtenir extrêmement rapidement et automatiquement, une lecture des scanners des patients pour détecter d'éventuels cancers. Grâce à l'apprentissage, la machine aboutie à un taux de réussite équivalent à une équipe de médecins spécialisés.

La médecine est un secteur qui produit beaucoup de données complexes, mais qui ont un énorme avantage, c'est qu'elles sont validées et complétées par une expertise humaine. On a donc des millions de données médicales, interprétées par des médecins, et dont on connaît les suites médicales. Ces données sont en plus extrêmement reproductibles. Une mine de données pour former des algorithmes prédictifs.

Et avec quoi entraîne-t-on les machines à apprendre ?

Dès que l'on dispose d'une grande quantité de données, il est possible de les donner à manger à une machine, et donc de produire des analyses ou des prédictions sur des échantillons de données beaucoup plus réduits. C'est ce que font nos très, très chers GAFAM. Toutes les données que nous partageons avec eux sont digérées en permanence par des milliers de machines dont la seule mission consiste à essayer de prédire les comportements individuels.

Ces géants du net font du machine learning depuis longtemps, c'est comme ça qu'il valorisent les données que nous leur donnons.

De plus en plus simple

Avec la puissance de nos ordinateurs ou smartphones actuels, il est possible de démocratiser le machine learning et de le faire arriver sur nos terminaux individuels. Et bien sûr, si le code devient "portable" alors on peut l'utiliser pour des usages tout autres, comme par exemple créer des armées de trolls qui pourraient être codé pour se comporter comme n'importe quel individu, au choix un faux consommateur pour gruger des entreprises, un faux militant pour propager des opinions ou en combattre d'autres, un faux citoyen pour manipuler des groupes... Bref une fausse personne qui va consommer de l'énergie et faire perdre du temps aux vraies pour épuiser un adversaire économique ou politique.

Nous entrons dans l'ère des trolls de synthèse, encore détectables, mais plus pour longtemps. Nous vivons une époque formidable...

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mercredi 27 novembre 2019

Dire le bien ou le mal, mais plus la vérité

Quelques tweets qui interpellent:

Raphaël Enthoven @Enthoven_R (source)

L'enjeu, pour @RoyalSegolene, n'est pas de dire la vérité mais de dire le Bien, en estimant que ce qui est Bien DOIT être vrai puisque les gens l'approuvent. Ce faisant, elle alimente un rapport sentimental au "savoir", qui est le Mal spécifique de notre époque.

en réponse à

Géraldine Woessner @GeWoessner

Ségolène Royal, en roue libre, affirme que les cancers du sein sont dûs aux pesticides. C'est faux. Cela illustre l'hallucinante ignorance qui alimente cette rage irrationnelle contre les agriculteurs...

Brice Couturier @briceculturier

"Cette conviction tacite, commune à tous les croyants, d'être des gens de bien parce qu'ils croient en ce qu'ils croient, la foi étant vertu et, par extension, l'incrédulité étant péché ou, au mieux, objet de pitié." Ian McEwan, Les chiens noirs, p. 25.

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vendredi 22 novembre 2019

Le point du jour, la démolition d'une des tour a commencé

J'ai relu le billet que j’écrivais en 2007, il y a un peu plus de 12 ans, sur ce quartier de St Laurent du Var:

Le point du jour à St Laurent du Var

Mon propos n'a malheureusement pas pris une ride. Concentrer des populations avec des difficultés nécessite que la collectivité fasse des efforts supplémentaires.

A delà de l'actualité de la démolition d'une tour, il me semble qu'il y a un problème de gestion liée au fameux mille-feuilles administratif. La citée du point du jour est gérée par Côte d'Azur Habitat, qui a donc une vision départementale des problématiques et un budget départemental, donc par essence, indépendant des communes et de leurs décisions ou orientations politiques.

Si aujourd'hui, le maire veut faire un choix budgétaire fort en investissant dans ce quartier, il est vite limité par le fait que c'est Côte d'Azur Habitat qui est propriétaire et gestionnaire des bâtiments. La ville en tant que telle ne peut pas beaucoup s'immiscer dans les affaire privées du bailleur. Certes il y a des relations entre ville et bayeurs sociaux, mais c'est du partenariat, la ville dispose donc d'un levier restreint sur la politique de Côte d'Azur Habitat.

Donc si le propos de mon billet de 2007 me semble toujours pertinent, je réalise que si je me retrouve demain aux affaires de la commune, je serais bien en peine de le mettre en œuvre, même si j'avais le complet soutien de la population, ce qui n'est pas acquis, compte tenu des égoïsmes d'une partie des citoyens.

C'est la différence entre le populiste qui vous dirait qu'il peut tout faire et qu'il suffit de le vouloir, sous entendu la gouvernance actuelle ne le veut pas assez fort, et le réaliste qui vous dira qu'il tentera le plus fort qu'il peut d'infléchir des décisions sur lesquelles il n'a qu'une bribe de pouvoir. Électoralement parlant, être réaliste n'est pas très vendeur. Il va falloir trouver une meilleur formule ;)

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mercredi 20 novembre 2019

L'intelligence dite artificielle

On entend beaucoup parler d'intelligence artificiel dans le monde du numérique depuis quelques années. C'est un sujet qui m'agace beaucoup, car le marketing s'est emparé d'un concept et l'a simplifié à outrance. Maintenant on ne sais plus de quoi on parle.

Machine learning

L'essentiel des sujets sur l'IA ne traite pas d’intelligence mais de machine learning, c'est à dire des processus d'apprentissage transposés à un ordinateur qui vont lui permettre d’acquérir des capacités de choix plus performantes basées sur l'apprentissage et non l'analyse. Le machine learning est un morceau de la science de l’intelligence artificielle, ce n'est pas toute l'IA. En gros, on donne à la machine des milliers de problèmes avec leur solution à analyser. La machine, si les algorithmes sont bien écrits, peut ensuite, quand on lui présente un problème, trouver beaucoup plus rapidement la réponse. Il n'y a aucune capacité déductive, c'est un mécanisme statistique.

Dernièrement, cette approche a été utilisée en médecine. Cela permet d'obtenir extrêmement rapidement et automatiquement, une lecture des scanners des patients pour détecter d'éventuels cancers. Grâce à l'apprentissage, la machine aboutie à un taux de réussite équivalent à une équipe de médecins spécialisés. La médecine est un secteur qui produit beaucoup de données complexes, mais qui ont un énorme avantage, c'est qu'elles sont validées et complétées par une expertise humaine. On a donc des millions de données médicales, interprétées par des médecins, et dont on connaît les suites médicales. Ces données sont en plus extrêmement reproductibles. Une mine de données pour former des algorithmes prédictifs.

Le machine learning est partout, il existe même des modules à ajouter aux programmes informatiques. Renomé IA, c'est l'Eldorado du moment, le bonus marketing à mettre sur une fiche produit.

Et avec quoi entraîne-t-on les machines à apprendre ?

Dès que l'on dispose d'une grande quantité de données, il est possible de les donner à manger à une machine, et donc de produire des analyses ou des prédictions sur des échantillons de données beaucoup plus réduits. C'est ce que font nos très, très chers GAFAM. Toutes les données que nous partageons avec eux sont digérées en permanence par des milliers de machines dont la seule mission consiste à essayer de prédire les comportements individuels.

Ces géants du net font du machine learning depuis longtemps, c'est comme ça qu'il valorisent les données que nous leur donnons.

C'est magnifique, j'en veux !

Le problème, c'est que le machine learning n'est pas de l'intelligence, mais de l'ingurgitation de données. La question est la pertinence de ces données.

Dernièrement, un magnifique scandale a explosé chez Amazon qui avait mis en place un système de tri des CV par une machine. Qu'a donc fait la machine ? Puisqu'elle a été entraînée à partir des recrutements précédents qui avaient fonctionné, elle a reproduit les même schéma de tri que les service de recrutement faisaient avant, qui étaient sexistes et racistes.

Le machine learning n'est pas de l'intelligence, mais une automatisation de processus complexes. Et tout comme le code d'un programme défini comment il fonctionne, la source d'apprentissage définie ce que la machine va faire des données futures.

Ce sont les algorithmes et ceux qui les écrivent qui décident, quant ils ont les compétences...

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dimanche 10 novembre 2019

Des révolutions sans leader ne permettent pas de construire une politique participative

Le monde est en ce moment traversé par des mouvements révolutionnaires, au Liban, à Hongkong, en Syrie, en Algérie et aussi dans une certaine mesure celui des gilets jaunes. Ces mouvements ont une caractéristique en commun, c'est qu'ils n'ont pas de leader. Ce sont des mouvements spontanés ou presque[1] qui n'existent que grâce aux outils que sont les réseaux sociaux et qui ont une très forte connotation de dégagisme, c'est à dire qu'il y a une volonté de virer la classe dirigeante, sans pour autant proposer une alternative.

Pas de leader, donc pas d'idéologie

Cette absence de leader est un marqueur de mouvements de rejet mais pas de construction. N'importe quel apprentis en politique sait qu'il est beaucoup plus facile de lever des foules pour s'opposer à quelque chose que pour bâtir quelque chose. Aller dénoncer un changement rapporte toujours plus de soutien, que de défendre une évolution. C'est pour cela que les mouvements populistes prospèrent.

S'opposer et dénoncer est à la portée de n'importe quel abrutis avec un porte voix, en quelques minutes. Proposer nécessite un travail, des compétences, de l'expertise, du temps long et de fédérer des gens sans le pseudo-lien de la révolte.

L'indignation non constructive

Ces mouvements révolutionnaires sans leader issus des réseaux sociaux n'en sont pas moins légitimes, car ils expriment un rejet d'un système ou de choix politiques. Tout légitimes qu'ils puissent être, ces mouvements posent un problème démocratique.

En effet, l'humain est par nature un animal conservateur qui choisira très majoritairement le statu quo, le changement étant une source de stress et d'inconfort pour la grande majorité. Pour pouvoir avancer, nos systèmes démocratiques imparfaits ont été construits pour faire émerger des majorités électorales. Ces majorités de gouvernement pouvaient fonctionner et faire avancer nos sociétés en se basant sur le principe qu'une très grande majorité de citoyens délèguent leur pouvoir à des leader à qui ils confient le soin d'être des experts pour gérer et faire évoluer la société.

Aujourd'hui, les évolutions technologiques peuvent permettre de remettre en question cette délégation. Il serait théoriquement possible, que les citoyens garde leur délégation et soient directement acteurs des décisions de gestion et d'évolution de la société. Les leaders qui permettent à notre société de fonctionner sont donc contestés, par une minorité bruyante de plus en plus importante[2].

Le leurre de l'autogestion, et du système participatif

Cette minorité, qui ne pouvaient s'exprimer au par avant qu'au sein des organisations politiques, syndicales ou associatives était filtrée par divers mécanismes de représentation. Même au sein de ces organisations, la voix était portée par des leaders, en général reconnus pour leur expertise.

Les outils que sont les réseaux sociaux permettent de court-circuiter tous ces mécanismes de représentativité. Alors certes, cela donne la parole à tout le monde et plus seulement à une sorte d'élite. Le problème c'est que cela court-circuite aussi les experts, les gens avec une légitimité pour porter une parole et défendre un point de vue. Monsieur et madame Toutlemonde qui n'a ni le temps, ni les compétences, est placé sur un pied d'égalité avec les experts pour donner son avis sur tout et n'importe quoi.

Et à votre avis[3], que va-t-il se passer quand quelqu'un qui n'a pas la connaissance d'un sujet s'exprime ? Comment gouverner une foule ou chacun veut donner son avis sur tout, mais surtout pas se former ou acquérir le minimum sur le sujet, faute de compétence, de temps ou d'envie ?

La réponse est facile à imaginer. Les majorités qui émergeront ne seront que des majorités d'opposition, de statu quo dans le meilleur des cas, et dans le pire, des majorités aisément manipulables par les populistes qui ne s'encombrent pas de réalisme. On l'a magnifiquement vu avec le brexit qui est un cas d'école: ceux qui voulaient rester dans l'Europe argumentaient sur les bénéfices économiques, l'éducation, la liberté, ceux pour la sortie argumentaient sur les peurs de l'étranger et le vol de l'argent des contribuables britanniques, uniquement des fadaises, mais qui lèvent autrement plus les foules que les discours technocratiques.

On peut quand même faire participer les citoyens

Est-ce à dire que l'on ne peut pas demander leur avis aux citoyens en dehors des périodes électorales sans courir à la catastrophe ? Bien sûr que non. La co-construction, la participation est possible, mais à condition de réintroduire l'expertise et le temps long. C'est ce que tente Emmanuel Macron avec l'OPNI[4] de la "Convention citoyenne pour le climat", qui rassemble 150 citoyens tirés au sort pour plancher sur le climat pendant 4 mois. Ces citoyens auditionneront des spécialistes pour construire des solutions. Ils pourront, sur ce sujet, acquérir une expertise, se former pour donner un avis éclairé.

La participation des citoyens aux décisions de la cité nécessite soit de former les citoyens, soit de faire de la pédagogie, soit de passer par des associations qui acquièrent l'expertise pour échanger avec les élus et administrations. Ce n'est donc pas impossible, mais c'est du temps long et beaucoup de pédagogie, très, très loin de l'instantanéité des réseaux sociaux qui ne fonctionnent que sur l'émotivité.

Notes

[1] On ne se leurrera pas sur le fait qu'il peut y avoir des influences en sous-main pour attiser des problèmes réels

[2] Je ne parle pas ici de corruption et autre enrichissement personnel qui légitiment le rejet de ces dirigeants malhonnêtes.

[3] Non je ne vous demande pas votre avis, c'est une tournure stylistique.

[4] Objet politiquement non identifié.

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jeudi 31 octobre 2019

La laïcité appréhendée par les juges

Voici un extrait d'une discussion autour de la laïcité donnée par le juge Christophe Tukov en mai 2018:

Il y aborde, entre autre, 3 exemples: le burkini, les repas de substitution et le foulard en entreprise.

Je noterai surtout la conclusion qui dit en substance que ces trois exemples ne sont pas des problèmes de laïcité du point de vue du juge. La laïcité est invoqué par les uns ou les autres pour obtenir un droit ou une interdiction auprès des juges alors que ce sont avant tout des questions de vivre ensemble. Il fini en rappelant que la laïcité peut être inclusive ou exclusive selon le bord politique qui l'invoque, et le juge dois être vigilant à ne pas être instrumentalisé par les politiques.

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mercredi 30 octobre 2019

Message de service: tag de trafic, https

Tag de trafic

Depuis que ce blog existe, j'ai en place différents tags de trafic qui me permettent d'avoir une idée de la fréquentation de ce blog. Le problème de ces tags c'est leur propriétaires. En effet s'ils sont gratuits pour moi, il faut bien que ceux qui les fournissent gagnent leur vie. Pour mémoire, sur internet, quand un service à valeur ajoutée est gratuit, c'est que c'est vous le produit. Ici pour le dernier tag de trafic encore en place, Google fourni une merveilleuse plateforme de suivi du trafic et des activité des internautes sur mon site en échange justement de ces activités, qui, elles, sont utilisées à des fin mercantiles par Google.

Cela fait un moment que je m'interroge sur l'incongruité de défendre la liberté sur le net et de mettre sur mon blog des outils de suivi. J'ai enfin décidé de renoncer à ces tags, dans la mesure où l'information qu'ils me fournissent a un intérêt assez limité et de moins en moins fiable. Car il est maintenant possible avec un navigateur comme Firefox ou divers plugins sur les autres navigateurs, de bloquer ces tags. Donc d'ici quelques temps, entre 10% et 20% des internautes vont sortir des statistiques fournies par Google. Sur mon blog, ce sera probablement plus, puisque les utilisateur de Firefox sont plus nombreux qu'ailleurs.

https

Le blog passe maintenant en HTTPS par défaut. Cela ne change pas grand chose pour vous, mais il parait que c'est mieux pour le référencement dans les moteurs de recherche. On verra si cela change quoique ce soit.

Il est probable que si vous allez sur de vieux billets de ce blog où je n'ai pas fait attention, vous ayez un message indiquant qu'il y a du contenu mixte, sécurisé et non sécurisé dans la page. Pas d'inquiétude, c'est normal. Vous pouvez de toute façon continuer à naviguer sur le blog en HTTP ou en HTTPS, les 2 fonctionnent toujours.

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mercredi 23 octobre 2019

La vérité est une opinion comme les autres

Ça y est, on y est. Il y a encore quelques années, le titre de ce billet aurait été "La vérité est-elle une opinion comme les autres ?" et aurait put être un sujet du bac. Mais aujourd'hui, ce n'est plus une question. On peut l'affirmer. Comment en est-on arrivé là ?

Dans un monde où la recherche de la vérité n'est plus un prérequis à l'information, où les éditorialistes sont plus écoutés que les journalistes, où les corps intermédiaires sont totalement discrédités, inaudibles et court-circuités (élus, syndicats, associations), où les scientifiques sont remis en cause par des incultes, les opinions deviennent des vérités.

Les réseaux sociaux destructeurs de vérités

Les réseaux sociaux (facebook, twitter, snapchat, instagram...) amplifient le phénomène en donnant le même poids à toutes les sources, la légitimité étant construite par la popularité et non le contenu ou le travail de construction. En quelques années, disons 5 ans, la valeur de l'information a complètement changée. Depuis des décennies, les sources de vérité mettaient du temps à se construire, à devenir légitimes, en général par l’acquisition d'une expertise sur le sujet et par la construction d'une crédibilité basée sur le temps long.

A l'ère de l'instantanéité et de la recherche d’audience permanente, le temps médiatique n'est plus compatible avec le temps de l'investigation, de la recherche, de l'établissement des faits et des preuves. La vérité est trop longue à construire, à expliquer, à transmettre.

Dans le même temps, les lecteurs ou auditeurs ne sont plus à la recherche de la vérité mais d'une information divertissante (infotainment) ou émotionnellement riche (polémique, scandale, tragédie). Le temps long de la vérité n'est que partiellement compatible avec cette économie du divertissement ou de l'émotion à tout prix.

Temps de cerveaux et économie de l'attention

Les média qui ont des contraintes économiques, vont avoir à arbitrer entre l'investigation et le buzz. Devinez qui va perdre à chaque fois ? Économiquement parlant, la vérité et sa recherche n'est rentable que pour approvisionner de la polémique. Dans une économie de l'attention où les auditeurs, lecteurs ou téléspectateurs n'ont qu'une capacité limité d'attention ou de temps, comment la capter avec de la complexité, de la remise en contexte, des explication nécessitant de la culture ? Nayons aucun espoir, pour la masse, le temps long de l'expertise et de l'investigation n'est plus intéressant, donc économiquement non rentable pour financer sa construction.

La vérité est devenue juste une opinion, comme une autre.

On peut donc l'ignorer, la mépriser, la remettre en cause comme les milliers d'autres opinions. La vérité n'a plus aucun statut particulier:

  • Les journalistes, du moins ceux d'investigation, avaient pour missions de rechercher la vérité, en s'appuyant sur des données factuelles, en les remettant en perspective, afin de construire un récit étayé. Leur propos n'a plus grande valeur, et n'importe qui, qui dispose d'une parole publique peut les remettre en cause, sans même avoir besoin de fournir un travail d'analyse puisque plus personne ne consacre du temps à prendre connaissance des analyses.
  • Les scientifiques, grâce à leurs expériences, leur accumulation de connaissances et de compétences, étaient avant tout des chercheur de vérité. Leur expertise est mis au même niveau que n'importe quel publication sur le net pondu par n'importe qui avec quelques mots compliqués pour enfumer.

Toutes les opinions, un peu sexy, notamment lorsqu'elles sont du domaine de l'émotion ou de la théorie du complot, supplantent les vérités académiques, les vérités de l'investigation, les vérités de la raisons.

Les vérités sont remises en doute par leur propre méthode de validation

Les mécanismes qui existent pour laborieusement construire une vérité en s'appuyant sur des remises en doute, des preuves, des expériences, des croisements d'informations, bref du travail, sont ignorés, et ne servent qu'à étayer le fait qu'une vérité n'en est pas une et que ce n'est qu'une opinion.

Par exemple, l'âge du premier humain sur terre est une donnée scientifique qui a beaucoup évoluée en fonction des techniques scientifiques pour l'évaluer. Il y a une convergence du monde scientifique, des variations à la marge, mais grosso modo, toute la communauté scientifique aboutie par une manière ou une autre à la même vérité, qui se chiffre, selon comment on lit, à 200 000 ans pour l'homme moderne, et environ 2 millions d'année pour ses ancêtres. Pourtant, on trouve des textes qui expliquent que les humains existent depuis 10 000 ans (par exemple ici).

Si on était habitué à ce genre de distorsion de la vérité avec les religions qui ont souvent du mal avec la vérité scientifique, aujourd'hui, la foi n'est plus la seule raison de la remise en cause du discours scientifique comme le montre les propos du président des USA, Donald Trump sur le réchauffement climatique.

Et maintenant ?

La vérité est donc traitée comme une opinion par beaucoup de canaux de diffusion de l'information. Certains canaux vont continuer à la servir, mais de moins en moins accessible, de plus en plus réservée à une élite qui aura soit les moyens financiers, soit une expertise rare. La vérité va devenir de plus en plus difficile d’accès au grand public, ce qui est incroyable au moment où, avec les outils numériques, elle devrait être la plus accessible. On est loin de ce que les inventeur de l'internet libre rêvaient.

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jeudi 17 octobre 2019

Municipales2020: ça y est c'est officiel

Tout ceux qui me fréquente de prêt ou de loin savaient que je travaillais et travaille encore à un projet pour St Laurent du Var au sein d'une équipe de la majorité présidentielle (MoDem, LREM, UDE, Mvt Radical). Nous n'avons pas arrêté notre engagement politique Nathalie et moi au soir des élections législatives.

J'ai fais une projection des potentiels électoraux pour St Laurent du Var de chacune des composantes politiques connues. Je publierai cette projection, comme je le fais à chaque campagne, en mode "peut être je me trompe, mais j'assume". En gros, le RN est en tête de toutes mes projections au premier tour, et c'est le second tour, avec les éventuelles fusions de listes qui va déterminer si notre ville tombe aux main des fâcheux. Il y a donc un vrai risque pour St Laurent du Var.

Nous en avons parlé avec l'actuel maire à plusieurs reprises et depuis très longtemps, et même évoqué dernièrement un possible rapprochement dès le premier tour. Car oui nous discutons avec Joseph Segurra, car il se trouve que nous le croisons souvent sur le terrain et que nous avons plutôt de bonnes relations avec lui, même s'il est un homme de droite et nous de farouches "centristes". En fait c'est le problème des centristes, ils causent avec quasiment tout le monde ;)

Une des solutions aurait été de ne pas se présenter à cette élection. Sauf que nous avons des idées et des projets pour notre commune, et que nous pensons qu'elles sont susceptibles d'intéresser les laurentins. Personnellement j'ai envie d'être acteur et plus seulement observateur ou commentateur. Donc voilà, notre groupe se lance dans la bataille des municipales. Nous allons défendre notre vision. Dans la situation actuelle laurentine, nous n'excluons absolument pas de faire la surprise au soir du premier tour, et parce que Joseph Segurra n'est pas notre ennemi, nous lui proposerons de nous rejoindre sur notre liste au second, et peut être pas qu'à lui...

Cliquez pour lire la capture de l'article

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mercredi 9 octobre 2019

Live tweet du conseil municipal de St Laurent du Var du 09/10/2019

Comme j'ai testé la technique du fil (thread) pour ce live tweet du conseil municipal, du coup je peux jouer avec des outils qui me remettent tout ça dans l'ordre. Plus besoin de lire à l'envers, vous avez maintenant un vrai compte rendu en une page.

Bonne lecture.

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Mes derniers tweets et retweets

Depuis quelques jours je me remet à écrire, donc bientôt le blog va sortir de sa léthargie, promis. En attendant, ça se passe sur twitter. Les tweets sont classées par ordre antéchronologiques. Si vous voulez aller sur le tweet, cliquez sur le lien ''Twitt'.

Notez que si vous avez activé le respect de la vie privée dans votre navigateur, il est normal que vous ne voyez pas les images, car twitter les utilise pour du tracking.

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Ça devait marcher... mais ça marche pô !

Pôle-emplois et la numérisation

Pôle emplois a misé fortement sur la dématérialisation et donc son site web est incontournable pour les demandeurs d'emplois, soit sur leur ordinateur personnel, soit sur leur téléphone, soit dans les agences qui proposent des ordinateurs en accès libre.

Mais le site de pôle-emplois est en carafe depuis plusieurs semaines. Le système a explosé au début du mois, lorsque le nouveau système d'authentification n'a pas été capable d'encaisser la migration massive des utilisateurs de l'ancien système au nouveau.

En effet, depuis près d'un mois, le site web de pôle-emplois informe les utilisateurs du site qu'ils doivent changer leur manière de s'authentifier. Ceux qui se connectent régulièrement l'ont fait et ils doivent représenter une part importante des utilisateurs. Mais pour une portion d'autre que je ne saurais évaluer, le lundi 30 septembre, ça été la panique. En effet, à partir du 28, les demandeurs d'emplois doivent indiquer leur statut pour que soit débloquée le paiement des indemnités. Autant vous dire, que c'est vital pour beaucoup de gens. Et donc en plein weekend, beaucoup ont découvert qu'ils devaient modifier la manière de s'authentifier. Lundi c'était la panique dans les agences pôle-emplois, les gens ne pouvaient plus se connecter, ne pouvaient plus migrer leur compte et donc ne pouvaient plus déclarer leur situation, retardant d'autant le versement de leur indemnité chômage. Les agents de pôle-emplois ont passés une sale journée, condamnés par la technologie à se faire engueuler sans pouvoir faire grand chose.

Le système de migration a été mis en panne 4 jours le soir même pour permettre une probable intervention des techniciens. Dix jour après, le site de pôle-emplois n'a toujours pas retrouvé son fonctionnement normal.

Le réseau de bus de la métropole niçoise

L'idée est magnifique sur le papier: le tram ayant une capacité bien supérieure aux bus, il a été décidé de connecter tous les bus au tram, pour dessiner une espèce de peigne, ou le tram serait le manche circulant d'est en ouest et les bus les dents du peigne, du nord au sud.

Ce faisant, toutes les redondances de l'ancien système de bus disparaissent. Là où il y avait 2 ou 3 possibilités pour aller d'un point à l'autre, permettant de lisser les horaires et les densités, il ne reste qu'une solution passant par le tram, introduisant des changements supplémentaires et forcément des goulots d'étranglement sur certaines stations. Dans l’opération, certains ont gagné, d'autres perdu, les derniers étant ceux qui râles le plus fort, forcément. Il y a des ajustements en restaurant certaines lignes qui avaient été supprimées ou modifiées un peu trop vite.

Je m'interroge tout de même sur l'absence d'alternative au tram. Pour paralyser la totalité des utilisateurs des transports en commun de Nice, il suffit de bloquer le tram et tout le système s'effondre. Une manifestation, un accident, un sabotage, une grève et plus personne ne peut se rendre à son boulot ou son école.

Élections municipales obligent, les anciennes lignes de bus ont déjà été transformées en jardinière, avant même que le nouveau réseau de transport en commun soit complètement stabilisé.

Redondance

En fait, il me semble que les principaux enseignements de ces 2 anecdotes sont la gestion de la redondance et de la surcapacité. Pour qu'une installation soit fiable, elle doit être surdimensionnée pour proposer des redondances et des alternatives afin d'éviter les effets d'engorgement en cas d'altération d'une partie du système.

Par exemple, le site de pôle-emplois aurait du conserver les 2 systèmes d'authentification en parallèle beaucoup plus longtemps. Cela a un coût certain en terme d'infrastructure mais surtout au niveau du code qui doit accepter plusieurs version en même temps.

Pour le réseau de transport niçois, je me demande, si cela avait été possible, s'il n'aurait pas été intéressant de laisser cohabiter les anciens et nouveau système quelque temps, afin d'identifier les chemins préférentiels qu'empruntent les habitants. Je sais que c'est un peu utopique, mais c'est un moyen de proposer, par l'usage, aux utilisateurs de voter pour la meilleur solution de transport.

Dans les 2 cas c'est le coût qui empêche la mise en place de système en parallèle et redondants. Mais si on se place du point de vue des utilisateurs, quel est le coût ?

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vendredi 2 août 2019

Mes derniers tweets et retweets

Blog tjs un peu en sommeil, mais une certaine activité sur twitter où j’essaie désespérément de trouver des tweets qui présentent un intérêt. Les tweets sont classées par ordre antéchronologiques. Si vous voulez aller sur le tweet, cliquez sur le lien ''Twitt'.

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