Schéma de brin de virusEn 2009, en pleine crise du H1N1, j'écrivais sur ce blog un billet extrêmement simplifié pour expliquer comment fonctionne la vaccination:

Vaut-il mieux avoir la grippe ou se faire vacciner ?

Je vais rebondir dessus pour étendre la réflexion au covid, suite à quelques tweets que j'ai commis sur le sujet.

Tout d'abord quelques mises à jour de ce texte:

  1. Le principe de vaccin décrit dans le billet de 2009 correspond à la technique de Pasteur et que les laboratoires français sont en train de mettre au point mais qui n'arriveront qu'à la fin du printemps au plus tôt: on prend le virus, on l'affaibli, dénature ou on le casse en morceaux et ce sont ces restes ou bribes qui sont injectées lors de la vaccination. C'est simple et peu coûteux, mais l’efficacité n'est pas toujours optimum et il peut y avoir des réaction chez certains patients. Par contre d'un point de vue sanitaire c'est super pratique car on peut vacciner contre plusieurs virus en une seule fois puisque l'on peut mélanger les vaccins, ce qui réduit encore le coût.
  2. Les nouveaux vaccins à ARN n'utilisent pas des morceaux de l'enveloppe du vaccin, mais certaines des molécules qui codent la fabrication du virus (l'ARN messager). L'intérêt c'est que l'on n'injecte pas des morceaux de virus, mais des brins d'ARN très spécifiques qui sont en plus faciles à produire à grande quantité avec moins de risque puisque l'on ne manipule pas un virus. Ces nouveaux vaccins annoncent des taux d'efficacité dépassant les 90%, ce que les autres vaccins classiques n’atteignent pas. Par contre ils coûtent beaucoup plus chers et surtout se conservent à -70°, ce qui est beaucoup moins pratique (les vaccin classiques se garde à 5°).
  3. Les virus à ARN coûte entre 10 et 20€ la dose. Les vaccins classiques, moins de 2€.
  4. Ce billet et le texte de 2009 ne traitent que des virus de type grippe, qui mutent beaucoup.
Différence entre grippe saisonnière (dont le H1N1) et covid ?

La différence est sur la manière de se propager et sur la mortalité:

  • Le covid est le plus contagieux 2 jours avant l'apparition des éventuels symptômes, ce qui facilite grandement sa propagation dans la population. La grippe saisonnière est le plus contagieux une fois les symptômes déclarés, durant la semaine qui suit.
  • La mortalité de la grippe est de 0.1%, celle du covid est au dessus de 3% même s'il semblerait que les améliorations des soins l'ai faite un peu baisser.
  • Les 2 maladies sont beaucoup plus mortelles pour les personnes âgées, obèses ou avec d'autres maladies chroniques (comorbidité).

Du coup, si la question peut se poser de se faire vacciner contre la grippe saisonnière lorsque l'on est en bonne santé et pas une personne à risque, elle se pose tout de suite beaucoup moins pour le covid. Le risque d'en mourir ou de faire mourir un proche en le contaminant est beaucoup trop important pour le prendre à la légère.

Médicaments

Pour mémoire, il n'existe pas de médicaments contre les virus. La seule chose qui est faite par la médecine c'est de limiter les effets secondaires et les surinfections par des maladies opportunistes qui profitent que le corps est fragile. Notre organisme trouve tout seul le moyen de se débarrasser d'un virus, mais parfois il a du mal, voir même il s'auto-détruit au passage. Les traitements dispensés à l’hôpital sont donc juste pour aider. Si vous développez une forme bénigne de la maladie, vous pouvez prendre n'importe quoi durant votre convalescence: du paracétamol pour le confort, des huiles essentielles pour désinfecter, du grog pour la bonne humeur, du chocolat car c'est toujours bon. Vous pouvez aussi essayez le protocole du marseillais, mais ce n'est pas plus efficace aux dernières nouvelles.

Vaccination, ça va marcher ?

Le but de la vaccination est le même que le confinement, c'est de stopper les chaînes de contamination. Si le virus n'a plus assez de monde à infecter, il disparaît progressivement. Il faudrait 60% de la population qui ne soit plus infectables par le virus. Comme il y a déjà un peu moins de 10 millions qui ont été exposés au virus, il faut vacciner 25 millions pour couper l'herbe sous le pied du virus.

Si on se rappel de l'épisode du H1N1 de 2009-2010, il a fallut mettre en place une énorme organisation de vaccination qui n'a permis de ne vacciner que 5 millions de personnes. Le gouvernement va donc avoir un challenge logistique considérable pour vacciner 5 fois plus de personnes, d'autant que les premiers vaccins à ARN nécessitent une logistique très lourde pour leur conservation à -70°.

Du coup, les vaccins classiques qui se conservent au réfrigérateur et qui arriveront au printemps, permettront de passer à une autre vitesse de vaccination en impliquant tous les médecins, infirmières et infirmier de ville. Ceci permettra une massification de la vaccination.

Et après ?

Il est probable que le covid fasse comme la grippe, qu'il mute. Il faut donc s'attendre à devoir vivre avec un paquet d'années. Le problème c'est que l'on ne sait pas combien de temps l’immunité acquise par vaccination ou en ayant attrapé la maladie dure: si c'est seulement 6 mois, on est pas sorti des ronces...